Scénario : Robert KIRKMAN
Dessin : Charlie ADLARD, Stefano GAUDIANO

Après la contre-attaque de Negan, les dégâts et les pertes sont lourds. Negan a réussi à convaincre certaines personnes de changer de camp. Ézéchiel, quant à lui, est effondré par la mort de son tigre Shiva, et Rick ne peut plus compter sur lui pour le moment. La guerre est loin d'être terminée et son issue reste plus que jamais incertaine. Ce tome clôt l'arc narratif de "All out War".

  • Leto
    Leto

    il y a 6 ans

    On ne trouve plus de mots pour définir la qualité de cette série. La fin est à mes yeux parfaite car elle relance les personnages dans une toute nouvelle direction.

La série Walking Dead n’a plus besoin d’être présentée, il s’agit d’un phénomène qui a depuis longtemps dépassé le cadre du comics. Robert Kirkman, le scénariste depuis le début, essaie de nous démontrer que malgré ses nombreuses autres occupations – il bosse sur la série TV, continue d’écrire Invincible et a lancé un nouveau comics, Outcast, entre autres – il ne délaisse pas son comics de zombies. En effet, il a lancé un évènement d’envergure appelé All-Out War. Publié en 6 mois aux Etats-Unis pour 12 numéros, elle tient en France en deux albums sortis chez Delcourt : le tome 20 publié en juin, et le tome 21 sorti le 15 octobre et auquel nous allons nous intéresser.
 

 
Le précédent album nous montrait le début du conflit, et si les relations humaines étaient un peu délaissées, il montrait une nouvelle facette de la série. En effet, on y voyait les manœuvres des différents clans, sans trop d’explications, et on découvrait petit à petit leurs plans. Bref, la guerre était lancée, et on imaginait le pire dans son dénouement. Le tome 21 continue dans la lancée. Les troupes de Rick se réunissent, et pendant un bon tiers de l’album, il ne se passe pas grand-chose. Ça permet à Kirkman de faire ce qu’il n’avait pas eu le temps de faire dans le précédent tome : s’attarder sur les gens et leurs relations. Ça ne va cependant pas chercher très loin. La quête existentialiste de Rick sent bon le réchauffé, et on commence à se lasser. On a l’impression que c’est le nécessaire calme avant la tempête. On a bien Eugene qui se fait capturer, mais les conséquences seront quasi-nulles…


 
Il y a cependant quelques bonnes idées dans cette « introduction ». On voit des dissidences se créer au sein du groupe de Negan. Et on voit aussi et surtout la bonne trouvaille de l’album, que je tairais car c’est la seule vraie bonne idée de ce tome. Elle donne en tout cas un avantage de taille au clan de Negan. La guerre totale qu’on nous promet éclate alors. Et en une vingtaine de pages, elle est terminée. En soi, on peut comprendre ce choix d’une guerre rapide, et de s’intéresser aux retombées ensuite, mais on l’attendait depuis longtemps ce combat ! Ça nous motivait à continuer à lire malgré certains passages lourdingues. Mais le plus décevant, c’est l’action la plus importante de la bataille est sans surprise, et surtout on en devine le dénouement au moment même où elle commence. Du coup, Kirkman essaie timidement de nous inquiéter sans que ça marche vraiment.
 

 
Pour faire simple, ne vous attendez pas à de l’action dans cet album, vous serez déçu. Au final, cet évènement guerrier dans son intégralité est assez décevant. On voit que Kirkman n’est pas à l’aise, et nous donne des ficelles tellement grosses qu’on n’est jamais vraiment surpris. Ce tome 22 essaie de s’intéresser plus aux interactions entre les personnages. Mais ça ne fonctionne pas très bien, à l’image de cette rencontre entre Rick et Negan qui vire un peu dans le n’importe quoi. Ce passage risque de faire parler tant la réaction de Negan semble aberrante. On se dit qu’il faisait de l’ironie pour plus de crédibilité… En revanche, ce qui est encourageant dans l’album, c’est qu’il se termine sur une ouverture énorme pour la suite. Les nouvelles bases sont là, la possibilité d’aller dans une nouvelle direction et de se renouveler aussi, ce qui est très excitant.
 

 
Niveau dessin, on commence à connaitre le style de Charlie Adlard. Il est ici encore secondé par Stefano Gaudiano et Cliff Rathburn afin de tenir le rythme (2 numéros par mois aux Etats-Unis). Si globalement, on retrouve le style du dessinateur, on remarquera que les niveaux de gris sont un peu mieux travaillés. Par contre, certains plans sont peu inspirés, et donnent un côté caricatural. Ça reste tout de même très efficace, et de toute manière dans la continuité de ce que propose la série depuis des années. On peut reprocher à cet arc de s’être peut-être un peu trop étendu. Il y aurait été moins long, et publié moins rapidement, peut-être que les auteurs auraient eu le temps de faire quelque chose de mieux. On a la sale impression que pour passer à autre chose, il fallait faire cette guerre. Du coup, elle a été vite bâclée. Espérons que le nouveau départ dans le prochain numéro propose un meilleur niveau de qualité.
 

En Résumé

 

LES POINT FORTS

- Quelques bonnes idées
- De nouvelles bases pour la suite

LES POINT FAIBLES

- Prévisible, pas de surprise
- Dessin parfois faible
- Peu d'action

 

3

Décevant

Conclusion

On nous annonçait un grand évènement dans le monde de Walking Dead, on a finalement un gros coup de mou. Malgré des idées et des perspectives intéressantes, le conflit se déroule sans grosse surprise. Pire, l’arc donne malheureusement l’impression d’être fait à la va-vite. Kirkman ne maitrise pas ce genre de conflit à grande échelle, et c’est dommage !