[Review VF] Daredevil/Spider-Man/Hulk par Loeb et Sale

[Review VF] Daredevil/Spider-Man/Hulk par Loeb et Sale

Avec la collection Marvel ICONS, Panini Comics propose de très bonnes œuvres, parfois complètes en un seul tome à un prix tout à fait abordable. C’est le cas de ce volumineux bouquin regroupant les trois séries signées Jeph Loeb et Tim Sale qui sont devenues des récits d’anthologie. Seul manque à l’appel le dernier né en date Captain America White, mais qui est disponible depuis quelques mois dans la collection 100% Marvel.

Au sommaire on retrouve donc Daredevil Yellow, Spider-Man Blue et Hulk Gray, que je vais exposer sous vos yeux dans cet ordre bien précis. Alors, récits anthologiques, ou simples mythes ? C'est ce que je vais vous proposer de découvrir avec cette critique. Suivez le guide !

Mais avant de commencer, un peu d'histoire pour situer ces trois récits dans le temps, ce qui est important pour mieux les comprendre. Avant d’écrire ces trois récits, le duo Loeb et Sale avait déjà collaboré ensemble chez DC Comics avec les récits Batman: Haunted Knight (1993), Batman: The Long Halloween (1996), Batman: Dark Victory (1999), et Superman For All Seasons (1998). Après une mini-série regroupant Wolverine et Gambit en 1995, le duo remet ça pour Marvel Comics avec Daredevil Yellow, Spider-Man Blue et Hulk Gray

Après le décès de Karen Page, Matt Murdock tente de faire son deuil en adressant une lettre à son amoureuse disparue. Il revient alors sur les premiers jours de leur histoire à deux, et c’est au travers des écrits et sentiment de Matt que l’on se retrouve à vivre ses souvenirs. On découvre un Matt encore étudiant en collocation avec Foggy Nelson, qui deviendra plus tard son associé au sein du cabinet d’avocats Nelson & Murdock. On revient aussi sur le dernier combat de boxe de son père, sur la création de son costume jaune et rouge de justicier, jusqu’à sa rencontre avec Karen. Loeb propose une sorte de long flashback revenant sur tous les évènements de la vie de Matt qui a fait de lui le justicier que l’on connaît. Jouant sur les sentiments, le scénariste maîtrise totalement le récit puisqu’il ne tombe jamais dans le trop mielleux. Pas de tragédie à la Roméo & Juliette, mais la simple histoire d’un homme qui connut l’amour. Et c’est ce fil rouge qui se retrouve dans chacun des trois récits, tout en regorgeant d’émotions différentes. Celle qui peuple le récit de Daredevil est celle de l’envie de vivre, tout simplement. Au travers des mots choisis par Loeb on peut presque agripper cette envie que dégage Matt en racontant son parcours.

Les dessins de Tim Sale sur Yellow présentent une véritable envie de sortir de ce qui l’a fait connaître avec les récits de Batman. Ici, Daredevil évolue dans un arrière-plan plus sombre et plus rigide. Les couleurs sont presque sales pour contraster avec l’amour entre Murdock et Page qui est lui naturel.

 

Rendons-nous maintenant chez les Parker, pour retrouver notre Peter Parker alias Spider-Man dans son grenier fouillant dans ses affaires. Sortant le magnétophone à cassettes, Peter va tout simplement s’enregistrer en train de parler à feu Gwen Stacy , premier amour de sa vie. Si les scènes d’action sont très rares, ce que l’on retient du récit est le monologue du jeune héros. Sincère et émouvant, il ne peut s’empêcher de revenir sur ses regrets et sur l’effet qu’a eu Gwen dans sa vie. Ici, exit le Spider-Man lançant des vannes à ses ennemis, et place au côté humain du héros : Peter. Parce que avec le temps on a peut-être tendance à oublier que derrière le masque se cache homme simple. Qu’avant d’avoir décidé de protéger le monde, Peter était un être humain. Et ce qui rend encore plus humain ce récit, est la présence de Mary Jane Watson, qui on a tendance à l’oublier faisait aussi partie de la vie de Gwen , avant de tomber amoureuse de Peter. Les deux jeunes femmes étaient des amies, et non des rivales. Alors que le récit de Daredevil propageait un sentiment d’envie de vivre, ici, celui de Spider-Man propose celui de l’amitié, et surtout des relations humaines.  

La partie graphique de Sale sur Blue, est très complète par rapport à celle de Yellow. Sale reprend directement le style de John Romita Sr sans tenter de l’imiter. Il arrive à le mélanger à son trait à lui, ce qui lui confère une dimension plus grande. Les couleurs sont sublimes et sont nourries par la luminosité qu’apporte l’arrivée des deux femmes. Le trait de Sale les rend élégantes, séduisantes et intimement liées à Peter sans que l’on ait besoin de lire les cases.  

 

 

Conté par Bruce Banner alias Hulk et le Dr. Leonard Samson, l’histoire présente un Bruce esseulé qui cherche simplement l’acception et quelqu’un à qui parler. Arrive alors Samson, son ami psychologue. Ensemble, on découvre la création du Hulk, qui débouche petit à petit sur l’apparition de Betty Ross, le grand amour de Bruce. Ce qui différencie le plus cette histoire des deux autres, et le fait d’avoir deux voix-off pour nous narrer l’histoire. On retrouve alors une discussion et non des pensées, comme pour Yellow et Blue. Deux caractères, deux avis, et deux visions différentes qui se « confrontent » au fur et à mesure des cases.  Malheureusement, cette différence rend la lecture un peu lourde, presque indigeste par moments. Ou peut-être est-ce simplement le fait que je ne sois pas une grande fan de Hulk ? En tout cas, les dialogues entrainent une cassure dans ce que Loeb sait faire de mieux. De plus, certaines références à l’univers passé de Hulk, par exemple le Général Ross, sont présentes ce qui rend la lecture sympathique si on les connaît, mais lacunaire si on ne les connaît pas. Dommage.

 

Les illustrations de Sale sont à la hauteur des précédents récits, avec une inspiration directe du Hulk dessiné par Jack Kirby avec un côté Quasimodo de Notre-Dame (imaginez le Disney). Cette "peinture" de Hulk rend le personnage plus touchant, presque maladroit, voire charmant à sa façon.  Les cases semblent même trop petites pour contenir la carrure de Hulk, qui rappelle l’expression " comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. " Les détails que pouvaient inclure Sale auparavant ne sont pas présent ici, et on a le plus souvent le droit à des décors presque vides. Ce qui renforce le sentiment que le personnage de Hulk n'est jamais à sa place dans ce monde. 

 

Alors que retenir de ces trois récits en un seul volume ? Simplement que c'est un véritable joyau de l'univers des comics. Que l'on soit un grand fan des trois personnages d'un seul, ou simplement d'aucuns, ce sont des histoires qui se vivent pendant la lecture. L'émotion qui s'en dégage est simplement magnifique, et mérite amplement d'exister. Jeph Loeb et Tim Sale arrivent à montrer que côté humain de ces super-héros qui sont le plus souvent présentés comme étant "indestructibles". Daredevil inspirant la peur à ses ennemis, et qui ne possède aucune peur. Spider-Man étant un symbole de liberté et d'inteligence. Hulk, lui, de par sa carrure ressemble à un monstre géant qui ne peut être détruit. Et pourtant, sous ses carapaces de surhommes se cachent de simple êtres humains connaissant l'amour, le deuil et la solitude.

Loeb et Sale">

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- L'émotion des trois récits
- Les scénarios de Loeb qui paraissent simple mais qui sont plus profonds
- Tim Sale
- Le choix des couleurs pour représenter chaque histoire
- L'édition de Panini Comics, 3 en 1, à prix très acceptable.

LES POINTS FAIBLES

- L'histoire de Hulk étant moins plaisante que les deux autres
- Le fait que Captain America : White ne soit pas présent

 

4.5

Poètique


Conclusion

À lire, si vous voulez découvrir une vision humaine des personnages, sans que l'action ne prenne le dessus. Et que vous aimiez ou non les trois personnages, les histoires sont à découvrir de toute urgence.

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