[Review VF] Juste un peu de cendres

[Review VF] Juste un peu de cendres

Fin du mois d'octobre oblige, MDCU va vous proposer aujourd'hui la review d'un comics qui fera un peu plus morbide que super-héros avec Juste un peu de cendres (Thomas Day au scénario et Aurélien Police à l'illustration). Edité par Glénat, il est sorti le 18 octobre pour 17,95€.

Ashley Torrance, dix-sept ans, a un secret. Elle voit des choses dont les autres n’ont pas conscience. De ses yeux vairons, elle peut déceler la véritable nature de certains individus. Derrière leur apparence humaine se cachent des êtres effrayants liés entre eux par des filins de cendre et comme habités par un feu obscur. Qui sont ces monstres et quel est leur but ? Sur internet, Ash rencontre Bruce et Sunny, des jeunes gens qui partagent le même pouvoir. Ensemble, ils décident de prendre la route pour retrouver un dénommé Pilgrim. Le seul qui semble savoir la vérité.

Entre road-movie à la Stephen King et fable d’apocalypse crépusculaire, Juste un peu de cendres est un récit à la fois violent et mélancolique, formant le miroir de la société de consommation américaine et de la décadence humaine. Après Wika, Thomas Day revient à la bande dessinée et associe sa plume à Aurélien Police, talentueux graphiste et illustrateur qui signe ici son premier album.

Si vous trouvez cette description intriguante, sachez que ce n'est pas seulement histoire d'en mettre plein la vue. Derrière ce titre pour le moins curieux et cette sublime cover se cache un comics qui tient toutes ces promesses.

Le point fort de cette œuvre réside dans sa narration. Avec Ashley, narratrice qui livre son ressenti presque tout au long de l'aventure, l'opus développe rapidement un côté intimiste qui fait que tout ce qui touche au surnaturel est en réalité à placer dans la case « contexte ». Oui, il y a des monstres, c'est intriguant et il y a clairement un côté « fin du monde », mais c'est bien Ashley qui est au centre des débats. Preuve en est, les dialogues entre les personnages sont plutôt rares. On se concentre avant tout sur les descriptions que la jeune femme daigne bien nous communiquer et sur son point de vue. De ce fait, il n'y a pas énormément à lire et pourtant, nous sommes happés. Il ne faut surtout pas se focaliser sur la description ci-dessus qui résume un peu trop rapidement l'oeuvre. Certes, les personnages se rejoignent rapidement pour affronter le mal, mais ce n'est clairement pas la bande à Scooby Doo non plus. Les personnages sont travaillés et sont amenés à rejoindre la cause d'Ashley pour des raisons précises. Le scénariste apporte constamment (encore une fois grâce à Ashley) de la logique et du réalisme à son récit. D'ailleurs, on notera que nombreux sont les éléments qui semblent être disséminés pour donner de la consistance au récit alors qu'en réalité, ils s'avèrent surtout indispensables lors du dénouement final.

 

C'est ce travail, cette incroyable narration qui fait que cette œuvre comporte beaucoup de situations  ambiguës. Derrière la colère se cache le néant. Derrière la vengeance se cache de l'amertume. Derrière les monstres se cachent de la faiblesse et de la mélancolie. Cette construction narative donne lieu à des situations qui s'avèrent en fin de compte tout aussi curieuses que les filaments qui s'échappent des fameux monstres. Une histoire aux retournements de situation finalement peu nombreux mais qui s'avère tout de même palpitante durant la première moitié du livre avant de finir en apothéose dans la seconde avec l'apparition de Pilgrim, du mythe de Croatoan et d'une narration qui tend vers la poésie presque macabre dans le dernier chapitre.

Pour ce qui est des illustrations, le travail d'Aurélien Police est particulier, recherché, mais surtout à couper le souffle. La 3D, les photos, les dessins et les peintures numériques se mêlent pour donner un résultat intriguant, difficilement atteignable, difficilement descriptible, et pourtant sublime. Les planches, les couvertures, les différents visages de Pilgrim, les décors... Police a réellement fait un travail incroyable. Le lecteur n'a d'autre choix que de s'attarder un instant sur certaines planches notamment lors de l'inhumation des créatures tant l'assemblage des couleurs et des images est maîtrisé.

Le choix des couleurs est également intéressant avec cette surabondance de couleurs froides coupées uniquement par le rouge du feu et du sang.

 


A noter que Glénat Comics propose plusieurs bonus à la fin de l'opus. La première partie intitulée «  fragments  », est en réalité un paragraphe du scénariste ou de l'illustrateur sur un sujet donné. Ils peuvent parler des personnages, des cendes, de David Bowie... autant d'occasions de parler inspirations et points de vue pour Day, de technique pour Police. La deuxième partie est le «  work in progress  » de l'illustrateur. Il y explique en détails les différentes étapes de son travail avec imprim' écran à l'appui. Pratiquant ou non, il s'agit d'une partie fascinante.

Enfin, la troisième et dernière partie «  Essaie de couverture et autres travaux  », est la dernière occasion d'apprécier le travail de Police avant de refermer le livre.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- le scénario
- la narration
- les illustrations
- les covers
- les bonus
- tout le reste

LES POINTS FAIBLES

Lorsque le scénario, les illustrations et les bonus sont géniaux, il ne reste plus grand-chose à mettre en négatif

 

5

Une claque aussi bien sur le plan du récit que de l'illustration

Conclusion

Un récit palpitant grâce à une narration efficace et à des illustrations à couper le souffle.
Amateurs de BD un peu différentes, il vous faut cette oeuvre !

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