[Review VF] La trilogie du Bronx, intégrale

[Review VF] La trilogie du Bronx, intégrale

La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit de La trilogie du Bronx, intégrale, écrit et dessiné par Will Eisener. Il est sorti le 15 janvier pour 34,95€.

Il y a plus de quarante ans, Will Eisner ne parvenait pas à trouver un éditeur décidé à publier sa bande dessinée intitulée Un pacte avec Dieu. En 1978, pourtant, son roman graphique allait s'installer dans le paysage de l'édition et ouvrir la voie à de nombreux artistes partout dans le monde.

Dans Le pacte avec Dieu, Will Eisner explore la vie quotidienne de ce quartier de New York City où il a grandi, brossant des portraits à la fois tendres et vitriolés d'une époque révolue.

Dans Jacob Le cafard, considéré par Robert Crumb comme un chef d'oeuvre, l'auteur se réincarne dans ce personnage que la vie n'épargne pas, mais qui parvient à survivre coûte que coûte.

Enfin dans Dropsie Avenue, Eisner retrace la trajectoire sociale de ce quartier sur plusieurs siècles, offrant un panorama de la ville et des vagues d'immigrants hollandais, anglais, juifs et afro-américains ou porto-ricains qui s'y sont succédées.

Ces trois romans graphiques regroupés ici pour la première fois sous la forme d'une intégrale représentent une part majeure de l'oeuvre de Will Eisner. Cet ouvrage est accompagné d'une préface et de quelques illustrations inédites de l'auteur.

Ce livre contient des histoires inspirées par le flux continu de petits drames ordinaires de la vie citadine. Certaines sont véridiques. D’autres pourraient l’être.

Si vous suivez un petit peu l’actualité de la BD au sens large, Will Eisner est forcément un nom qui vous parle. En effet, il s’agit d’un des prix les plus prestigieux du monde de la BD et qui est décerné chaque année depuis plus de quarante ans. On peut donc supposer sans trop se tromper que Will Eisner a eu un impact significatif sur la BD s’il possède un prix à son nom. Pour faire simple, Eisner est celui qui a popularisé le Graphic Novel américain. Souvent, on va même jusqu'à dire que c'est suite à son œuvre Un pacte avec Dieu que l’appellation « Graphic Novel » a été utilisée. Aujourd’hui, Delcourt vous propose la trilogue Will Eisner qui débute avec le fameux « Un pacte avec Dieu ». Au-delà du produit en lui-même, vous avez donc également une œuvre incontournable de l’Histoire de la BD américaine.

Bien sûr, ce n’est pas parce qu’une personne a plus ou moins mis en place une chose qui va s’avérer par la suite incontournable dans un milieu donné que l’on se doit d’apprécier cette contribution. Il a popularisé le Graphic Novel, mais cela n’en fait pas fondamentalement un incontournable et encore moins avec le recul d'aujourd'hui. Nous allons donc faire la review du titre comme s’il s’agissait de n’importe quel titre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a beaucoup de choses à dire.

Frimme Hersh, nous avons rassemblé tout l’argent qui nous reste pour t’envoyer en Amérique. Le prochain assaut nous exterminera sans doute. Nous avons choisi de te sauver, toi, car tu es protégé par Dieu.

Avant toute chose, nous allons parler un petit peu parler du contenu. Selon l’introduction, l’opus est divisé en trois parties, chacune représentant un récit. Dans les faits, c’est un petit peu plus compliqué que cela. Par exemple, le premier tiers représente la partie « Un pacte avec Dieu » mais en réalité, seul le premier chapitre serait réellement rattaché à cette histoire car elle est la seule à avoir un lien direct avec Dieu en fin de compte. Les autres chapitres sont des suites de mini-histoires toutes très bonnes mais qui n’ont pas de lien direct avec le tout premier chapitre si ce n’est le lieu. Pour faire simple, le narrateur se focalise sur un quartier, une rue, et raconte toutes les histoires qui pourraient s’y passer. Voilà le point qui fait que toutes les histoires sont liées. Concernant les récits en eux-mêmes ils sont… sublimes. Un pacte avec Dieu est touchant, émouvant et transpire la sincérité. Il est rare qu’un comics vous fasse autant voyager et c'est d'autant plus vrai lorsque l'on garde à l'esprit le fait qu'il y a,it finalement, bien moins d’illustrations que d'ordinaire. Le personnage de Frimme Hersh est assez incroyable. Il semble impossible de ne pas pouvoir s’identifier à ce dernier. Le tout donne lieu à une fin improbable et que l’on a du mal à voir venir, ce qui sera d’ailleurs une caractéristique de pas mal de chapitres notamment du deuxième. Ceci est d’ailleurs assez fort de la part de l’auteur. Eisner va nous dévoiler un personnage de A à Z afin qu’il n’y ait aucun malentendu et qu’aucune réaction ou presque nous paraisse illogique. Et malgré ce point, les surprises et les twists restent monnaie courante. C’est assez bluffant. Le point culminant dans cette approche reste sans doute le chapitre 3. Ce chapitre est tout bonnement… indescriptible. Le lecteur passe par une bonne poignée d’émotions différentes sans jamais comprendre vers quoi il se dirige. Cet unique chapitre est la preuve que Will Eisner fait ce qu’il veut de son lecteur.

Toute la journée, la pluie se déversa sans merci sur le Bronx. Les égouts débordèrent et les eaux montèrent jusque sur les trottoirs dans les rues. On aurait dit que l’immeuble du 55 Dropsie Avenue allait se mettre à décoller pour flotter à la dérive, emporté par la marée. Comme l’Arche de Noé, se dit Frimme Herseh en rentrant chez lui.

Pour ce qui est de la partie graphique, elle est différente de tout ce que l’on peut trouver dans le monde des comics aujourd’hui. Ici, le terme de roman graphique prend tout son sens. Il s’agit d’un roman appuyé par des illustrations. Ainsi, il est tout-à-fait possible d’avoir une page qui est composée d’une petite illustration dans un coin suivi d’un gros morceau de narration. Ceci fait qu’il est d’ailleurs difficile de parler de découpage. On se focalisera plutôt sur la pertinence de la mise en scène. Cette approche fait que l’on se focalise souvent sur l’essentiel. Ainsi, il n’est pas rare d’avoir un ou deux personnages et, c’est tout. Ce n’est pas par manque de talent car lorsque les décors ou les immeubles sont présents, ils sont superbes. Non, c’est juste le style épuré voulu dans cette œuvre. Tout cela pour dire qu’il ne faut pas s’attendre à de somptueuses doubles pages. Ce principe est inexistant. De même, le tout est réalisé en noir et blanc.

En bonus, vous trouverez plusieurs éléments avec, en tête, une introduction à l’édition du centenaire par Scott McCloud ainsi qu’une pré-face réalisée par Will Eisner himself.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Une sincérité rarement égalée
- La narration
- Les nombreux twists
- Le principe des mini-histoires dans le Bronx
- La partie graphique

LES POINTS FAIBLES

Aucun.

 

5

Un must-have

Conclusion

Une oeuvre qualifiée d'incontournable par le passé. Quarante ans après sa sortie, cet adjectif est toujours à l'ordre du jour.

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