Au début de sa croisade contre le crime, durant l'An Zéro, Batman créa sans le vouloir son pire ennemi, le Joker, et rencontra sa première nemesis en la personne du Sphinx, le maître des énigmes.
Quelque temps plus tard, ces deux criminels décidèrent de se mener une guerre sans merci recrutant chacun un groupe d'ennemis du Chevalier Noir. Un conflit qui poussa Batman dans ses derniers retranchements.
Contenu vo : Batman Vol.4: The War of Jokes and Riddles (#25-32)

  • Docfred
    Docfred

    il y a 1 an

    Après 3 tomes allant du moyen au vraiment mauvais il semble que Tom King est enfin retrouvé son inspiration! Excellente histoire où les héros sont plus Nigma et le Joker que Batman! C'est épique et toujours aussi beau. Vous pouvez sauter les 3 premiers tomes et ne lire que celui là! Du Grand Batman!

La review du jour est un titre proposé par Urban Comics : Batman Tome 4 : La Guerre des rires et des énigmes. Les numéros sont écrits par Tom King et est dessinés par Mikel Janin et Clay Mann. Il est sorti le 18 mai pour 17,50€ et contient Batman #25 à 32.

Au début de sa croisade contre le crime, durant l'An Zéro, Batman créa sans le vouloir son pire ennemi, le Joker, et rencontra sa première némésis en la personne du Sphinx, le maître des énigmes. Quelques temps plus tard, ces deux criminels décidèrent de se mener une guerre sans merci, recrutant chacun un groupe d'ennemis du Chevalier Noir. Un conflit qui poussa Batman dans ses derniers retranchements.

Le point fort de cette œuvre est le travail préparatoire de Tom King. L'auteur utilise énormément d'éléments qu'il a préparé par le passé mais également des éléments mis en place par d'autres auteurs. C'est pour cela, entre autre, que l'affrontement entre le Joker et Nigma possède une saveur toute particulière. Après tout, suite au New 52 et au taff de Scott Snyder, il s'agit de la création de Batman pour le premier (histoire reprise de Killing Joke mais qui n'était dans la continuité qu'une fois sur deux donc bon...), et du premier véritable méchant à se trouver face au Chevalier Noir pour Nigma (Zero Year). Il s'agit donc sans doute de l'affrontement des deux plus gros adversaires de Batman, des deux personnages qui ont le plus de liens avec le super-héros (tout du moins pour notre ère). À côté de cela, le tout est une histoire racontée de Batman à Catwoman. Lorsque l'on sait que King n'a eu de cesse de préparer cette histoire et de mettre en avant Selina Kyle, on ne peut qu'avoir un sentiment de continuité. Enfin, le travail est également préparé, amené d'une main de maître dans l'oeuvre elle-même. Nigma et le Joker ne se rencontrent pas par hasard au détour d'une ruelle. Il y a un réel intérêt à leur rencontre, quelque chose de très important pour eux : leur existence. Oui, la thématique de cette œuvre est l'existence même de ces deux personnages. Comment peuvent-ils exister si Nigma n'a plus de motivation envers les énigmes et si le Joker ne trouve plus rien de drôle ? C'est en partant de cette idée que King a dressé cette histoire osée et originale et dont la finalité est « qui va être capable d'éliminer Batman et exister ? ». Batman ne pouvant être tué qu'une fois, le Joker et Nigma s'affrontent pour savoir lequel des deux pourra exister et lequel devra disparaître.

Et ne vous y trompez pas. Gotham a beau être divisé en deux, ce sont bien Joker et le Sphinx qui sont au centre des débats. Il n'y a pas de division de la ville, de guerre de territoire ou autres, version No Man's Land. Chacun à son armée, effectivement. Tout comme certains membres de cette armée s'affrontent (Deadshot et Deathstroke en tête) mais le tout tient sur quelques pages (en deuxième partie d'oeuvre, en même temps qu'une légère baisse de régime d'ailleurs).

De manière surprenante, le découpage est très classique. C'est la mise en scène, majestueuse, qui sublime l'oeuvre et donne un rythme incroyable au récit. C'est grâce à cette mise en scène que nous avons droit à plusieurs scènes exceptionnelles : la sortie de Nigma de la prison, la macabre audition... Les bonnes idées sont nombreuses (tout ce qui tourne autour de Kit Man est réussi), les dialogues très bons, l'humour satisfaisant (cela va du classique toc toc qui est là au petit sous-entendu coquin de Catwoman), les devinettes plutôt intéressantes bien que quelques unes soient vraiment passables. Enfin, on notera également une énorme référence au film Batman de 1989.

En fait, le seul point négatif serait le déséquilibre du combat. Au fil de la lecture, on a l'impression que Nigma est vraiment supérieur à son adversaire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en plus d'être extrêmement intelligent, le super-vilain fait également plusieurs fois étalage de son physique : abdos dessinés, bagarreur, capable d'attraper un couteau en plein vol... On est loin du personnage qui mise tout sur l'intelligence. Le Joker, plus discret, plus effacé, semble faire pale figure à côté. Néanmoins, concernant ce point, il est tout-à-fait possible que tous les lecteurs ne le voient pas de cet œil.

Pour terminer, on notera également que la fin de l'oeuvre est une réussite. Le combat entre le Joker et le Sphinx se termine en apothéose, la raison pour laquelle Batman se sent obligé de se confier à Catwoman est parfaitement valable et nous mène directement au twist final dont on a énormément parlé aux États-Unis. Un twist final qui devrait sans doute plaire avant tout aux fans de Catwoman mais qui, au moins, a le mérite de bouleverser l'univers du Chevalier Noir.

 

Pour ce qui est de la partie graphique, le travail de Mikel Janin et Clay Mann est exemplaire. Il n'y a pas d'autres mots. Le souci du détail concernant le dessin et la colorisation se voit jusque dans les lunettes de Gordon. Plusieurs doubles pages sont magistrales avec, en tête, la double double page (ndlr : ce n'est pas une erreur, on parle bien d'une double double pages) qui met en scène la rencontre entre Nigma et le Joker et qui est à couper le souffle. L'utilisation des ombres est approprié pour un résultat final bluffant et les covers sont sublimes. Chacune d'entre elles avaient mis une petite claque aux lecteurs américains et on ne peut que comprendre pourquoi.

Une fois n'est pas coutume, la galerie des couvertures n'est pas ce que l'on retiendra le plus de l'opus. À moins que cela ne soit le fossé entre les variantes et les couvertures principales de Mikel Janin.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le principe
- Les idées
- Le traitement des personnages
- La fin
- La partie graphique

LES POINTS FAIBLES

- Les variant covers, un peu plus quelconques

 

5

A ne manquer sous aucun prétexte

Conclusion

Tom King continue sur sa lancée et met la barre bien plus haut avec une excellente guerre entre le Joker et Nigma. Le traitement des personnages est exceptionnel et nous offre une fin bien amenée et digne d'intérêt pour la suite. La partie graphiques est magistrale