[Review VF] Mystique : Femme Fatale

[Review VF] Mystique : Femme Fatale

L’éditeur Panini Comics propose, regroupé en un seul tome, le run du scénariste Brian K. Vaughan sur le personnage de Mystique, en 2003. Le tome, de la collection Marvel Deluxe, contient les treize numéros dessinés par Jorge Lucas, Michael Ryan et Manuel Garcia.

Traquée par le gouvernement, Raven Darkholme est sauvée par le Professeur Xavier qui, en échange, lui propose de travailler pour lui en tant qu’espionne sur différentes missions périlleuses. Vaughan nous propose donc une version « anti-héroïne » de Mystique, qui a un lourd passé et de nombreuses trahisons derrière elle, et qui a toujours marché sur cette ligne très fine entre le bien et le mal, avec toujours comme motivation la cause des mutants. On n’a donc pas trop de mal à la voir travailler pour Xavier s’il s’agit de sauver des mutants, d’autant plus qu’elle se retrouve un peu coincée dans cette situation, ce dont Vaughan se joue très bien pour rendre la collaboration crédible. Il nous présente une Mystique toujours extrêmement impressionnante et dangereuse, qui réussit à se sortir avec virtuosité des situations compliquées dans lesquelles elle se retrouve. Le personnage est peut-être parfois sous-estimé ou un peu oublié (même si Jennifer Lawrence est passée par là depuis), mais le scénariste nous rappelle à quel point c’est une actrice majeure de la franchise des mutants. Sa personnalité est intéressante et bien approfondie, ses dialogues fonctionnent et dans l’ensemble, fausse héroïne aux motivations douteuses ou non, on développe de l’affection pour elle. Son pouvoir de métamorphe est également utilisé avec intelligence et inspiration, parfois pour servir l’intrigue et doubler les autres personnes, mais parfois aussi tout simplement pour surprendre et faire douter le lecteur, ce qui fonctionne très bien. Mais Raven ne s’en sort pas toujours sans égratignures pour autant, à plusieurs reprises elle morfle sévèrement, et on nous rappelle qu’elle n’est pas une mutante invincible, loin de là. Cela apporte de la crédibilité au personnage et aux missions mais surtout, de l’enjeu, puisqu’elle a tendance à se retrouver dans des situations où l’on peut craindre pour son sort.

Brian K. Vaughan nous propose plusieurs missions différentes dans cet album, qui n’ont pas forcément de lien entre elles. Le fil rouge se situe ailleurs, en filigrane, qu’on ne suivra malheureusement pas jusqu’à sa conclusion puisque l’intrigue en question se poursuit après le départ de Vaughan de la série. C’est clairement une frustration, même si en tant que lecteur de comics, c’est quelque chose dont on est familiers. Les missions se suivent donc et ne se ressemblent pas, mais ont tout de même en commun d’être bien ficelées et divertissantes à suivre. Le scénariste ne se lance pas dans des intrigues trop complexes aux multiples ramifications, c’est plutôt simple, direct et efficace. Le degré d’intérêt dépendra du lecteur et de ce que celui-ci attend d’un titre d’espionnage. Il est certain que le choix qui est fait rend les intrigues assez « simplistes », elles manquent sans doute un peu de complexité pour nous tenir en haleine, mais l’avantage est que cela rend la lecture très fluide et plaisante. Et Vaughan nous réserve suffisamment de surprises et de retournements de situation pour conserver notre attention tout du long. Attention tout de même aux cliffhangers un peu « too much » et limite artificiels, qui sont souvent très tentants pour finir sur un moment fort et donner envie de revenir pour la suite, mais cela peut être coûteux en crédibilité. On sait pertinemment que ce n’est jamais aussi grave et irrémédiable que l’on veut bien nous le faire croire. Enfin, on retrouve beaucoup d’humour et de nombreuses références geek, ce dont le scénariste nous a habitués et ce qui rend toujours la lecture un peu plus fun.

Vaughan connaît assez bien la franchise des mutants pour nous donner l’impression que cette série y est intégrée, et ne se déroule pas simplement de son côté. En plus de Xavier, il utilise notamment le personnage de Forge, qui a déjà un passif avec Mystique. Un arc en deux parties met d’ailleurs le duo en vedette et travaille bien sa dynamique. Les auteurs lancent même deux nouveaux bons personnages, que sont l’agent de liaison Shortpack, et la vilaine l’Hôte. Le premier apporte une dose d’humour et de légèreté, tout en donnant le change à Mystique dans les dialogues et la dynamique globale du titre. L’autre détient un pouvoir assez original et s’avère extrêmement dangereuse dans ses confrontations avec Raven . Un vrai petit univers est créé autour du personnage de Mystique pour sa série solo et c’est bien la direction qu’il faut prendre et que l’on attend en tant que lecteur.

Au niveau du dessin, le premier arc de Jorge Lucas n’est pas du tout une bonne publicité pour le titre et donne d’emblée l’indication sur la période de publication de la série. On est début années 2000 mais on a encore tous les mauvais restes des années 90 dans ces dessins. En commençant par les corps féminins hyper-sexualisés et les poses totalement improbables. On a également cet ancrage très fin et les décors pas toujours très crédibles, ni détaillés, qui sonnent très années 90. Lucas a des qualités malgré tout, ces dessins sont très dynamiques et l’aspect assez épuré est finalement agréable à lire. Michael Ryan échange des corps trop sexy contre des corps trop musclés, mais ça passe mieux. Son encrage assez épais et les couleurs feutrées de Matt Mila en font une patte artistique que l’on retient. Et enfin Manuel Garcia est sans doute celui qui s’en sort le mieux, avec un trait plus moderne, une bonne gestion des scènes d’action et de l’expressivité des personnages.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Mystique bien abordée
- Des intrigues directes et efficaces
- De bons personnages secondaires
- L'humour et les références

LES POINTS FAIBLES

- les dessins "90's" de Lucas
- Des cliffhangers "too much"
- Une intrigue de fond dont on n'a pas la conclusion

 

3.5

Série fun et efficace !

Conclusion

Fun, divertissant et bien écrit, ce run de Vaughan reste peut-être trop sobre et n’atteint jamais son plein potentiel, mais nous en donne assez pour passer un bon moment. Un titre qui n’a pas forcément bien vieilli sur tous les aspects, mais qui se lit encore avec beaucoup de plaisir.

 

 

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