Le jeu de la folie

[Review VF] All-New Moon Knight 1

Le jeu de la folie

All-New, All-Different Marvel continue en librairie chez Panini, dans la collection 100 % Marvel qui concerne les comics qui ne sont pas publiées en kiosque. C’est le cas de la dernière série en date sur Moon Knight, un héros secondaire de l’univers Marvel, mais qui s’est fait remarquer dernièrement pour les modifications qu’il a subies.

Moon Knight est un personnage qui a tout de même été créé en 1975. Ses pouvoirs, liés à la lune, lui ont été donné par une divinité égyptienne, Khonsou. Comme d’autres personnages secondaires, les auteurs n’ont pas peur de tenter des expérimentations avec lui. Par exemple, récemment, Brian M. Bendis n’a pas hésité à remettre en cause la santé mentale du héros, en émettant quelques doutes sur l’existence de Konshou, et en lui donnant des visions de trois super-héros. Moon Knight est un personnage qui a plusieurs identités secrètes, et les scénaristes se sont amusés à jouer avec cette schizophrénie. Dans la précédente série, Warren Ellis utilise deux personnages : Moon Knight, bien entendu, et M. Knight qui se distingue par un costume différent. Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire la critique du tome 1. Jeff Lemire, le scénariste de l’album qui nous intéresse n’hésite pas à surfer sur la vague.

Nous retrouvons donc directement Marc Spector dans un hopital psychiatrique. On apprend qu’il est hospitalisé depuis l’age de ses 12 ans, et que Moon Knight est un personnage inventé par son esprit malade. Plusieurs éléments semblent confirmer cette insinuation. Les autres personnages qui ont interagi avec lui dans les séries précédentes sont aussi des pensionnaires de l’hôpital. De plus, il entend régulièrement la voix de Konshou qui lui répète que tout est faux. Pourtant, ce n’est pas si simple, et plusieurs éléments sont petit à petit introduits pour commencer à nous faire douter. On se retrouve rapidement aussi perdu que Spector. On voit des choses arriver, qui semblent être des visions, mais finalement non, etc. Vous voyez un peu le principe, c’est une ficelle assez connue pour jouer sur la santé mentale de ses personnages : on ne sait jamais ce qui est vrai. On retrouve ça dans de nombreux films par exemple.

Même si l’idée n’est pas follement originale, elle est très bien exécutée. D’abord, Lemire utilise toute la mythologie du personnage, avec des visages connus, des éléments de l’Egypte, et quelques références. L’ancien lecteur trouvera son compte sans problème, bien que les changements puissent le perturber. Ensuite, la forme rend vraiment service au récit. Les dessins de Greg Smallwood sont assez simples, mais le dessinateur cherche plus son trait, donne un côté plus sketch à son dessin, lorsque l’on est dans une vision ou dans un rêve. Le trait se fait plus net lorsque l’on est au plus près de la réalité. Enfin, c’est ce qu’on pense. Ou pas. Ce travail participe donc à perdre le lecteur. De plus, la construction des planches se permet quelques originalités pour renforcer l’ambiance de la folie. Il y a par exemple quelques planches dont les cases forment des points d’exclamation.

Ce tome 1 est à la fois riche et vide. Il se passe pas mal de choses, parfois même dramatiques. Mais comme on ne sait pas où se situe la limite entre la réalité et le délire, on se pose finalement beaucoup de question. Dans la dernière partie, de nouveaux dessinateurs arrivent pour encore plus marquer la folie du personnage – c’est d’ailleurs une autre des très bonnes idées de l’album. La fin est de plus très ouverte vers l’inconnu, et on est franchement curieux de lire la suite. Ce premier tome est un excellent point de départ qui se précisera peut-être avec la suite de la série. C’est donc un bon moyen de s’intéresser au personnage, surtout si vous aimez le thème de la folie. L’album se conclut sur une galerie de couvertures.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

Les doutes constants
Les dessins malins
La folie du personnage

LES POINTS FAIBLES

Pas très original

 

4

Bon début

Conclusion

Lemire exploite à fond le thème de la folie, et même si le principe n’est pas très original, la réalisation est extrêmement efficace, à la fois dans les idées de scénario que dans les dessins. Le tome lance de bonnes bases pour la suite.