MDCU tente d'expliquer les raisons de cet échec

Pourquoi DC ne marche pas en France

MDCU tente d'expliquer les raisons de cet échec

bonjour à tous,
Comme vous avez pu le remarquer, la section Dossiers du site a bien changé. Ils sont désormais tous accessible au même format que les news mais vous pouvez les retrouvez directement dans le menu sans avoir à remonter le flux d'actualité.

Contrairement aux news, nous pouvons ici prendre un parti pris subjectif sur le sujet et développer des thèmes plus en profondeur comme aujourd'hui.

Place maintenant au premier dossier nouvelle version de MDCU consacré à la publication de DC en France.



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Lors du Comic Con 2011 de Paris au début du mois de juillet, la nouvelle est tombée : les droits de publication DC allaient changer de mains dès janvier 2012, passant du vendeur de vignettes Panini au numéro un de la BD en France : Dargaud.




Les réactions ont été très variées suite à cette annonce. Certains ont pleurés de joie de voir que des professionnels de longue date du monde de la bande dessinée allaient s'investir dans le monde des comics et d'autres ont regrettés que les récents efforts de Panini pour les publications DC n'aient pas le temps de payer. En tout cas, la donne sera totalement changée en début d'année prochaine, car pour la première fois, une véritable concurrence va se mettre en place avec d'un côté l'exploitation de la totalité de Marvel par Panini et le démarrage d'une toute nouvelle ligne éditoriale pour Dargaud.
À côté, les éditeurs tiers continuent leur développement. Comme Delcourt qui propose un catalogue différent et de qualité, Glénat qui se lance également avec les droits que détenait Merluche Comics et toujours Milady Graphics (affilié à Dargaud) avec ses titres centrés principalement sur l'horreur et la fantasy. Citons aussi d'autres plus confidentiels comme Emmanuel Proust éditions, Dante Comics, Akileos, et Soleil US Comics.


Dargaud se prépare donc à relever un défi qu'aucun n'a réussi jusqu'ici : vendre des comics DC et le faire bien.


Ils sont tous là pour Dargaud



Dans ce dossier, nous allons tenter d'expliquer pourquoi Superman , Batman et les autres n'ont jamais réussi à vendre plus que Spider-Man et les X-men alors que les séries sont intrinsèquement toutes du même acabit. On commencera d'abord par étudier les titres eux-mêmes puis on s'attardera sur l'historique des publications françaises assez… compliqué, voire incompréhensible.


Le problème ne viendrait-il pas directement des titres?




1- DC = Difficile à Comprendre

Avant de se pencher sur la calamiteuse publication en France des titres DC, il serait bon de se pencher sur les titres en eux-mêmes qui ne sont pas forcément faciles à appréhender.

Petit historique
DC comics a réellement débuté en 1938 avec la publication d'Action Comics #1 introduisant pour la première fois le personnage de Superman . D'autres titres ont suivi comme Adventure Comics, Detective Comics, et des séries éponymes aux noms de leurs protagonistes sont apparus : Batman, Superman, Wonder Woman, etc. Rapidement l'idée de les faire cohabiter dans le même univers pour les faire agir en équipe apparaît comme évidente et audacieuse. Voir tous ses héros favoris réunis pour affronter le danger est beaucoup plus excitant.


Premières apparitions de la JSA(1940) et de la JLA (1960)



Avec la nouvelle version de Flash parue dans [/i]Showcase #4[/i], il est établi qu'il existe une multitude d'univers parallèles, sur lesquels différentes équipes et versions des personnages vivent. Les héros du Golden Age (ceux des années 30) ne sont pas dans le même monde que ceux du Silver Age (des années 50).
Par exemple, dans le Silver Age, Green Lantern tient son pouvoir d'une force alien alors qu'auparavant, Alan Scott, le premier Green Lantern utilisait une lanterne magique et un anneau qu'il avait lui-même fabriqué.
Ces différences amènent à certaines confusions entre chacune des "Terres" comme on les appelle.

Au fil des années, le statu quo devient de plus en plus difficile à expliquer et en 1985, DC décide mettre un terme à cette cacophonie avec Crisis on Infinite Earths. Grâce à l'apparition d'un nouveau méchant détruisant un à un tous les univers qu'il visite, il ne reste plus qu'une version de chaque héros sur une seule terre ou toutes les aventures se dérouleront dorénavant. C'est la première des "Crisis".


C'est le bordel!



Tout se passe bien ensuite, on réexplique les origines de chacun comme avec Batman Year One de Frank Miller et tout ce beau monde vit des aventures formidables affrontant des super vilains très très méchants seuls ou en équipe pour voir triompher le bien dans tout l'univers.

Sauf que voilà, le passé laisse des traces et récemment, les auteurs Geoff Johns et Grant Morrison ont décidé de faire revenir les terres parallèles lors de gros crossover : Infinite Crisis et Final Crisis. Des versions alternatives ressurgissent et on sous-entend que les terres parallèles existent toujours.


Voilà pour le rapide rappel censé vous expliquer pourquoi lire DC n'est pas de tout repos. Pour les nouveaux lecteurs, découvrir qu'il existe une multitude d'autres terres est assez perturbant, mais pour les anciens lecteurs qui tentaient de comprendre et d'établir un tant soit peu de continuité au travers des quelques publications VF (nous allons y revenir plus tard), c'était mission impossible.
DC subit malheureusement les conséquences de sa longévité. Plus on écrit d'histoires, plus le passé à prendre en compte est important dans les scénarios. Malgré quelques reboots de personnage comme Batman en 1987 (Miller) ou Superman Man of Steel en 1986 (Byrne) qui tentent de donner de nouvelles origines plus modernes aux héros, on retourne rapidement au même point.


2-DC vs Marvel

En 1961, DC se voit confronter à l'apparition de son principal concurrent Marvel qui après sera toujours au coude à coude en terme de ventes et de réception face au public. Cette opposition entre les deux géants va façonner la ligne éditoriale de DC, qui se veut différente de la maison des idées.

Quand Stan Lee crée les Quatre Fantastiques, Spider-man et tous ses autres héros, il le fait en réaction aux publications DC. Pour lui, les héros manquent d'humanité et il veut que les lecteurs puissent s'identifier aux héros. Peter Parker est un jeune adulte qui galère pour payer son loyer et subit les réactions hostiles des gens qu'il sauve. Les X-men sont victimes de racisme, Hulk est poursuivi comme un monstre et Captain America représente l'essence même de l'Amérique. Stan Lee veut représenter le monde moderne dans ses personnages alors que DC a une vision plus symbolique de ses protagonistes.


Peter Parker est déjà une victime de moquerie à sa première apparition



DC a créé des icônes intouchables, des personnages qui représentent des idéaux. Superman est un immuable boy-scout aux valeurs bien-pensantes. Green Lantern représente la force de la volonté et de l'imagination, et on pourrait développer pour chaque héros de l'éditeur. Ces caractéristiques font des personnages des êtres basés sur des concepts alors que Marvel s'adapte continuellement à la société et à ses changements.
Par exemple, le monde Marvel est totalement intégré à notre réalité. Les attentats du 11 septembre ont existé et on croise parfois des figures politiques ou médiatiques dans les pages des comics. Contrairement à DC, où parfois on fait référence à notre monde, mais sans que cela puisse avoir une quelconque influence. Mais ce parti pris n'est pas forcément négatif, c'est simplement une différence assumée par les deux éditeurs qui arrange tout le monde, car elle diversifie l'offre donnée aux lecteurs.
D'un côté, les auteurs DC sont plus libres de faire évoluer l'Histoire (avec un grand H) alors que Marvel doit parfois gérer avec l'actualité (guerre en Irak, élection présidentielle, etc). Par contre, cela peut aussi entraîner un manque de renouvellement des scripts, car l'univers n'évolue pas et c'est souvent les mêmes histoires qu'on nous raconte, année après année.

DC pourrait donc être victime d'un manque de modernité et d'identification dans son monde et ses personnages. Aux lecteurs de décider si c'est un avantage ou un inconvénient, mais c'est la principale différence entre La Maison des idées et la Distinguée Concurrence.


Une publication française calamiteuse




1-Les débuts

Il ne faut pas se leurrer, en France, si DC ne fonctionne, c'est à cause de son histoire éditoriale.
On vient de voir que même en VO, c'est difficile d'accrocher les wagons. Alors quand en France, les éditeurs se succèdent et les mauvaises décisions s'enchaînent, il est logique d'expliquer un tel exil vers Marvel.

Au départ, les petits strips qu'étaient les publications DC sont parus dans de nombreux magazines comme Spirou ou l'Astucieux, aux alentours des années 40. Puis la censure va interdire les super-héros américains sur le sol français jusqu'en 1965 ou un éditeur belge va sortir un magazine entièrement consacré à Superman.
À cette époque, plusieurs terres et plusieurs hommes d'aciers existent déjà. De plus, au début des années 60, Stan Lee et Jack Kirby donnent vie à leur première fournée de surhommes et créent Marvel.
Interpresse commence donc pour la première fois à implanter DC en francophonie dans un magazine régulier et essaie d'attraper des lecteurs en expliquant au mieux les origines de cet alien surpuissant.




Dans les années 70, c'est Sagédition qui récupère les droits et s'attelle à publier de nombreux magazines. Les ennuis commencent alors. Les séries se multiplient et se succèdent. Dans chaque numéro, plusieurs séries cohabitent, mais elles peuvent changer d'un mois à l'autre. La parution n'est pas toujours régulière et les formats changent souvent.
Ainsi, on peut prendre pour exemple Superman dont les aventures ont été éparpillés (entre autres) dans les revues : Superman Poche, Superman Géant, Superman et Batman , Superman et Batman & Robin, Superman et Batman & Robin géant.
La plupart du temps, tout est publié dans l'ordre, mais sans le web à l'époque, allez savoir dans quel numéro allait être publié la suite de l'aventure que vous veniez de lire. Souvent, les noms des épisodes VO n'étaient même pas donnés, ce qui rendait la chasse encore plus dure.


Superman+Batman+Robin+Flash...



La malédiction continue alors que c'est Aredit/Artima qui reprend le flambeau et commence de nombreux magazines dans lesquels les noms des super-héros n'apparaissent pas. En vrac, nommons Comics Parade, Les Défenseurs, Super Star comics, dans lesquels il faut feuilleter pour trouver qui sont les protagonistes.
Pire ! Certains magazines portent le nom de héros qui ne figurent même pas à l'intérieur comme DC Flash qui contient surtout les aventures de Firestorm.
Autre exemple, le magazine Les Jeunes T regroupait le formidable run de Perez/Wolfman sur les Teen Titans. Tous les épisodes sont contenus dans ce magazine SAUF les 5 premiers de la série New Teen Titans que l'on peut lire dans Super Star Comics #1, #2 et #3.
Mais ne soyons pas trop négatifs, même s'il y a eu plus de défauts que de qualité, énormément de sorties sont à dénombrer, la quantité a plus joué que la qualité (on verra plus tard que ce sera différent avec Panini).
Dans les réussites, on peut parler de La ligue de Justice , des jeunes T, ou de l'essai Shazam. Et je ne vous parle pas des titres en dehors de DC comme Conan qui ont enthousiasmé toute une génération.


Un numéro #1 avec Darkseid en méchant… Ça nous dit quelque chose



Aujourd'hui, certains sites comme Comics VF permettent de référencer beaucoup de ces parutions, au plus grand bonheur des fans collectionneurs en détresse.


2-Marvel s'impose

Le désintérêt pour DC naît aussi en comparaison de la montée de Marvel en France. En janvier 1970 parait le premier numéro de Strange, un titre devenu mythique et dont les premiers numéros se vendent à plusieurs centaines d'euros aujourd'hui.
Le numéro #1 regroupait les premières aventures des Uncanny X-men, d'Iron Man, de Daredevil et du Silver Surfer, en faisant instantanément une légende.


La légende



Mois après mois, les éditions Lug (qui deviendront Semic) parviennent à créer un engouement pour leur magazine et la sortie de Strange devient un rituel pour de nombreux fans de super-héros. Leur réussite vient aussi du fait qu'ils ne multiplient pas les revues indéfiniment.
Nova et Spidey vont se greffer à Strange. Le premier accueillera surtout des aventures cosmiques et le second se centrera sur l'homme araignée. On peut aussi compter Titans dans les grands titres de Lug qui contiendra plus tard les principales séries X-men.
Les séries sautent parfois de magazine en magazine, mais c'est bien plus abordable que le chemin de croix qu'il faut traverser pour lire correctement DC.

L'héritage de Strange en France est énorme (si l'on relativise au petit monde des comics). Toute une génération de soixante-huitards a commencé à lire des histoires de super-héros avec Strange. Et les magazines sont passés de père en fils encore jusqu'aux générations récentes. Qui n'a pas un père ou un oncle qui possède un numéro de Strange rangé au milieu d'Asterix et Blake et Mortimer?

Lug/Semic a permis l'implantation de Marvel et a fidélisé beaucoup de lecteurs. Le revers de la médaille est arrivé en 1997 quand les droits ont été récupérés par Panini qui à l'époque publiait sous le nom Marvel France.


Exit Marvel



En juin de la même année, Lug décide de continuer Strange mais avec les héros de la concurrence : DC. Le relaunch de la Justice League of America par Grant Morrisson et Howard Porter était une occasion rêvée pour donner un second souffle au magazine. Ils accompagnent l'équipe phare avec Batman, Flash, Wonder Woman ou encore Impulse. Les ventes ne suivront pas et Semic décide de recommencer à zéro l'exploitation de ses licences.

Sans Marvel, ils lancent beaucoup de magazines tels que JLA, Batman, Superman,Spawn, Wildstorm, Wildcats, etc. De grand succès, mais les titres DC ont du mal à se faire une place perdus au milieu des autres franchises malgré des parutions librairies avec les Semic Books qui regroupent des arcs entiers inédits.
Toute cette bonne volonté n'a pas suffit à pérenniser Batman et les autres. En 2005, Panini récupère les droits et devient le leader absolu du comics en France en détenant les deux éditeurs phares américains. Les concurrents sont dépassés et cette suprématie va durer 10 ans.


3- L'ère Panini

Ça commence mal

Avec le passé de Marvel en France, Panini n'a pas eu de mal à multiplier les revues Marvel. En quelques années, les magazines X-men, Spider-man, Marvel Icons, et consorts ont trouvé leur public et, couplés avec des sorties librairies cohérentes, les lecteurs français peuvent lire presque toutes les parutions américaines traduites chaque mois avec un décalage d'environ un an.

Quand commence la publication DC, le fabricant de vignettes est plus prudent. Pas sur de l'intérêt du public, trois revues lancent la ligne éditoriale : Batman; Superman et DC Universe. Si le contenu des deux premières est évident, la troisième sert à attirer des nouveaux lecteurs avec des histoires et des personnages à succès outre-Atlantique. Citons la JLA, Flash et surtout Green Lantern comme des récurrences du mag. La tactique de Panini est bonne et les ventes sont correctes.




La cohérence avec la période Semic est bien abordée. Les sorties librairies changent seulement de design, mais des titres comme Gotham Central, bien que plusieurs formats se soient succédé, sont parus intégralement.
Lors du premier crossover sous l'ère italienne, Panini mise gros et accompagne les magazines de cinq Big Books ( ou Monster) qui complètent Infinite Crisis qui ne trouveront pas leur public.
Refroidi, les choix éditoriaux vont alors mener à plus de frilosité.

Les deux magazines Batman et Superman vont fusionner en un seul: Superman & Batman et à part de rares recueils souples ou des rééditions, suivre l'univers DC devient plus compliqué. Le succès de Green Lantern et la qualité de ses histoires vont transformer le magazine DC Universe et lui faire gagner ses tranches vertes. Seules la JSA et la JLA vont survivre à côté de Hal Jordan et ses amis colorés.


beaucoup de vert



Final Crisis, un évent très compliqué à comprendre même en lisant tous les tie-ins sera très peu exploité et le succès n'est forcément pas au rendez-vous.
Panini semble résigné ne cherche plus la bonne surprise qui lui fera vendre des tonnes de séries DC alors que pour Marvel, tout sort, tout se vend et sous tous les formats.

La plupart de ces échecs ont une explication. Superman et Batman sont les deux figures qui font le plus vendre et ils trustent les ventes ce qui amènent Panini (qui veut quand même gagner un maximum de sous) à trop en faire. Les magazines foisonnent et on se croirait au temps d'Artima : Batman, Superman, Batman & Superman, Superman & Batman, All-star Batman , All-star Superman , Superman & Batman hors série.
Les géniales Identity Crisis et Infinite Crisis sont publiés dans Batman & Superman. Pourquoi ce choix ? Le lecteur ne comprend pas, car ce ne sont pas les deux héros qui sont les plus présents à l'intérieur des pages.

Autre exemple avec Wonder Woman. Un Big Book paraît en février 2006 et n'aura pas de suite. Le mini-event : Amazons Attack ! vient occuper deux numéros du magazine DC Univers hors série. Deux volumes DC Heroes (regroupant chacun un arc entier) sortent en mars 2008 et juin 2009. Dix numéros manquent entre les deux. Et le principal problème vient du choix des numéros justement, car les fans s'accordent à dire que la suite va en s'améliorant.
Flash subira à peu de choses près le même traitement : Big Book/DC Heroes et s'arrêtera à cause des faibles ventes que l'on peut principalement attribué à la mauvaise qualité des scripts. Certes Panini n'est pas coupable des choix de l'éditeur VO, mais il est dommage de passer à côté d'autres bonnes séries ou d'arcs majeures.

Mais ne soyons pas que négatifs. Certaines parutions étaient de vrais partis pris. La saga Seven Soldiers of Victory de Grant Morrisson, qui n'a pas eu grand succès outre-Atlantique est parue en intégralité dans la collection DC Heroes. Supergirl a eu sa chance, mais n'a pas convaincue. De même pour Green Arrow .
Tous ces numéros 1 sans suite sont aussi révélateurs des conséquences de l'édition calamiteuse de DC dans le passé.


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Faisons un petit aparté dans cette longue période Panini pour se consacrer à un autre problème majeur.
Là, à ce point de la lecture, vous vous dites sans doute que nous les éditeurs n'ont jamais fait les bons choix pour DC, mais n'est-ce pas la faute des lecteurs qui n'achètent pas assez?

On a vu avant que Marvel s'était implanté éditorialement grâce à Strange, ce qui a mené à une demande importante des fans qui voulaient que cela continue. Mais d'ou vient la demande de DC si les fans n'ont jamais accroché aux comics?

Tout simplement des autres médias. Après le Superman de Richard Donner, en 1989 sortait sur les écrans du monde entier Batman réalisé par Tim Burton et explose tous les chiffres du box-office en étant le premier long-métrage a rapporté plus de 100 Millions de dollars en moins de dix jours d'exploitation.





Le succès est planétaire. Ce film est le premier à adapter sur grand écran un super-héros de manière aussi fidèle. Il y avait eu bien des années avant des séries télé ou des films sur Batman , Captain America ou Superman mais les moyens techniques ne permettaient pas de mettre en image les aventures des super-héros.
Trois autres suivront, avec plus ou moins de qualité et de succès mais Batman est devenu une icône encore plus populaire qu'il ne l'était. Il faudra attendre 2002 pour que Marvel riposte et propose Spider Man et un développement de la franchise Marvel au cinéma.

Même si maintenant, c'est la maison des idées qui devance DC sur au niveau cinématographique, la Distinguée Concurrence mène toujours sur un autre niveau: l'animation.


De même que pour les films, il y a eu énormément de dessin animé de super-héros mais la vraie révolution arriva en 1992. La même année débutent deux séries: Batman: The Animated Series et X-men: The Animated Series.


un bout de notre enfance



Si la deuxième est culte pour les fans, c'est bien celle de Batman qui connu le plus grand succès en France. Bruce Timm est l'architecte derrière ce chef d-'oeuvre. Il crée une ambiance sombre et malfaisante dans un programme pour enfants et le rend plus adulte. La série remportera des dizaines de récompenses et lancera une domination de DC sur Marvel qui dure encore aujourd'hui. Suivront ensuite Superman: The Animated Series en 1996, Batman Beyond en 1999, Justice Leagueen 2001 et Justice League Unlimited.

Chez Marvel, Spider-man eu aussi son heure de gloire en 1994 mais la barre était si haute que c'est de Batman dont tous les enfants de cette génération se souviennent.

Malheureusement, les téléspectateurs n'achètent pas tous de comics et peu vont faire l'effort de poursuivre leur intérêt en achetant les magazines français. C'est sans doute de là que viennent la majorité des jeunes fans de Batman et les autres qui demandent aujourd'hui toujours plus de DC à la vente. Et cela explique aussi les différences de ventes entre les deux éditeurs.


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Mais ça finit bien

En 2010, Panini revoit sa copie, poussé par des fans en manque de lecture. Ils profitent de la mort de Batman (si, vous le saviez, je ne spoile rien) pour arrêter le magazine Superman & Batman et en commence un autre : Batman Universe. BINGO : énorme succès pour ce magazine dont le numéro 1 se trouve à des prix indécents d'occasion sur le net.


Un numéro de Batman sans Batman



Panini semble avoir trouvé la bonne formule. Batman sort bimestriellement, d'abord par 100 pages puis 120, Superman est édité en Big Book et les principaux évènements comme le retour de Barry Allen , paraît dans une nouvelle revue DC Heroes (à ne pas confondre avec la collection DC Heroes en librairie).
Il faut dire que la qualité est là, et le méga crossover Blackest Night bénéficie d'une couverture presque totale avec un Big Book et des tie-ins dans le magazine DC Heroes.

La machine semble s'être remise en route et les annonces se suivent pour étoffer l'offre. Brightest Day, le post Blackest Night va même se voir consacrer un magazine, les hors série de Batman se multiplient et on attendait beaucoup de nouvelles parutions pour l'année 2012, mais l'annonce de la reprise des droits par Dargaud lors du Comic con de Paris a fait l'effet d'une bombe. La pente ascendante s'est immédiatement transformée en faux plat.


4-Au tour de Dargaud

Le nouvel acquisiteur de la licence a eu l'énorme chance de voir naître à quelques semaines de différence une autre information de taille : le relaunch DC. On l'évoquait dans la première partie de ce dossier, la continuité était un obstacle à l'innovation chez DC, ainsi les patrons Jim Lee et Dan Didio ont décidé de régler le problème de manière drastique.
En septembre 2011, tous les titres DC recommencent au numéro #1, ce qui fournirait un point départ idéal pour lancer une nouvelle ligne originale.
Mais l'exploitation de Panini se terminera le 31 décembre et Dargaud a annoncé que le premier trimestre serait pauvre en parution.





Alors vont-ils attendre quelques mois de plus sans rien sortir et profiter du relaunch DC pour offrir un nouveau départ aux lecteurs ou bien une poursuite du programme de Panini servira-t-elle à mettre un terme à l'ère qui a pris fin avec l'évent Flashpoint. Ce dernier choix pourrait être vu comme une période d'entraînement avec des tests entre kiosque et librairie (Dargaud ayant déjà annoncé qu'il souhaitait mettre les sorties magazines en avant), mais cela risque de semer le trouble quand après seulement quelques mois, tout recommencera à zéro.

Les premières annonces seront faites dès que Panini aura révélé la fin de son exploitation de la licence DC et MDCU est sur le coup pour vous apporter au plus vite toutes les nouvelles informations relatives à ce nouveau départ.