Les 15 évènements majeurs de l'industrie du comics

Les 15 évènements majeurs de l'industrie du comics

Cet article est la retranscription écrite d'une conférence proposée par MDCU lors du Angers Geekfest 2023.

Depuis plusieurs années maintenant, il n'est pas rare que des membres de la team MDCU soient invités à des conventions afin d'y animer des conférences sur un thème donné. C'est ainsi que, l'année dernière, nous avons été invité une fois encore au Angers Geekgest afin d'y animer trois conférences. L'une d'elle a été intitulée "Les 15 évènements majeurs de l'industrie du comics" (entendez par là, les 15 évènements qui ont donné une certaine visibilité aux comics ou qui ont fait qu'ils ont été, durant une période donnée, au centre des conversations). Aujourd'hui, et dans le cadre des 15 ans du site, nous avons décidé de faire une version rédigée de ladite conférence. Vous trouverez le classement ci-dessous. Bien sûr, il s'agit là d'un classement qui possède une part de subjectivité. Néanmoins, il est important de noter que les quinze évènements ont été discutés en interne par l'ensemble du staff et que nous nous sommes basés sur les ouvrages traitant de l'Histoire de l'industrie du comics. Enfin, et pour plus de clarté, il est à noter que les quinze évènements vous sont proposés par ordre chronologique et non par ordre d'importance. Bonne lecture à tous !

1. Fin XIXème siècle : Le premier comic strip

Lorsque l'on raconte une histoire, il faut commencer par le commencement. Pour parler des comics, c'est pareil. Il faut remonter aux origines. Le premier pas des comics dans le domaine culturel remonte au XIXème siècle lorsqu'apparaissent les premiers comic strips, considérés comme étant les ancêtres du comic book. A l'époque, il s'agit de petites histoire humoristiques publiés dans la presse. Pour ce qui est du premier comics, sous-entendu, l'édition d'une BD de 32 pages et dont l'unique but est l'édition de la BD en elle-même, il faut attendre 1933. 

 

2. Création de la trinité de DC Comics à partir de 1938

Cinq ans après l'apparition du premier comic book, DC Comics (à l'époque National Allied Publications) publie Action Comics #1 (en avril 1938). Ce numéro lance les bases des comics les plus populaires de l'époque. Une sortie qui va véritablement mettre la BD sur le devant de la scène. On doit ce succès avant tout à Jerry Siegel et Joe Shuster, les créateurs de Superman qui devient celui que l'on considère comme étant le premier super-héros moderne. L'année suivante, c'est Detective Comics #27 qui met en avant un autre personne extrêmement connu et apprécié les lecteurs de comics : Batman. Créé par Bill Finger et Bob Kane, ce personnage a vu sa mythologie se développer extrêmement rapidement avec les premières apparitions de Catwoman, Hugo Strange, Gueule d'Argile et du Joker (pour ne citer qu'eux) dès la première année suivant l'apparition du Chevalier Noir . Enfin, en décembre 41, c'est Wonder Woman qui fait sa première apparition dans All-Star Comics. Créé par William Moulton Marston, Wonder Woman s'est fait une place dans l'industrie de la BD au moment où la figure héroïque féminine avait du mal à s'imposer. 

Il est donc à noter que, dans les faits, la trinité de DC Comics est présente dès 1942. Par contre, leur mise en place au sein de la Justice League ne se fera qu'une vingtaine d'années plus tard.

Selon nous, la création de ces trois personnages est si importante que chacune d'entre elle aurait mérité d'être l'un des 15 évènements majeurs de l'industrie du comics. Néanmoins, le fait qu'il s'agisse de la création de trois personnages et, qui plus est, de trois créations survenues plus ou moins au même moment, nous a poussé à les placer dans un même évènement.

 

3. Création du Comic Code Authority et transformation de la BD américaine

En 1954 sort Seduction of the Innocent. Un livre dans lequel le "psychiatre" Fredric Wertham explique que la délinquance juvénile américaine est due aux comics. Suite à cela, une organisation de régulation des BD est mise en place : le Comic Code Authority (dans les faits, il y avait eu une première tentative d'instaurer un code quelques années plus tôt mais celle-ci se révéla être un échec). A partir de ces instant, les éditeurs le désirant peuvent soumettre leurs titres pour avoir le fameux logo "approved by the the comic code authority".  Qu'est-ce qu'un comics approuvé par le code ? C'est un comics dans lequel il n'y a pas de violence excessive, pas de sexe, pas de ridiculisation des figure d'autorité, pas de vampires, de loup-garous et autres, pas de tabac, pas d'alcool, pas de drogue (même pour dénoncer ses méfaits), pas de scènes dénudées, pas de moquerie envers un groupe racial ou religieux... On mettra également en avant l'idée selon laquelle le bien triomphe toujours. A l'époque, il était important pour les éditeurs de s'y conformer afin de "montrer patte blanche", montrer qu'ils se sentent concernés par ces accusations et qu'ils combattent ce phénomène en ayant des comics approuvés par une entité supposée être gardienne d'une certaine morale. Toutes ces règles vont profondément changer l'industrie des comics et transformer l'ensemble des scénarios proposés jusque-là.

 

4. 1956 : Début de l'âge d'argent et retour en grâce des super-héros 

Il est communément admis que la sortie de Showcase #4 marque le début de l'âge d'argent de l'industrie des comics. Dans les faits, il s'agit d'un top départ pour le renouveau des super-héros. A partir de 1956 (et durant quelques années), de nombreux super-héros vont pointer le bout de leur nez pour la première fois tels que Hawkman ou encore Atom. Plus important encore, des super-héros bien connus vont également revenir sur le devant de la scène avec un tout nouveau personnage, bien plus connu et apprécié que la première version. En effet, c'est à cette époque que le personnage de Hal Jordan aura ses premières aventures (un super-héros qui remplace l'ancienne version du Green Lantern tenue par Alan Scott). Idem pour Barry Allen, le nouveau Flash, qui remplace Jay Garrick. L'idée de la séparation entre les deux générations sera renforcée par Flash of Two Worlds / Flash des Deux Mondes (par Gardner Fox et Carmine Infantino) qui voit, pour la première fois dans une même histoire, l'apparition des deux Flash Barry Allen et Jay Garrick .

5. 1961 et la création des Quatre Fantastiques

Les Quatre Fantastiques sont des incontournables de la BD américaine et la première équipe de l'écurie Marvel. Néanmoins, ce n'est pas tant les personnages en eux-mêmes qui sont à mettre en avant dans ce cinquième point. Non, ici, nous saluerons surtout le fait qu'il s'agisse là du premier gros comics signé par le duo le plus connu de l'industrie du comics : Stan Lee et Jack Kirby. Un duo qui fera des merveilles durant de nombreuses années au sein de la Maison des Idées qui entrera dans ce que les fans appellent communément "l'âge d'or de Marvel". Cette date marque également les véritables débuts de Stan Lee aux scénarios et, par extension, les débuts de la fameuse "Méthode Marvel" qui sera employée jusqu'à ce qu'il ne monte en grade et donc, qu'il soit plus distant avec l'écriture des scénarios.

6. 1973 : La mort de Gwen Stacy

Oui, ce n'est "que" la mort d'un personnage... Mais quelle mort ! Gwen Stacy meurt dans The Amazing Spider-Man #121. Dans les faits, elle est balancée du haut du pont George Washington et, pour une fois, Spider-Man n'arrivera pas à temps (on peut même dire qu'il arrivera au pire des moments si on part du principe que c'est lui qui, indirectement, a peut-être donné le coup de grâce à la jeune femme). Et si les morts dans les comics sont aujourd'hui un running gag et prêtent à sourire, en 1973, c'était une autre histoire. En fait, cette mort (une grande première dans ce media à cette l'époque, rappelons-le) a tellement marqué les fans que le scénariste Gerry Conway a reçu un nombre incalculable de menaces de mort. Pire encore, Stan Lee ne l'a absolument pas soutenu et a nié avoir été mis en courant de son décès lorsqu'il avait été interrogé sur le sujet lors d'une conférence avec des étudiants. Ce petit mensonge de Lee (car oui, vu sa position, il est hautement improbable que Lee n'ait pas été mis au courant de la chose) a placé Conway dans une situation extrêmement délicate et il déclarera d'ailleurs à ce sujet "Lee m'a envoyé au casse-pipe, je ne peux même plus aller en convention". C'est dire si la portée de cette décision scénaristique aura chamboulé le milieu de la BD américaine. Et même si, aujourd'hui, le temps fait que l'on relativise un peu la mort de la jeune femme, la scène n'en reste pas moins exemplaire en terme de mise en scène. Elle reste l'un des points culminants de l'affrontement Bouffon Vert / Spider-Man et, bien sûr, l'un des évènements majeurs de la vie de ce dernier et, sans doute aujourd'hui encore, l'un de ses plus grands échecs.

7. 1978 : Sortie du titre "Un pacte avec Dieu" écrit par Will Eisner

Difficile de parler de comic book sans parler de Will Eisner. Et difficile de parler de Will Eisner sans parler de son titre Un pacte avec Dieu. C'est donc ce titre que nous avons choisi.

En fait, il s'agit d'un long recueil d'histoires sociales en noir et blanc. Fréquemment réédité, il est actuellement disponible du côté de Delcourt (et nous vous le conseillons). Le titre est également connu pour avoir popularisé le terme de graphic novel. Plus un argument de vente qu'un véritable fait, cette distinction va mettre en avant l'idée selon laquelle vous avez d'un côté la bande dessinée (sous-entendu, des dessins avec des phylactères pour les gosses) et d'un autre côté le roman graphique (sous-entendu, un roman pour les adultes mais avec des dessins). Vous l'aurez donc compris, dans les faits, la barrière entre les deux est très fine même si on part plutôt du principe qu'un roman graphique sera plus travaillé, plus sérieux et proposera des thèmes plus adultes. 

Pour l'anecdote, un prix porte le nom de l'auteur : le prix Eisner. Il est décerné à des acteurs de la BD à la comic con de San Diego. A ce jour, celui qui a eu le plus de récompenses est Alan Moore avec 24 récompenses mais nous en reparlerons un petit peu plus bas.

8. 1985 : Crisis on Infinite Earths. Et Batman : Dark Knight. Et Watchmen. Et Maus.

En 1985, DC veut faire le ménage dans ses personnages. Pour autant, il n'est pas question de se contenter de faire un tri en interne. Non, DC voit les choses en grand et désire expliquer, du point de vue du scénario, tous les changements à venir. Pour cela, ils mettent en place la première des "crisis", un crossover gigantesque qui n'a d'égal que ses repercussions. Pour cette fois, on parle d'unification des terres par l'Anti-Monitor, de la mort de Supergirl et de Flash pour ne citer qu'eux. A la même période, et toujours chez DC, Frank Miller et Lynn Varley redéfinissent le Chevalier Noir à travers leur titre The Dark Knight Returns. Un titre sombre, souvent imité mais jamais égalé, qui se trouve systématiquement dans le top 10 des lectures Batman . Ces deux oeuvres, en plus de Maus d'Art Spigelman et de Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons, vont mener les comics vers une nouvelle ère dans lesquelles les récits se veulent plus matures. C'est le passage de l'âge de bronze à l'âge moderne. Un âge dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui encore.

 

9. Fin des années 80 et la British invasion

Nous devons beaucoup à Karen Berger. Editrice chez DC Comics, elle sera la personne qui aura permis à Alan Moore d'écrire Swamp Thing et, par la suite, Watchmen. Elle sera aussi celle qui permettra à Neil Gaiman de travailler sur Black Orchid puis Sandman. C'est avec ces deux noms, Moore et Gaiman, que débute ce que l'on appelle "l'invasion britannique". Non seulement les trois titres cités sont des succès mais, en plus, ils s'avèrent très influents dans le monde de la littérature, donnant les lettres de noblesse aux comics pour les non-initiés. Par la suite, Berger créé la ligne Vertigo, qui se veut plus adulte. Cette approche permettra les parutions de Sandman, Hellblazer, Preacher, Y le dernier Homme, Fables, V pour Vendetta... Autant d'oeuvres qui se retrouvent avec une légitimité inédite dans le milieu littéraire au sens large pour l'époque. Parmis les artistes dénichés par Berger, vous avez, en plus de Moore et Gaiman, Garth Ennis, Grant Morrison, Dave Gibbons ou encore Peter Milligan. Une première vague qui laissera la porte grande ouverte pour d'autres artistes tels que Mark Millar, Warren Ellis, Alan Grant, Frank Quietly et Bryan Hitch. Bref, Karen Berger et l'invasion britannique nous ont donné des oeuvres encore massivement lues aujourd'hui, adaptées sur d'autres mediums et qui sont encore très bien perçues en plus d'être d'une influence certaine dans l'industrie.

 

10 : Milieu des années 90 ou le crash économique signé Marvel

A la fin des années 80, les premiers numéros des différentes séries ont commencé à prendre de la valeur. Voyant cela, Marvel a multiplié les numéros 1 mais aussi les variant covers, les covers brillantes ou encore les covers avec des cartes à collectionner. Dans un premier temps, cela a plutôt bien fonctionné puisque les spéculateurs et les collectionneurs se sont jetés dessus. Sauf que, très rapidement, les numéros 1 édités vont arrêter de prendre de la valeur. L'explication est on ne peut plus simple : trop de numéro 1, en trop grande quantité et pour des histoires aux qualités plus que discutables. Lorsque les acheteurs s'en sont rendus compte, ils ont arrêté d'acheter. Ce revirement a fait que l'industrie s'est tout bonnement cassée la figure et les boutiques se sont retrouvées avec un nombre incroyables d'invendus sur les bras. A cette époque, Marvel a frôlé la banqueroute et était à deux doigts de condamner toute l'industrie de la BD américaine.

11. 1992 : Une nouvelle image de l'industrie des comics

Image Comics nait d'un désaccord tenace qui existe entre les créateurs et les maisons d'éditions. Les points de vue sont simple à résumer. Les créateurs disent qu'ils créent mille personnages et qu'ils n'ont aucun droit d'auteur. Les éditeurs disent que les créateurs sont payés pour... créer. Il est donc normal qu'ils créent des personnages, ils ne vont pas en plus leur donner des droits d'auteurs. Or, à la fin des années 80 et au début des années 90, certains auteurs de Marvel deviennent des superstars. Les fans n'achètent plus pour le super-héros mais pour les auteurs qui sont aux commandes. C'est ainsi qu'après une ultime tentative de négociations infructueuse, pas moins de sept auteurs quittent Marvel : Todd McFarlane, Jim Lee, Erik Larsen, Rob Liefeld, Marc Silvestri, Whilce Portacio et Jim Valentino. Ensemble, ils mettent en place Image Comics donc et instaurent la règle tant attendue : tous les créateurs garderont la propriété de leurs personnages et de leurs oeuvres. Dans les faits, ce n'est pas le premier éditeur à proposer quelque chose de ce genre. Après tout, Dark Horse propose que les profits soient divisés entre l'éditeur et les auteurs dès 1986. Par contre, c'est la première fois que Marvel perd autant de "stars" d'un coup. Un revirement qui fera du bruit dans le milieu. Aujourd'hui, Image Comics est souvent le troisième éditeur aux Etats-Unis. Et même s'il y a un fossé entre lui et le numéro 2 (DC Comics) et le numéro 1 (Marvel), de nombreux titres qu'ils proposent sont, depuis longtemps, considérés comme étant des incontournables de la BD américaine et ce, tant par les lecteurs que par les critiques spécialisées.

12. 1992 : La Mort de Superman

Ici, ce n'est pas tant la mort du personnage qui importe. Après tout, sa mort en elle-même est loin d'être exceptionnelle du point de vue du scénario dans le sens où elle se résume à un affrontement perdu. Un affrontement violent, certes, mais qui n'en reste pas moins un affrontement face à un super-vilain dont nous ignorions encore les origines à ce moment-là. Souvent, les lecteurs auront même tendance à préférer ce qu'il y aura après la mort du super-héros c'est-à-dire les apparitions de Steel, Cyborg Superman , Superboy et l'Eradicator. Non, ici, c'est bien l'évènement à savoir la disparition d'une icone qui marque, qui choque. Rendez-vous compte... Superman est mort ! A l'époque, tous les Etats-Unis ont suivi cela en temps réel. Le récit de Dan Jurgens est même passé aux informations. Ce choc s'explique du fait qu'à l'époque, la mort n'était pas encore tournée autant au ridicule. Oui, des morts étaient déjà revenus à la vie mais après 20-30 ans. Une durée qui peut être divisée par dix de nos jours (pour certains spécialistes, c'est peut-être la mort de Superman qui a déclenché ce principe de "mort temporaire", certains allant jusqu'à dire que La mort de Superman n'a pa tué Kal-El mais la mort elle-même). Cette disparition va aussi donner des idées à l'éditeur qui va, durant quelques temps, continuer de placer ses plus grands héros dans une situation délicate (Batman qui est vaincu dans Knightfall et devient paraplégique, Wonder Woman qui brise la nuque d'un autre personnage devant les caméras du monde entier perdant de son aura).

Pour l'anecdote, à l'origine, c'était le mariage entre Clark et Lois qui devait être fait. Un évènement qu'ils ont voulu coordonner avec la série TV Lois et Clark : Les nouvelles aventures de Superman . Pour patienter jusqu'à ce que la série TV soit prête, DC a dû lancer un event pour gagner du temps. Et c'est ainsi que la mort de Superman a été posée sur la table.

 

13. Création de Milestone Comics

Il s'agit d'une maison d'édition créée en 1993 par un collectif d'auteurs afro-américains afin de promouvoir les différences etniques. Liée à DC Comics, ladite maison n'a pas fait les choses à moitié. Il s'agit d'une véritable contre-attaque ethnique : dirigeants afro-américains, personnages afro-américains ou issues de minorités ethniques, auteurs afro-américains... Le personnage le plus connu est sans doute Static qui aura droit à sa propre série animée : Static Shoc. En 2008, DC annonce que les personnages de Milestone Media seront intégrés à l'univers DC. En 2015, Milestone est relancé et ses héros doivent apparaître dans un univers séparé de l'univers DC. Un projet qui ne se concrétisera qu'en 2020 en fin de compte.

Bien sûr, en France, ce point peut paraître "moins important" mais aux Etats-Unis, c'est une autre paire de manches. Et ceci s'explique très facilement : aux Etats-Unis, on combat le racisme en séparant et en respectant chaque couleur tandis qu'en France, on aura plutôt tendance à combattre le racisme en évitant de faire des différences justement. De par son Histoire, on aura tendance à dire que les habitants des Etats-Unis se composent de plusieurs peuples là où on aura plutôt tendance à dire, pour la France, que ses habitants forment un peuple composé de plusieurs communautés. Cette différence, qui est marquée jusque dans nos manières respectives de faire les recensements, font que, dans le cas des Etats-unis, il est important de souligner les différences pour mieux les respecter. Enfin, notez également que nous ne parlons ici que de "tendances". 

14. 2008 : Iron Man 

Les comics sur grand écran. Autant dire qu'il y a du bon et du moins bon. Mais cela n'avait jamais été aussi constant qu'après Iron Man. Bien sûr, nous avions eu les franchises X-Men et Spider-Man qui étaient déjà présentes dans le paysage audio-visuel, mais il s'agissait d'univers déjà connus et qui n'avaient pas les notions d'univers partagés. Avec Iron Man , on parle d'une volonté d'implantation au cinéma (puis en streaming) sur le long terme, auprès du grand public de personnages et avec une multiplication des connexions entre les films. Une approche différente, risquée mais qui pouvait donner quelque chose de grand et surtout... de jamais vu ! A l'époque, les journaux disaient que Marvel prévoyait de sortir leurs personnages de seconde zone pour une série de films. Iron Man, Thor, Captain America (Hulk est un cas à part dans le cas-présent) étaient des personnages de second plan. C'est dire si les choses ont bien changé ! De nos jours, qui ne connait pas le nom d'Iron Man ? En somme, il y a une démocratisation du monde des super-héros et donc des comics. Et bien évidemment, les lignes éditoriales de Marvel et DC sont un reflet de ce qu'il y a au cinéma pour tenter de booster les ventes de comics. Il y a plus de comics Iron Man proposés lorsqu'un film Iron Man sort au cinéma. Les X-Men et les Quatre Fantastiques étaient en semi stand-by du côté du papier du fait que les films n'étaient pas, à proprement parlé, proposés par Marvel. Bien sûr, tout ceci n'est pas nouveau. Harley Quinn a tellement été appreciée dans la série animée qu'elle a débarqué dans les comics (et qu'elle éclate Wonder Woman et Green Lantern en terme de ventes). Supergirl a été tué dans les comics lorsque le film des années 80 est sorti et qu'il s'est fait massacré par les critiques et les fans. Néanmoins, avec l'arrivée du MCU au cinéma, cette influence du cinéma sur les comics prendra une toute autre dimension, tant sur le nombre de comics proposés que sur le contenu.

15. Hulk sous les ordres de Mickey

Souvenez-vous. Nous sommes le 31 août 2009. Et c'est à présent officiel : Marvel a été racheté par Disney pour 4 milliards de dollars. L'annonce est un véritable coup de tonnerre. Les fans ont peur et imaginent déjà des Thanos affrontant Mickey. Pourtant, on se rend bien vite compte qu'il n'en est rien. Visiblement, Disney ne désire pas intervenir dans les scénarios de comics. On considère, tout au plus, qu'il y a une "touche Disney" dans les films du MCU mais rien de plus. Il faut dire aussi que le rachat était plus dans l'optique de faire bouger les choses au niveau des parcs d'attraction. Car après plusieurs enquêtes, le constat est sans appel : les jolies histoires et les princesses Disney ont fait que les femmes et les enfants se déplaçaient volontiers dans les parcs d'attraction mais pour une partie des garçons ou des hommes, c'était déjà plus dur. Ici, l'intérêt était donc d'ajouter un peu de testosterone dans le décor afin de tenter d'attirer un peu plus ces derniers. Et puisque Marvel s'est bien débrouillé avec ses films Iron Man et Hulk , Disney flaire le bon plan et rachète l'éditeur. Résultats : de gros investissements sur les films, une planification encore plus accrue (avec la division en phase notamment) et l'arrivée des spin-off en séries à travers Disney +. Un rachat qui aura grandement impacté le monde des comics au niveau des scénarios et du marketing mais qui aura aussi grandement contribué à donner un certain rayonnement notamment à l'étranger. 

Voilà pour ce qui a été proposé lors de la conférence. Suite à cela, plusieurs questions ont été posées. Pour être honnête, je ne m'en souviens plus que d'une : "Si, un jour, les films de super-héros venaient à disparaître, est-ce que cela serait synonyme de la fin des comics ?" ce à quoi nous avons répondu qu'il y a un lien entre film et comics en terme de ventes mais que ce lien est loin d'être si fondamental. Entendez par là que lorsqu'un film Iron Man sort, il y a plus de ventes de comics Iron Man mais sans que cela soit non plus si révélateur que cela. En se basant sur cela, on peut supposer l'inverse à savoir que la fin d'Iron Man au cinéma influera sur les ventes de comics mais sans que cela soit si révélateur que cela non plus. Donc, les comics ne devraient pas disparaître pour autant. Tout au plus perdraient-ils, à l'étranger, le rayonnement qu'ils ont mis tant de temps à avoir. Bien sûr, nous ne sommes pas voyants, cela reste "notre avis".

 

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