Scénariste : MCFARLANE Todd, HINE David
Coloriste : HABERLIN Brian, MILLA Matt, TROY Andy
Illustrateur : MAYHEW Mike, TAN Philip, CANSINO Bing

Le récit qui bouillait depuis des dizaines de numéros parvient à son point culminant ! Spawn doit faire face à ce qu’il craignait depuis sa création : Armageddon est là ! La fin de toutes choses… sans espoir de retour !

La quête d’Al Simmons l’emmène dans les montagnes enneigées du Minnesota, où il est secouru lors d’une tempête par un jeune garçon et sa famille. Mais lorsqu’un groupe de chasseurs est piégé, Spawn doit aller se battre contre une meute d’énormes loups. En rentrant à Chicago, Al est à la recherche d’indices pour percer le plan de Mammon. Il découvre une vieille église, qui abrite un vieil ennemi…

  • Zarkoneil
    Zarkoneil

    il y a 5 ans

    Fin d'un cycle avec ce tome

Delcourt continue la réédition de la série Spawn, et ses intégrales arrivent maintenant au volume 15.  Le précédent tome avait apporté son lot de nouveautés, et avait amené une nouvelle ère pour l’anti-héros. Voyons où cet album nous mène.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, revenons un peu sur le volume 14, dont vous trouverez la critique ici. Une nouvelle équipe artistique avait pris les rênes de la série : David Hine au scénario et Philip Tan au dessin. Ces deux-là avait relancé de manière brillante les aventures de Spawn. Eh bien, bonne nouvelle, on les retrouve dans ce tome 15 qui continue leur run. On passe même à la vitesse supérieure. Nous avions appris que Spawn ne contenait pas en lui uniquement l’âme d’Al Simmons, mais aussi celles d’autres morts. Cette idée est développée dans cet album où on apprend qu’il possède 6000 âmes. En parallèle, on suit un ange, Zera, qui en massacre d’autres. Son but est de lancer l’Armageddon. Pour ça, elle doit trouver Dieu, elle se met donc en quête.

Elle va y parvenir, et va aussi libérer Satan. C’est la première fois dans la série qu’on voit si clairement les deux ennemis. Et la raison est simple, on y est : c’est l’Armageddon! La Terre devient le terrain d’affrontement entre les armées du ciel et celles de l’enfer. Mais un autre personnage prend de l’importance, il est le créateur de Dieu et Satan. Etant déçu de la pagaille qu’ont mis ses enfants, il va soutenir Spawn, et même lui donner plus de pouvoirs. Hine met donc ses pions en place, et donne au récit des dimensions cosmiques. Il pousse l’histoire très loin, et reconstruit des éléments de la mythologie du personnage. Il se permet même de répondre à des questions qui restaient en suspens. Souvenez-vous, au début de la série, Spawn avait un compteur d’énergie : il est de retour ici.

Outre l’être surpuissant qui n’agit pas vraiment, le combat va opposer Dieu, Satan, mais aussi Spawn du coup, qui cherche à sauver la Terre et ses habitants. L’ambiance de cet Armageddon est assez géniale. C’est glauque, sale, violent, flippant… Il y a des millions de morts. On retrouve les thèmes de la série, mais sans retenus. Pourtant, après l’apothéose, la conclusion s’avère assez différente de toutes ces tueries, mais beaucoup plus frappante. Ce final qui révèle des détails intimes de la relation Al/Wanda permet d’ajouter des éléments aux origines de Spawn. Loin donc du bruit de l’Armageddon, c’est bien cette fin qui marque le plus, et c’est remarquable et terrible d’avoir osé faire ça, mais l’idée est excellente.

Clairement, le run de Hine est l’un des meilleurs sur Spawn depuis longtemps, et les dessins de Philip Tan y participent grandement. Son style est sombre, avec beaucoup d’ombre, mais extrêmement précis et riche en détails. Certaines planches sont à couper le souffle, et il n’en fallait pas moins pour raconter l’Armageddon. De plus, l’artiste peut s’en donner à cœur joie sur les différents monstres. Son design des cavaliers de l’apocalypse est vraiment très réussi par exemple. C’est malheureusement la dernière prestation du dessinateur sur Spawn. Il conclut très bien, puisque l’album a une réelle conclusion, et se permet une petite pause. En effet, après celle-ci, nous avons trois histoires totalement indépendantes, ou presque.

Chacun de ces récits se déroulent dans le passé, et se focalise sur d’anciens Spawns. Chacun est aussi dessiné par un artiste différent. Le premier se déroule en Chine médiévale, où l’on découvrira les origines du Spawn Mandarin. Celui-ci est à la base une figurine sortie par McFarlane Toys, et qui a rencontré un tel succès qu’il a été décidé de raconter son histoire. Elle nous est narrée comme une légende, et nous parle de vengeance. Au dessin, Lan Medina s’en sort plutôt bien, même si ça reste assez classique. On retrouve des thèmes forts de Spawn, avec une explosion finale de violence. En un chapitre, une ambiance et une histoire sont racontées de manière efficace.

Le récit suivant s’étale sur deux chapitres, et se déroule dans le far west de 1881. Dans la série Spawn, il se situe une dizaine de chapitres plus loin, mais Delcourt a profité de la bonne conclusion de l’Armageddon pour placer ce récit et le suivant, surtout parce que ce sont des histoires complètes. Au far west donc, nous avons encore une histoire de vengeance, mais aussi une histoire d’amour, et un deal passé avec Mammon pour le compte de Malebolgia. Le récit est plus complexe que le précédent, et les dessins de Brian Haberlin sont très réussis, avec un style peint. Enfin, la dernière histoire est assez différente et se situe durant la première guerre mondiale. Ce dernier chapitre est presque totalement raconté en voix off. Mike Mayhew aux dessins se débrouille bien avec un style très réaliste.

On retrouve dans ces trois histoires des variations sur le personnage de Spawn, avec des thèmes forts de vengeance, d’amour et de rejet à cause d’une différence physique. Les trois sont aussi extrêmement violentes. Les deux dernières ont des liens avec le présent, et Mammon, ce qui s’expliquera dans le prochain tome normalement. Tout ça permet d’étoffer encore plus la légende de Spawn, tout en apportant des modifications bienvenues par rapport à l’histoire d’Al Simmons. Avant, nous avions des séries annexes à la série principale, comme Spawn Dark Ages qui permettaient de découvrir d’autres Spawns. Ces séries n’étant plus présentes, c’est une très bonne idée d’offrir ce genre de variations directement dans la série principale.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

Les dessins de Tan
La fin d’un cycle

LES POINTS FAIBLES

Pas grand-chose

 

4.5

Spawn en forme

Conclusion

Delcourt nous propose ici un excellent tome de Spawn. Nous avons enfin l’apothéose des derniers numéros avec l’arrivée de l’Armageddon, avec une superbe conclusion de Hine, et les riches dessins de Tan. Une réussite !