[Review VF] The Bridge

[Review VF] The Bridge

Le petit éditeur Kamiti nous propose depuis le 28 mars dernier, jour de sa sortie, l’édition française du roman graphique The Bridge, écrit par un scénariste très connu chez les gros éditeurs de comics américains, et notamment DC Comics, à savoir Peter J. Tomasi (Green Lantern Corps, Batman & Robin, Superman, etc). Ce comic book publié à l’origine chez Abrams ComicsArt en 2018, nous raconte la genèse de la construction de l’un des ponts les plus connus au monde, celui reliant Brooklyn à New York, et dresse le portrait des hommes et des femmes qui ont mené à bien cet énorme projet.

Ce qui est saisissant lorsque l’on découvre ce roman graphique est la passion que le scénariste Peter Tomasi peut nourrir pour ce pont de Brooklyn et son histoire. Il l’explique lui-même parfaitement dans la très intéressante préface du livre, il y a quelque chose de personnel pour lui dans cette histoire, il l’a pensé, réfléchie et documentée durant des années avant d’enfin trouver le courage et la motivation de se lancer dans ce grand défi d’hommage à la famille Roebling, architectes de ce pont qui l’a toujours émerveillé. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, avant de s’intéresser à l’architecture et à la pierre, Tomasi veut mettre en lumière les personnes qui ont rendu tout cela possible, un père, un fils et une épouse. C’est une histoire d’héritage, d’amour, d’amitié, de persévérance, de foi, de larmes et de sang. C’est l’aspect humain derrière l’une des plus ambitieuses créations des temps modernes et c’est retranscrit avec force et avec beaucoup d’âme. Les relations entre les personnages sont extrêmement soignées, que ce soit les principales entre le père John et le fils Washington Roebling et celle entre Washington et sa merveilleuse femme Emily, ou toutes les autres avec les employés et responsables de la construction qui vont devenir des amis proches, ou encore celles plus antagonistes avec le conseil responsable du financement du projet. Beaucoup de personnages ont des rôles réguliers tout au long de ces années de construction et l’on s’attache à eux, les retrouvant avec grand plaisir au fil des pages. Mais tout n’est pas rose et Tomasi n’édulcore pas les choses, l’aspect dramatique est bien présent, il y a des accidents, des blessés et des morts. Le scénariste réussit à nous faire ressentir le coût humain qu’a pu avoir ce pont, les sacrifices qu’il a demandés et rend aussi hommage à toutes ces personnes qui ont péri pour qu’un symbole puisse voir le jour.

L’histoire de ces personnages et de ce pont couvre une trentaine d’années en 200 pages, ce qui donne l’occasion d’aborder beaucoup d’éléments mais force aussi à faire des choix sur ce qui sera abordé plus longuement et sur ce qui sera juste survolé ou tout simplement non présent. Difficile de savoir ce qui a été laissé de côté par Tomasi mais en tout cas l’histoire semble vraiment complète, on a vraiment l’impression, à la fin de la lecture, d’avoir suivi toute la construction de A à Z et d’être entrée au cœur des vies de Washington et Emily Roebling et de leur lutte sans relâche pour finir ce pont. Mieux que cela, le rythme est très bon, il y a très peu de temps morts et les sauts temporels et époques choisies sont judicieux. Nous passons de moments intimes entre les personnages, à des moments plus techniques de la construction, en passant par de l’administratif et une réelle sensation de tension, d’urgence et de danger à d’autres moments. Le récit est loin d’être linéaire, la construction ne se passe évidemment pas toujours comme prévu, certains personnages et certaines situations vont être des obstacles qu’il va falloir franchir, ce qui va donner de nombreux rebondissements rythmant l’histoire. Enfin, l’aspect technique de la construction est aussi extrêmement intéressant. Il ne faut pas s’attendre à avoir un rapport technique détaillé de la manière dont a été construit ce pont dont la spécificité est d’être suspendu par des câbles, mais les grandes étapes de la construction sont présentées et il y a par-ci, par-là, des explications et des détails sur ce qui est réalisé, notamment lorsque sont montés les deux piliers de chaque côté de l’East River, qui représentent la plus grosse étape de l’ouvrage. 

La lourde tâche d’illustrer ce récit est confiée à Sara Duvall, accompagnée aux couleurs par Gabriel Eltaeb et John Kalisz. Duvall nous rend une jolie copie, finalement assez sobre, qui met en valeur toutes les thématiques chère au récit de Tomasi : la famille, le courage, la force de l’imagination et du rêve. Elle rend les personnages attachants, rythme le récit et nous plonge dans le contexte de l’époque et les vies qui ont entouré cette grande œuvre américaine. 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- La passion et le travail de l'auteur
- L'aspect humain
- Le rythme
- L'illustration parfaite du rêve américain

LES POINTS FAIBLES

-

 

4

Une fresque humaine passionnante

Conclusion

The Bridge est une œuvre confidentielle et passionnée de Peter J. Tomasi, ce qui la rend d’autant plus riche, intéressante et lui confère une vraie âme. C’est un très beau roman graphique qui nous emmène au cœur d’une des constructions architecturales les plus ambitieuses de l’histoire moderne, au travers du destin des individus qui ont donné leur vie à la poursuite de ce rêve américain.

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