[Review VF] All-New Moon Knight 2

[Review VF] All-New Moon Knight 2

Sorti quelques mois après le premier, le tome 2 de Moon Knight continue de nous faire découvrir le run de Jeff Lemire sur la série. Le précédent album nous montrait un Marc Spector plus mentalement instable que jamais, et offrait une base intéressante pour la suite. Nous allons voir où cela nous mène.

Avant toute chose, je rappelle que vous pouvez lire la critique du tome 1 de la série à cet endroit. Malgré des plongées régulières dans la folie, le premier album avait quelques points d’ancrage dans ce qui semblait être la réalité. Le début du tome 2 nous fait perdre totalement pied. Nous passons de l’une à l’autre des différentes personnalités de Moon Knight. Pour résumer à l’extrême, Steven Grant, une des personnalités de Moon Knight, produit un film dans lequel Mark Spector, une autre personnalité de Moon Knight, joue le rôle de Jake Lockley, un chauffeur de taxi et troisième personnalité de Moon Knight. Et le tournage se déroule à côté de celui d’un autre film, cette fois de science-fiction, qui raconte l’histoire d’une nouvelle personnalité de Moon Knight. Vous suivez ? Parce que c’est la version simple.

En réalité, c’est même un peu plus complexe. Il y a par exemple d’autres personnages bien connus des lecteurs de Moon Knight qui se retrouve dans divers rôles. Pourtant, il y a une intrigue par personnalité de Moon Knight, et elle est à chaque fois parfaitement claire. Ce sont certains détails, ou lorsqu’on passe d’une personnalité à une autre, qui donne l’impression que quelque chose cloche. En fait, tout ça paraît assez confus, mais dans l’album, ça ne l’est pas vraiment. Le récit se justifie totalement en bande dessinée, car il est beaucoup plus compréhensible par l’image. Et Lemire a l’intelligence de pousser encore plus loin ce qu’il avait initié dans le premier tome en ce qui concerne le dessin.

En effet, chaque personnalité a un dessinateur attitré, et donc une ambiance différente. Pour Steven Grant, c’est Wilfredo Torres qui propose un dessin simple et épuré. L’histoire est assez classique, et on y suit un tournage qui ne se passe pas super bien. Jake Lockley a le droit à des planches de Francesco Francavilla. Son trait est plus travaillé, avec un jeu sur les ombres et des couleurs assez flashy. L’ambiance est au polar sombre. La dernière personnalité est un nouveau personnage, un Moon Knight cosmique, avec des dessins de James Strokoe. Son style est assez chargé, avec un côté légèrement manga. Nous sommes ici dans de la pure science-fiction, mais qui tend plus vers la série B. Enfin, pour Mark Spector, on retrouve Greg Smallwood avec son chouette dessin que l’on connaît du tome 1.

Cette idée permet de rendre le récit parfaitement lisible. Bien sûr, il y a des choses assez étranges qui se déroulent, et tout n’est pas clair, mais c’est le but recherché. Les différentes intrigues en parallèle, qui se recoupent assez étrangement, offrent une richesse surprenante. L’histoire captive, tout en se demandant où veut en venir le scénariste. Le final nous offre satisfaction avec une belle avancée dans l’histoire, tout en répondant à certaines de nos questions. Nous attendrons la suite pour en savoir plus, mais la maîtrise de l’album est très gratifiante. Lemire offre une très bonne prestation, et la collaboration entre les différents dessinateurs est exemplaire. Voir la simplicité faite d’une histoire complexe vaut le détour.

Le petit point négatif de l’album se situe au niveau du nombre de pages. En effet, celui-ci ne contient que quatre chapitres, ce qui est très court. La fin arrive vite, et il est frustrant de devoir attendre la suite qui s’annonce aussi passionnante. Pour prolonger la durée de lecture, il est proposé un numéro datant de 1980. Il s’agit un choix éditorial initié par Marvel en VO que Panini reprend à l’identique. L’histoire de Doug Moench est plutôt agréable, et on peut retrouver un Moon Knight plus sain d’esprit qui joue avec ses différentes identités. Les dessins de Bill Sienkiewicz sont aussi bons, bien que plus classiques que ce qu’il proposera ensuite. Malgré le côté old-school, c’est une lecture plaisante, mais c’est dommage que ça n’ait absolument rien à voir avec ce qui se passe avant. C’est juste un bouche-trou…

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

La collaboration entre dessinateurs
Le scénario et ses réponses

LES POINTS FAIBLES

Court
Un chapitre bouche-trou

 

4

Belle réalisation

Conclusion

Le run de Jeff Lemire continue de nous proposer des choses absolument passionnantes à lire. L’énorme travail se situe surtout au niveau de la forme, avec la danse de différents dessinateurs parfaitement maîtrisée. Dommage que ce soit si court, et avec un chapitre bouche-trou.

Pas d'avis pour le moment.