Focus sur Centaur Chronicles

Focus sur Centaur Chronicles

Centaur Chronicles est un comic book ambitieux et atypique qui remonte à l'origine même de l'histoire des comics. Nous vous proposons une interview exclusive avec Jean-Michel Ferragatti, auteur à l'origine du projet. Pour plus d'information nous vous invitons à visiter les liens suivants:

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MDCU : Bonjour Jean-Michel. Tu es scénariste de Centaur Chronicles. Pourrais-tu nous présenter en quelques mots ce comic book ?

JMF : Centaur Chronicles est un projet en quatre volumes qui a pour ambition de réactualiser des personnages du golden age américain libres de droit au travers d'une intrigue "moderne" (qui se passe en 1959), dessiné par Marti (Patrice Martinez), et qui s'entrecroise avec des épisodes originaux restaurés par Reed Man, avec en plus du rédactionnel permettant de présenter le projet mais également les créateurs originaux des personnages que nous utilisons.

 

MDCU : Ces personnages des 40's sont inconnus du public français et, pourtant, ils font partie des premiers super-héros de l'histoire des comics. Pourrais-tu nous dire en quoi ils étaient pionniers ?

JMF : Les personnages de l'univers Centaur sont, à mon sens, des pionniers pour deux raisons. La première, c'est la période pendant laquelle ils ont été publiés, soit de 1936 à 1942. Donc, le début du golden age et même en réalité avant la création de Superman (en 1938).
The Clock est par exemple  le premier héros masqué de l'histoire des comics (même s'il est lui-même inspiré des Mystery Men publiés dans les pulps).
La deuxième, c'est que beaucoup d'auteurs qui deviendront connus dans le monde des comics se sont penché sur ces personnages à une époque où tous les codes du genre n'en étaient qu'à leur balbutiements. Il est d'ailleurs à remarquer qu'au-delà de leur caractère pionnier, ces personnages partagent un côté un peu "brut" et pas du tout lisse avec les personnages d'un autre éditeur bien plus connu. Il faut en effet savoir que le sweat shop qui fournissait majoritairement Centaur était Funnies Inc, le même que celui qui fournissait Timely Comics (l'ancêtre de Marvel Comics).
Ce n'est donc pas pour rien si Amazing Man et Namor se ressemblent physiquement mais également au niveau du tempérament. Ils sont tous les deux la création de Bill Everett. De la même manière si Human Torch et Iron Skull sont tous les deux des androïdes, c'est parce qu'il s'agit d'un thème qui intéressait Carl Burgos leur créateur commun.

En plus de The Clock, Centaur Comics peut s’enorgueillir de publier la première super-héroïne en la personne de The Magician from Mars, même si la forte thématique de science-fiction de ses aventures fait parfois oublier qu'il s'agit bien d'une super-héroïne, deux ans avant Wonder Woman tout de même !Nous avons aussi The Arrow qui est le premier archer avec des super-pouvoirs de l'histoire du comics et dont l'une des copies directes est un personnage de DC Comics qui, pour se différencier, s'est ajouté l'adjectif de Green avant de le perdre récemment lors de son adaptation télévisuelle.

Ces personnages sont donc des pionniers de l'histoire du comics mais qui ont été pendant assez longtemps oubliés des exégètes. Mais pas complètement puisque quelques personnages postérieurs sont notamment inspirés en partie d'Amazing Man, dont un moderne qui a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle récemment.

Et je finirai par un personnage tellement en avance (ou en décalage) pour son temps qu'il reste quasiment unique dans l'histoire du comics. Il s'agit de The Eye, un oeil flottant qui peut se rendre immatériel, fait résonner une sorte de voix (alors qu'il n'a pas de bouche) et possède un rayon optique (what else) mortel. Je dis quasi unique car il a tellement marqué les esprits des lecteurs de l'époque (et toujours aujourd'hui où quasiment tous les lecteurs nous en parlent) qu'il a eu une descendance un peu édulcorée.
 

MDCU : C'est d'ailleurs assez fou que des personnages pareils aient été oubliés. D'ailleurs, comment as-tu découvert leur existence ?

Les publications des éditeurs qui deviendront Centaur avaient notamment comme caractéristique commune un très mauvais circuit de distribution. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont cessé de paraître et que Centaur s'est concentré sur ce que les américains appellent des puzzle books (mots croisés, fléchés, etc.).

Donc, certains lecteurs n'ont sans doute jamais vu un seul comic Centaur à l'époque où ils étaient publiés.

Après, du fait de la petite période de publication, de cette mauvaise distribution et de la profusion de fascicules existant à l'époque, seule la mémoire de quelques enfants est restée marquée par un ou plusieurs personnages Centaur. Pour les autres, cela est au mieux devenu un vague souvenir.
De plus, les rares fascicules rescapés de l'effort de guerre ont été très mal catalogués par les vendeurs de comics d'occasion. Ils étaient très rares, et donc en théorie très chers, mais personne ne les recherchaient. En plus, l'absence de référence et le changement régulier des entités éditrices sur une si courte période posaient problème. Ils sont donc plus devenus des objets de curiosité que réellement de collection.

Ce n'est que dans les années soixante-dix que le Photo-Journal Guide to Comic Books d'Ernst et Mary Gerber a mis en lumière les comics Centaur. Les amoureux les ont redécouverts et ont surtout compris qu'il y avait un vrai corpus de plusieurs centaines de fascicules.

Malgré tout, les fascicules restaient toujours aussi rares et il aura fallu attendre l'essor d'internet et la possibilité de consulter des scans en ligne pour réellement découvrir l'ampleur du travail de l'éditeur.

Après, tous les enfants n'avaient pas oublié les personnages Centaur et au moins deux artistes ont utilisé des caractéristiques d'Amazing Man pour leur création. Il s'agit de Pete Morisi pour son personnage de Peter Cannon... Thunderbolt (qui est d'ailleurs l'inspiration d'Ozymandias des Watchmen qui est donc indirectement inspiré d'un personnage de Centaur Comics) et de Gil Kane qui, avec Roy Thomas, utilisera nombre d'éléments de contexte dans l'origine d'Iron Fist. Il est à remarquer que Marvel a reconnu quasiment officiellement cette filiation puisqu'il a réintroduit une version du personnage nommé John Aman Prince of the Orphans dans un run moderne d'Iron Fist.

Pour ma part, j'ai découvert ces personnages un peu par hasard lorsque, après avoir terminé ma collection de comics français de super-héros (en gros Lug, Artima-Arédit et Sagédition), mon ami Claude Eloy (à l'époque tenancier de feue la librairie Dans la gueule du loup) a commencé à me montrer des illustrés et récits complets d'avant 1950 avec des personnages bariolés qui ne pouvaient être que des super-héros.

Et, parmi ces personnages oubliés de l'histoire des super-héros en France, il y en avait des célèbres (Superman, Batman, Captain Marvel) mais aussi certains quasi-inconnus comme les personnages Centaur que sont Amazing Man, Masked Marvel, Fantom of the Fair, The Eye et, dans une moindre mesure, The Clock.

Comme très très peu de documentation était disponible à cette époque (l'étude de référence a été publiée en anglais bien des années après, y compris après la mienne publiée en deux parties dans le fanzine Oméga), je me suis rabattu sur les sites de téléchargement des scans du domaine public.


MDCU : Relancer des personnages tombés aux oubliettes est un exercice de style qui peut prendre de nombreuses formes : reload (Valiant), relaunch cherchant à moderniser un concept désuet (Miracleman), reprise avec respect de la continuité et des aventures passées, etc. Pour quel angle as-tu opté quand tu as choisi de faire revenir les personnages de Centaur ?


JMF : Mon approche a été double.

Premièrement, j'ai construit les nouveaux épisodes en reprenant le maximum du matériel originel publié pendant le golden age. Mes épisodes sont truffés de références à ces épisodes obscurs. Cela a pour effet de beaucoup interroger les lecteurs et m'a poussé à faire 25 livraisons sur la page Facebook du projet intitulées "Centaur Decrypté" pour expliquer certains passages du volume 1.

D'ailleurs de très nombreux souscripteurs m'ont écrit pour me dire qu'ils avaient relu le volume 1 à la sortie du deuxième et découvert plein de points qui leur avaient échappé à la première lecture.

Mais au-delà de ces points très obscurs, cette approche nous permet de rééditer les épisodes originaux restaurés par Reed Man qui permettent aux lecteurs de mieux comprendre les personnages, certains de leurs pouvoirs et en partie leur personnalité.

Cela me permet aussi de mettre en avant les créateurs des personnages originaux ainsi que l'histoire éditoriale des personnages pendant le golden age. Pour ce faire, le minimum de choses a été changé par rapport à ces épisodes originaux. Nos épisodes sont donc vraiment la suite des aventures originelles des personnages Centaur.

Deuxièmement, étant un historien du médium comic, je me suis servi des épisodes modernes pour faire une parabole (un méta-texte) de l'histoire des comics dans  notre monde. Le premier volume du projet apporte des réponses sur la disparition des personnages à la fin des années quarante, qui coïncide avec la fin du golden age chez nous. De la même manière, les épisodes modernes se passent à la fin des années cinquante, ce qui correspond au début de notre silver age.

Il y a donc un parallèle entre l'histoire fictionnelle des personnages et l'histoire éditoriale du support duquel ils sont issus dans notre monde moderne.

Enfin, comme certains de mes auteurs préférés, j'ai essayé de combler tous les manques ou incohérences que pouvaient comporter les épisodes originaux. Je suis un complétiste non seulement comme Collectionneur mais aussi comme lecteur / scénariste.

Donc, pas de reload, de relaunch mais juste une poursuite la plus fidèle des épisodes de l'époque avec beaucoup de rationalisation, nouveautés et le moins possible de retcon.


MDCU : À ce jour, deux tomes sont déjà parus grâce à des campagnes de financement participatif et deux autres tomes sont en cours d'élaboration. À mi-parcours de cette tétralogie, quel bilan tires-tu de cette aventure éditoriale hors des sentiers battus ?

Houla ! D'abord que la gestion d'un tel projet est beaucoup plus complexe et prenant que je ne l'envisageais. Ensuite, que j'ai vraiment de la chance de travailler avec une équipe super professionnelle qui permet au projet de voir le jour mais aussi de progresser et de quasiment tenir ses délais.

D'ailleurs, je peux vous annoncer que beaucoup des éléments du volume 3 sont déjà quasiment prêts car nous essayons de travailler en anticipation pour sortir un volume au minimum tous les ans.

Sur un plan purement personnel, c'est un plaisir de voir ce que j'ai imaginé prendre forme et assez souvent mieux que ce que je pensais. C'est aussi une grande satisfaction de voir que quasiment tous les commentaires des contributeurs et lecteurs sont positifs. Il y a maintenant des lecteurs qui nous cherchent sur les salons où nous venons régulièrement pour voir si nous avons publié la suite. Pareil sur les réseaux sociaux ou nous essayons d'animer le projet entre chaque volume.

Il y a eu quelques critiques mais tout à fait fondées et que nous essayons de "corriger". Il y a malheureusement quelques commentaires assez blessants et le plus souvent de personnes qui n'ont même pas lu le livre. Mais peu importe.

Le meilleur reste que les lecteurs trouvent le projet intéressant, dense (peut être un peu trop) et voient dans l'univers Centaur une continuité qui n'a pas a rougir de la comparaison avec des aînées plus prestigieuses. Et encore, nos projets sont loin d'être finis.

Donc, en résumé une bonne, voire très bonne réception de ceux qui ont fait l'effort de rentrer dans le projet mais malheureusement pas encore asse de notoriété pour attirer vraiment un noyau de fans pouvant nous permettre de sortir du milieu des connaisseurs très pointus des comics. Mais je suis sur que cela viendra.



MDCU : Puisque le 3e tome avance bien, peux-tu nous livrer quelques informations pour faire patienter les fans ? Quand pourra-t-on se le procurer ? À quoi devons-nous nous attendre sur le contenu ? Et, pour ceux qui n'ont pas encore lu les premiers tomes, comment peuvent-ils se les procurer ?

JMF : Livrer quelques informations sans spoiler les lecteurs, cela est toujours compliqué. Alors, Renaissance (le premier volume) était consacré à la présentation des principaux personnages de l'arc narratif. Le deuxième volume, Origines, est comme son nom l'indique centré sur les origines des héros de l'univers Centaur avec tout plein de révélations.

Le troisième volume se nomme L'Adversité et, comme son nom le laisse supposer, est consacré aux adversaires de nos héros. Dans ce 3e volume, j'ai vraiment cherché a expliquer les raisons de cette adversité. Je ne voulais pas juste des adversaires qui se soient levés le matin en se disant : "Je vais conquérir le monde". L'histoire va donc explorer les failles psychologiques qui les ont amenés à devenir des super-vilains d'une certaine manière. Je voudrais que le lecteur, à la fin du 3e volume, puisse se dire : " Je comprends ces personnages et, dans des circonstances similaires, j'aurais peut-être moi aussi basculé dans ce côté obscur".

Et puis, il y aura le début de la résolution de certaines intrigues semées dans les deux premiers volumes. Nous apprendrons pas mal de choses sur deux personnages pour l'instant esquissés un peu en creux que sont The Clock et Magician from Mars.

Donc, encore un volume avec beaucoup de matériel et très dense. Mais le 4e sera beaucoup plus léger !

Pour se procurer les albums, le plus simple c'est ici 

Sinon, il y a quelques boutiques ou comicshops qui le distribuent mais malheureusement trop peu. Je suis aussi dans certains festivals et si les lecteurs veulent suivre l'actualité du projet c'est ici : Et le groupe de discussions est ici



MDCU : On retrouve dans le scénario de Centaur Chronicles des points communs avec Watchmen mais aussi avec The Golden Age de James Robinson. Outre le matériel original des personnages, quelles ont été tes sources d'inspiration ?

JMF : Les points communs avec Watchmen ont failli faire capoter le projet. Lors de la publication de la première version des épisodes par Fred Grivaud chez J.F.C. Editions, l'un de mes amis m'écrit pour me dire "C'est super, on dirait du Watchmen !". Et là, un mur de briques me tombe dessus et toutes les similitudes avec l'oeuvre de Moore me sautent au visage. Inconsciemment, le début de Centaur Chronicles reprend des éléments de Watchmen.

A ce moment, je décide d'arrêter le projet en me disant que tout le monde va voir les références et considérer c'est un plagiat. Je m'en ouvre à mon ami qui est le déclencheur de la prise de conscience et il me répond : "Non, c'est super intéressant et il ne faut pas arrêter ! Il vaut mieux être comparé à Watchmen qu'à une merde comme nous en voyons souvent."

J'ai donc fait un petit "examen de conscience" et, au final, mon objectif et la majorité du projet ne ressemblent pas tant que cela à Watchmen. J'ai donc décidé de continuer.

Pour répondre à ta question précisément, Watchmen et The Golden Age sont en effet des références (il y a une scène dans le volume 2 qui est très clairement un hommage à ce dernier). Mais également Rising Stars et surtout Judgement Day d'Alan Moore chez Awesome, avec cette capacité à prendre un "détail" de l'univers et à le réorganiser autour, ainsi que les flashbacks avec le style des années précédentes (même si chez nous ce sont de vrais épisodes du golden age restaurés).

Et puis aussi le côté rationalisation de Roy Thomas sur des séries comme The Invaders et All Star Squadron (qui comporte d'ailleurs pour ce dernier au moins deux hommages au comics Centaur).

Voila un petit peu mes inspirations, en sachant qu'après des dizaines d'années de lecture de comics me reviennent à l'esprit des références bien précises qui peuvent se glisser dans les épisodes. Ainsi l'apparition de Black Rufus dans le volume 1 se rattache par certains cotés à Death in the Family avec Batman.


MDCU : Les personnages de Centaur étant libres de droit, n'as-tu pas peur qu'ils soient repris par d'autres éditeurs ?

JMF : Je dirais au contraire. Les personnages Centaur sont libres de droit et peuvent en effet être utilisés par d'autres. C'est d'ailleurs déjà le cas sur pas mal de projets. Ils ont été réutilisés en partie dans Project Superpowers chez Dynamite, par Gallant Comics récemment et dans les années 90 par Malibu sur la série The Protectors. Cela sans compter la reprise de certains personnages par Marvel ou DC comme The Prince of Orphans ou Phantom of the Fair.

Je suis toujours intéressé pour voir ce que d'autres font avec ces incroyables personnages dont je suis un peu tombé amoureux d'une certaine manière. C'est plus ou moins réussi mais  avant d'en être le scénariste, je continue d'en être l'un des premiers lecteurs.

Après, je suis très vigilant à ce qui fait la spécificité de notre version ne soit pas repris ailleurs. Les personnages sont à tout le monde, mais notre vision structurée de notre version n'est qu'à nous.

MDCU : Une fois la tétralogie terminée, aimerais-tu poursuivre l'exploration de cet univers ?

JMF : Concernant l'avenir de Centaur Chronicles nous avons une foule d'idées.

Premièrement, nous réfléchissons à une version internationale (en anglais) des quatre premiers volumes. Deuxièmement, un deuxième story arc de deux volumes est déjà sur les rails avec en parallèle un projet "secret origins" ou douze artistes français donneraient leur interprétation définitive des origines de douze personnages de l'univers.

En travaillant sur le deuxième story arc (qui comporte des révélations très fortes notamment sur quelques personnages) j'ai eu une petite révélation qui a conduit à définir un troisième story arc sans doute en deux volumes également.

Mais nous avons aussi dès le début pensé à explorer la profondeur de l'univers Centaur en termes de genres et envisagé des spin off sur des thèmes Policier/Polar (un peu à la Gotham Central), Western (explorant le passé d'un de nos personnages), Espionnage (avec l'équivalent de notre S.H.I.E.L.D.) et Occulte (un peu notre version des sorciers suprêmes). Sur ces spin off ,je ne serai peut être d'ailleurs pas le scénariste mais juste l'éditeur (dans le sens Editor du terme).

Et puis nous avons aussi une idée un peu folle de série télé qui reprendrait le premier story arc sous un angle "inédit".

Mais, à très court terme, le volume 3 étant déjà entièrement crayonné, nous travaillons à deux surprises pour la campagne de financement participatif. Un fascicule "bonus" en cross-over avec une autre création française et peut être une statuette !

MDCU : Cela fait beaucoup de travaux en perspective. Mais à part être scénariste pour Centaur Chronicles, quel a été ton parcours ?  

JMF : Alors, j'ai eu un parcours un peu atypique. Après avoir obtenu un DUT de Techniques de Commercialisation, j'ai intégré la Maîtrise de Sciences de Gestion (MSG) de l'université Paris Dauphine car j'ai été très intéressé par la matière Droit Fiscal.

Après ma MSG, j'ai intégré les DESS de Fiscalité de l'entreprise de Dauphine et le DEA de Finances publiques - Fiscalité de Panthéon - Assas. J'ai même commencé une thèse à Paris Sorbonne en parallèle de mon activité professionnelle.

Cela fait donc plus de 20 ans que je suis un professionnel de la fiscalité et 16 ans que je dirige des Directions Fiscales de grands groupes internationaux.
Un métier loin des comics qui reste néanmoins un des axes centraux de ma vie avec ma famille, mes amis avec qui je partage une forte culture de l'imaginaire avec, en plus des comics, la littérature populaire et les jeux de rôles.

L'imagination au service de la fiscalité et des comics, en résumé.

 

MDCU : Et quel est ton parcours d'historien des comics ?

JMF : J'ai découvert les comics en VF il y a plus de 40 ans suite à un déménagement et à la rencontre d'une petite fille qui piochait dans la collection de ses grands frères. A partir de là, je n'ai que rarement arrêté même si j'ai à un moment vendu ma petite collection pour m'acheter une console vidéo (une CBS Colecovision) ! Quelques années plus tard, devenu soi-disant adulte, j'ai commencé à piocher des revues de-ci de-là chez les bouquinistes, puis j'ai eu l'occasion de racheter une collection de tout ce qui avait été publié par Marvel en français.

J'ai ensuite rassemblé quasiment tout ce qu'avait publié Artima-Arédit et Sagédition pour DC Comics (et quelques curiosités). Sur la fin de cette collection, Claude Eloy, mon ami et à l'époque propriétaire de la librairie Dans la Gueule du Loup, m'a montré les comics publiés en français à partir des années 30. Je me suis donc mis en chasse de toutes ces raretés et ai réussi à reconstituer une collection quasi-complète qui m'a servi de base à mon fanzine (Continuum), puis à ma chronique hebdomadaire French Collection pour le site Comic Box (les 350 chroniques sont encore accessibles) et finalement à mon livre sur L'histoire des Super-Héros : Les publications américaines en France - L'âge d'or (1939 - 1961) qui est paru chez Neofelis en avril 2016 (il doit en reste encore quelques-uns chez l'éditeur).

J'ai au passage également réuni une collection complète de comics de super-héros de l'éditeur québécois Héritage (et quelques autres).
Et puis, au détour des chroniques de French Collection, j'ai initié le projet Centaur Chronicles comme nous l'avons déjà évoqué. 

MDCU : Quels sont tes autres projets comics ?

JMF : En plus des prochaines volumes de Centaur Chronicles, j'ai en effet quelques projets plus ou moins fous sur les comics.
Premièrement, le deuxième volume de L'histoire des Super-Héros : Les publications américaines en France qui m'est régulièrement demandé et dont j'ai déjà un premier jet.

Et puis un projet complètement fou d'une histoire des comics en général en plusieurs tomes. Je pense qu'il ne verra jamais le jour, mais qui sait ?

 

 

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