[Review VF] James Bond 01. VARGR

[Review VF] James Bond 01. VARGR

Alors qu’on se demande qui reprendra le smoking après Daniel Craig, les aventures de James Bond nous reviennent dans un format qui nous est cher : le comics ! Ce n’est pas la première fois que ça arrive, et pour cette série, c’est l’éditeur américain Dynamite Entertainment qui a récupéré les droits. En France, Delcourt nous propose un premier tome bien conséquent. Voyons ce qu’il contient.

Helsinki. Un homme est pourchassé par un autre qui finit par l’attraper, et par le tuer de sang-froid. C’est 007 qui venge la mort de 008, et ce n’était qu’une mise en bouche. James Bond se voit confier ensuite une mission de feu 008 : il doit enquêter sur des fournisseurs d’une drogue qui arrive en Angleterre. Il part donc pour Berlin pour rencontrer un contact de la CIA. Au scénario de cet album, nous avons Warren Ellis, un auteur qui s’est souvent distingué par la qualité de ses scénarios. Ici, il décide de ne pas trop s’attacher à la version cinéma du héros. Et effectivement, il s’en écarte à plusieurs points. Je vais être honnête : je connais mal les romans d’Ian Fleming. De James Bond, je connais surtout les films que j’adore. D’ailleurs, je viens tout juste de terminer de regarder toute la saga en blu-ray, donc ça tombe plutôt bien. Mais attention, Ellis se détache aussi du roman original, même si c’est surtout sur des détails (M et Moneypenny sont noirs par exemple).

Mais pour l’amateur des films, les différences sont bien plus nombreuses. Déjà il faut enlever tout le côté glamour du personnage. Même s’il semble avoir du charme et un côté séducteur, rien de tout ça ne lui sert ici. A aucun moment Bond ne se retrouve au lit avec une femme. Pas non plus de dîner mondain, ou de réception classe. Pour tout vous dire, c’est même effarant de le voir commander un bourbon, à la place de son indétrônable vodka-martini (au shaker, pas à la cuiller). Autre chose que cette histoire ne propose pas, ce sont les gadgets. Q est présent, mais juste pour proposer des armes sophistiquées. Bon, là, c’est le cas dans certains films, mais on est tout de même loin du James Bond que l’on connaît au cinéma. Pourtant, certaines choses sont toujours là. Bond est un tueur et une tête brulée. On retrouve son caractère rentre-dedans et têtu. Et ses ennemis ont des caractéristiques assez particulières : une femme avec des gants Blind és par exemple.

Ellis s’amuse beaucoup à nous montrer un James Bond que l’on n’a pas l’habitude de voir, ce qui est au final assez rafraîchissant. La très bonne idée de récit est de ne pas situer le héros dans le passé, à un quelconque moment de la Guerre Froide. Non, nous sommes dans le présent, et il y a d’ailleurs beaucoup d’allusion à ce qu’est l’espionnage aujourd’hui. Eh oui, il faut des arguments pour justifier l’existence des 00 de nos jours. Donc tout est bien ? Malheureusement non. Si on enlève la licence, il reste une histoire finalement assez générique. Un comics d’action comme on en voit beaucoup. Alors bien sûr, c’est tout l’intérêt de la série, nous présenter un Bond plus proche des romans, et assez différent de celui que l’on connaît du cinéma. Mais même là, c’est assez étrange de choisir de le faire affronter des dealers de drogue. Ça aurait presque pu être une histoire du Punisher ! Heureusement les clins d’œil sont suffisamment nombreux, sans être lourd, pour justifier la licence.

Les dessins de Jason Masters sont à l’image du récit, très sobres. Il dessine Bond comme il devrait être, un visage très banal au final pour ce genre de héros. Il n’est bien entendu calqué sur aucun acteur ayant incarné le personnage. Le style se veut simple et réaliste, c’est plutôt agréable à regarder. En revanche, les couleurs sont peut-être un peu trop flashy et informatisées, ce qui donne un côté très comics, et fait perdre du coup la partie réaliste du trait. Il y a tout de même de bonnes idées de mise en scène, notamment lors des combats, ce qui rend la lecture plutôt agréable, sachant qu’elles sont toutes quasiment muettes. Ça aide aussi un peu à la compréhension parce qu’elles ne sont pas toujours parfaitement claires malheureusement. L’album se termine sur une très belle galerie d’images. Le livre en lui-même est d’excellente facture, avec un papier épais qui lui donne une bonne consistance malgré un contenu plutôt classique de six chapitres.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

Un James Bond différent
Les petits clins d’œil

LES POINTS FAIBLES

Le scénario banal

 

3.5

Classique

Conclusion

Un James Bond plus proche du roman que de sa version cinéma, dans une histoire plutôt banale.

Partagez cet article !
Ça peut vous intéresser
[Review VF] Walking Dead : L'étranger

[Review VF] Walking Dead : L'étranger

17 Janvier 2021

Edité par Delcourt

[Review VF] Moby Dick par Bill Sienkiewicz

[Review VF] Moby Dick par Bill Sienkiewicz

12 Janvier 2021

Une sublime adaptation

Guide de lecture : les titres James Bond de Delcourt

Guide de lecture : les titres James Bond de Delcourt

07 Novembre 2020

Bond... James Bond !

Pas d'avis pour le moment.