[TPAMC#37] Les éditeurs indépendants

[TPAMC#37] Les éditeurs indépendants
Amis lecteurs, bonjour ! Après une absence plus ou moins méritée pendant les vacances et suite au numéro de Ashka sur Earth One (vous avez aimé ? Il reviendra, vous inquiétez pas), il est temps de reprendre en main cette rubrique. Pour mon retour, j'ai choisi de coller à l'actualité de MDCU (et pas marveldc-universe, fini cette époque). Désormais, le site s'ouvre à tous les éditeurs de comics. On vous propose déjà la rubrique Other Comics avec ses longs focus (le dernier sur ABC Comics est bien foutu, vous apprendrez pleins choses si vous connaissez mal ce label comme moi). Le TPAMC se devait lui aussi de participer à cette petite révolution sur le site. C'est chose faite avec ce numéro qui vous présente un large panorama des éditeurs de comics dit « indépendants ». Bah ouais, y'a pas que Marvel et DC dans la vie même si ces deux là forment 80% du marché. Allez, c'est parti pour ce tour d'horizon et, n'oubliez pas, on vous attends pas sur le forum mais c'est pas grave, y'a de la place !!!




LES EDITEURS INDEPENDANTS



C'est quoi un indépendant ?

Je voudrais commencer ce TPAMC par une question épineuse : c'est quoi un indépendant ? Ici, chez MDCU, on a privilégié Marvel et DC pour leurs univers partagés, pour les séries phares et le fait que, faut pas se le cacher, c'est ce qu'on lit à 90%, ou 80% plus exactement si on croit les chiffres de ventes US. Sauf que, en France, y'a que du mainstream en kiosque (hors spawn et star wars) et faut se tourner vers des adaptions plus ou moins fraîches des séries indépendantes en librairie. Bref, par facilité et au vu des parts de marché, l'industrie sépare les Big Two (Marvel et DC) des autres éditeurs. En plus, ce sont les deux seuls à avoir un univers propre, partagé entre des séries qui doivent maintenir une cohérence narrative (avec de bon gros crossovers pour tout faire péter).

En face, les éditeurs se sont souvent construit à travers des adaptations de franchises culturelles (cinéma, littérature, jeux vidéos ou série tv) ou des projets originaux. Qui plus est, le modèle économique diffère. Chez les Big Two, tu es un salarié, tu n'a pas la propriété de tes créations. Normal, hormis les fondateurs des ces univers, les artistes utilisent des créations qui ne leur appartiennent pas car elles sont souvent plus vielles qu'eux. Là où la chose devient vicieuse, c'est que les créations actuelles (et passées) ne sont pas attachées à leurs auteurs. C'est Marvel et DC qui exploitent les droits. Il y a donc une nette frontière entre les deux systèmes avec bien souvent un mouvement cyclique : je commence chez un indépendant, je suis repéré chez un des 2 gros où je me fais exploiter mais je fais des histoires avec les plus gros personnages, j'ai du succès et là soit je vais au clash et me casse chez les indépendants (les gars d'Image Comics, Alan Moore, Franck Miller), soit je créé sur mon temps libre quelques œuvres chez les indépendants pour faire ce que je veux et espérer me faire des sous en vendant les droits de ma création au cinéma.

En effet, chez les indépendants, la donne n'est pas la même. Bien sûr, chaque maison d'édition a ses propres règles. Il y a cependant 2 types de « séries indés » : celles liées à des adaptations (star wars, transformers) ou des franchises comics (hellboy par exemple) qui nécessitent toujours une batterie d'artistes pour se relayer sur les titres; sinon, les séries au mains des créateurs (walking dead, the goon par exemple) où là le gars fait son truc dans son coin. C'est en ça que la relation éditeur/artiste change. Chez Image, vous assumez les coups de publication et de publicité de la série. Vous proposez votre oeuvre, conservez les droits et Image propose son savoir-faire et sa puissance commerciale. Mais si une série marche pas, c'est pour votre pomme. C'est ce qu'on appelle le creator-owned, une vraie révolution dans l'industrie des comics books longtemps dominé par les contrats existants encore chez les Big Two. Désormais, si vous êtes un artiste célèbre, vous pouvez espérer avoir assez de fans et de notoriété pour lancer une série chez les indépendants et vous faire plaisir en étant libre de raconter l'histoire qui vous tient tant à coeur. Vu qu'Holywood achète des droits d'adaptation comme un gosse des bonbons, le pari peut s'avérer rentable. En plus, qui ne rêve pas d'être maître de sa série ?



Vertigo Comics, Wildstorm et Icon

Avant de passer aux fameux indépendants, je voudrais parler des actions entrepris par les Big Two. Bien conscients de la volonté des auteurs d'avoir une part du gâteau mais aussi du double effet kiss-cool négatif d'avoir un univers partagé (ne pas pouvoir aborder certains genre mais aussi brider la créativité d'un artiste pour protéger l'univers), DC et Marvel ont, à leur façon, proposé une réponse aux indépendants.

Coté Marvel, deux solutions ont vu le jour ces dernières années. Tout d'abord, la gamme Ultimate. Ouais, je sais, c'est un univers partagé qui ressemble à l'univers Marvel classique. Cependant, avouez que la liberté laissée aux mains des artistes est totale. Les 2 premières saisons d'Ultimates avaient un ton et des sujets (politisés) qu'on aurait pas pu voir dans l'univers classique. Ultimatum a massacré des personnages (Wolverine, Cyclops, Magneto) et détruit des franchises (Utimate FF, les X-men). Impossible de voir ça dans l'univers classique. La relance annoncée cette semaine de cette univers va dans ce sens : ici, les auteurs peuvent se lâcher. Autre solution proposé : le label Icon. Aux USA, Marvel ne fait pas que du « Marvel ». Elle publie aussi des adaptations de Stephen King, de Halo, de BD françaises (Soleil je crois, joli coup au passage les gars). On a aussi ce qu'elle appelle les titre matures (là où y'a le Punisher ) avec des séries comme Criminal qui pourraient très bien être publiées par les indépendants. Dernièrement, Marvel a crée un label, ICON, qui permet à ses stars (Millar, Bendis pour l'instant) de faire des séries qui n'ont rien à voir avec Marvel et qui, logiquement, auraient dû être publiées par Image par exemple. Résultat ? Kick-Ass explose les ventes à chaque sortie. Marvel veut que ses auteurs n'aillent pas voir ailleurs (Fraction rapatrie sa série Casanova tout comme Bendis ramène Powers chez Icon). La firme est consciente que parfois elle étouffe ses auteurs et leur offre ainsi un petit coin pour s'amuser et surtout se faire du blé. Enfin, le rachat du label Crossgen confirme cette volonté de diversifié ses publications.

Coté DC, on a pas attendu la Maison des idées pour en avoir. Souvent, on dit que indés = qualité en opposition avec Marvel et ses « bouses vues et revues » et DC et ses couacs éditoriaux et son esprit Poulidor (je ne le pense pas dans les deux cas, mais bon, combien de fois j'ai pu lire ça sur le net...je sais, on y lit pleins de conneries, même sur MDCU, faudrait en bannir certains, moi le premier, et juste après Docteur pour être équitable). DC a une division, appelée Vertigo Comics, qui est à mes yeux un éditeur indépendant et de qualité. Alors oui il appartient à DC et certains personnages sont communs, mais il fonctionne à part et représente le label le plus solide des indépendants (si solidité il y a). Vertigo, ce sont des séries matures, sans super-héros, mais avec beaucoup de crimes, magie, sf, fantastiques....Les comic-books, ce ne sont pas que des histoires de collants. Chez Vertigo, pas d'univers partagé, chacun a sa série. Jusqu'à peu, il y avait aussi l'univers Wildstorm. Créé par Jim Lee en tant que Label de l'éditeur Image Comics, il a été depuis vendu a DC qui l'a progressivement intégré à son multivers (les héros de Wildtsorm ont rencontré ceux de DC). En effet, à la base, Wildstorm, c'est une autre vision des super-héros. Des séries comme Wildcats, Stormwatch, Authority, Planetary, etc....présentaient une vision plus violente et plus cynique de l'archétype du super-héros. En revenant dans le giron de DC, le label s'est fait bouffer tout cru et a été démantelé fin décembre 2010. Cependant, DC promet que les personnages seront intégrés à l'univers DC. Un comble pour ces rebelles qui avaient, à l'époque, réveillé le marché des comics. En attendant, les séries qui présentent des adaptations de franchises (souvent jeux vidéos) sont désormais publiées sous le label DC.

Je reviens rapidement sur Vertigo Comics pour faire un tour des séries publiées. Comme souvent, on trouve soit de futurs artistes des Big Two, soit des vétérans des comics sur ces séries. Rare sont les gars qui font toute une carrière chez les indépendants, c'est comme refuser de jouer en première division (ou ne pas avoir le niveau). Par contre, percer chez les Big Two, c'est une autre affaire. Revenons à Vertigo. 100 BULLETS, SANDMAN ou Y THE LAST MAN sont des séries publiées en leur temps dans ce label. Niveau qualité, ça envoie du lourd. Avec DC comics comme soutien, le label peut se permettre la publication de séries hors-norme même si, forcément, si les ventes ne suivent pas, faut un jour stopper. L'avantage, c'est que le temps d'essai est souvent plus long et on peut toujours espérer que le public adhère petit à petit. Actuellement, Vertigo publie AMERICAN VAMPIRE (lancé par Stephen King avec Scott Snyder), DMZ (une histoire de guerre civile dans un futur proche à NY, c'est disponible en français), HOUSE OF MYSTERY, FABLES (un must-have, disponible en français), NORTHANLANDERS (premier tome en France ce mois-ci), HELLBLAZER (notre ami John Constantine), SWEET TOOTH, iZOMBIE, SCALPED (par l'excellent Jason Aaron)....Voilà, c'est assez diversifié comme lectures, non ?



Image Comics

Image Comics, c'est l'alternative sérieuse aux Big Two pour les artistes. Fondé par une bande de dessinateurs rebelles ayant quitté Marvel (des petits gars comme Jim Lee, Todd McFarlane, Erik Larsen, Silvestri, Liefeld, Portacio...), c'est devenu rapidement une success story avec, pour l'époque, des dessins de folie (vous savez, ceux des années 90, avec des anatomies douteuses : les femmes sont toutes de bonasses/anorexiques et les gars ont presque des tétons plus gros que les femmes). Le public adore car les dessinateurs sont alors les stars de l'industrie. Des personnages comme Spawn, Savage Dragon, Youngblod, l'écurie de Wildtsorm....deviennent rapidement des best-sellers. A l'époque, le concept était simple : les fondateurs avaient créé leur propre label et proposaient des histoires en conservant leurs droits. C'est ta série, tu en fais ce que tu en veux, et les personnages sont à toi. Ce qu'il y a de bien avec les Big Two, c'est qu'on aura toujours des histoires de Spider-Man ou Superman (même si souvent les artistes sont bridés). Avec Image, de nombreuses histoires vont partir en cacahuètes. Hormis Savage Dragon, modèle de continuité, et Spawn, qui survit par ses statuettes en attendant les retards accumulés à chaque nouvel épisode, bah Image c'est le bordel. Wildstorm est vendu à DC, Silvestri se casse pour fonder son propre business, Liefeld est perdu pour l'humanité, Portacio est bon mais c'est pas un dieu vivant à la Jim Lee avec la légitimité qui va avec....bref, après un gros succès initial, l'entreprise qui devait s'assoir à la table des grands ne fait pas le poids.

Il va falloir attendre un certain Robert Kirkman. Scénariste de plusieurs séries Image (Walking Dead, Invincible), il va redonner des couleurs à la firme. Il va devenir un nouvel associé et impulser une nouvelle politique. Déjà, il n'a pas vraiment réussi à (ou voulu) s'intégrer à Marvel. C'est lui qui a fait le carton Marvel Zombies, mais il a fait d'autres trucs (Ultimate X-men pendant quelques années, avant Ultimatum). Sauf que le bonhomme redistribue les cartes avec ce qu'on appelle le Kirkmanverse. Avec Invincible, il prouve qu'on peut faire du super-héros de qualité en dehors des Big Two. Avec Walking Dead, il met avant une autre forme de comics, présente depuis longtemps mais jamais à un tel niveau de buzz. Niveau vente, ses séries sont très loin du top 10 avec 25 000 exemplaires en moyenne mais le but n'est pas là : le public est présent pour acheter les albums reliés, il fidélise en prouvant qu'on peut avoir une base de fans large en dehors des Big Two sans être un simple buzz. Il va alors sortir une sorte d'appel à travailler chez les indépendants (hypocrite car il travaillait alors aussi avec Marvel, mais bon, il devait avoir ses raisons....). Entre temps, Image est redevenu un bastion de créativité avec très peu d'adaptations ou remake (à la différence des autres indépendants). En effet, chez Image, vous aurez beaucoup mais beaucoup de mini-séries. Ce format est excellent car l'auteur est sûr de finir son histoire, le lecteur d'avoir sa fin et niveau vente un joli album ou one-shot c'est parfait. Les rares séries régulières sont l'oeuvre de Kirkman ou autre star des comics sur un concept complétement décalé et donc pas du tout en concurrence frontale avec les Big Two. Or, avec une mini-série (ou plusieurs, comme ça on peut reprendre plus tard), bah on peut se lâcher, avec des concepts décalés (ça part souvent en couille niveau pitch : monstres, zombies, magie, sf des années 50...Elephantmen est le meilleur exemple, bien que ce soit une série) Ainsi, Image incarne vraiment aujourd'hui un acteur à part entière, qui respecte les artistes et propose au public des choses originales (dernier buzz en date : Super Dinosaur....) tout en ayant une poignée de hits à son actif (Invincible et Walking Dead). Image a toujours su proposer un foisonnement de séries. A vous de faire le tri.



IDW

4ème acteur du marché niveau ventes, IDW a...comment dire...mauvaise réputation. Attention, c'est pas des salops ou des voleurs. Le truc, c'est que chez IDW, c'est simple, y'a que des adaptations : Godzilla, Rocketeer, Jurassic Park, Star Trek, Transformers, True Blood, GI JOE, Doctor Who, The Cape (série TV), Dungeons and Dragons, Jericho, Crisis, Angel, Spike...Au milieu se balade quelques titres du genre Next Men de Byrne pour faire « genre ». Je ne lis pas ces séries mais la qualité n'est pas absente. IDW a su trouver un segment, s'y tient et a réussi son pari en s'imposant comme le second éditeur indépendants de l'industrie. Les sous, c'est le nerf de la guerre comme dirait l'autre. Faut pas se leurrer, il y a un public pour cela (certains d'entre vous sont bien content d'avoir ces adaptations). Maintenant, en restant dépendant des adaptations, on peut être à la mercie d'un retournement de situation. Ce ne sont pas des best-sellers et il y a le risque de se faire piquer le contrat d'adaptation. L'éditeur a accumulé un savoir-faire, ils pourraient lancer un jour leurs propres séries. Dernièrement, ils ont attiré dans leurs filet des gars comme Eric Powell ou le duo de scénariste DnA. Prometteur...



Dark Horse

On passe au cheval noir (c'est vraiment plus stylé en anglais). Personnellement, c'est mon chouchou. Dark Horse, c'est pour moi le meilleur combo entre Image et IDW. D'un coté, des séries originales qui font le buzz et se vendent de par leur qualité (Fear Agent, Umbrella Academy, The Goon, Hellboy/BPRD, 300, Empowerd, End League (mais ça a pas marché pour celle-là)); de l'autre, des adaptations qui respectent le matériel originale (Star Wars, Buffy, Conan). Enfin, des projets originaux à travers de mini-séries ou des remakes old-school (Doctor Solar par exemple en ce moment) avec aussi le fameux Dark Horse Present (j'adore les magazines avec pleins d'artistes). Si on ajoute le fait que Dark Horse publie des mangas et des archives de pulps, on a là un éditeur complet qui allie la sécurité financière, l'audace artistique et le succès commerciale. En plus, ils n'hésitent pas à accueillir des séries qui ont du mal ailleurs comme Fear Agent, transfuge de chez Image. Bref, Dark Horse, c'est vraiment de la bombe.



Dynamite Entertainment

4 ème et dernier gros éditeur indépendant, Dynamite, c'est un peu l'héritier des pulps. Déjà, chez Dynamite, y'a souvent une cover de folie qui cache des dessins intérieurs quelconques. Quelques artistes connus chez Dynamite (Busiek, Ennis, des covers artistes comme Ross et Campbell) avec des projets qui sont soit des hommages, soit des remakes. On a les trucs originaux comme The Boys (Garth Ennis parodie/critique les super-héros) ou Battlefields (aussi par Ennis) et la franchise des héros oubliés, Project Superpower (avec ses spin-offs ou les projets similaires comme Kirby Genesis); on a aussi le droit à des adaptations comme Green Hornet, Total Recall, Sherlock Holmes, Zorro, Highlander, BSG, Frankenstein ou enfin leurs copies Vampirella, Army of Darkness, Terminator, Xena, Red Sonja, Warlord of Mars, Lone Ranger ou Buck Rogers. Bref, chez Dynamite, y'a à boire et à manger et tout va dépendre des artistes sur la série. The Boys, c'est vraiment excellent n'empêche.



Boom ! Studios

Mark Waid est une ancienne gloire des comics. Dernièrement, on l'a vu de retour chez Marvel et il reprend cet été la série Daredevil . Mais il y a 2 ans, le scénariste est devenu l'éditeur en chef de Boom ! Studios. Ce petit éditeur inconnu a commencé à faire le buzz à partir de ce moment là avec la double stratégie habituelle : adaptations et matériel original. Coté adaptation, Boom a choppé le contrat Disney et lancé d'excellentes séries comme Les Indestructibles (vous vous souvenez de ce super film ?). Malheureusement pour eux, Marvel a été rachetée par Disney et le contrat va progressivement être transféré chez Marvel alors que Boom avait pleins de projets. Dommage, mais c'est pas grave car Waid a d'autres billes dans son sac avec à chaque fois là qualité au rendez-vous apparemment (c'est pas lui qui fait ces séries, c'est pas Madrox !) : 28 jours plus tard, Farscape, du Philip K Dick et la nouvelle série sur la Planète des Singes qui semble être pas trop mal (j'ai pas lu). A coté, Waid a proposé une série qui a fait le buzz : Irredeemable (disponible chez Delcourt en France) et sa petite soeur, Incorruptible (elles partagent le même univers). L'histoire est simple et de qualité (perso j'adore) : Plutonian, le Superman de cet univers, pète un câble et prends le pouvoir. Ses anciens alliés d'une sorte de JLA vont tout faire pour le stopper. A coté de cela, Boom a lancée il y a peu une initiative qui a fait grand bruit. A la base, une idée déjà vu ailleurs : Stan Lee va lancer de nouvelles séries. Ok, déjà vu. Sauf que là, papy Lee, on s'en fout, c'est juste une caution. Mark Waid, le duo DnA de Marvel, Chris Roberson (scénariste de Superman actuellement) et Paul Cornell (Action Comics chez DC) scénarisent ces séries qui ont de Stan Lee que la mention sur la cover. 3 séries originales (The Traveller, Soldier Zero et Starborn) sur 3 sujets déjà vus (Voyage dans le temps, soldat avec armure et cosmique), avec de artistes qui sont pas des manchots : le succès est au rendez-vous. Boom ! Studios, qui est loin derrière les autres, a su allier les adaptations et les séries originales de qualité. Maintenant, il va falloir tenir le rythme, attirer les artistes et élargir le catalogue. Avouez que 5 séries régulières originales potables (voir plus), c'est pas courant chez les indés (bourrés de mini-séries qui sont des adaptations). Un éditeur à suivre donc.



Avatar Press

Même topo pour Avatar Press même si, là, la ligne éditoriale est tout autre. Si Boom est plus accessible aux enfants/ados, plus sérieux, coté Avatar, c'est gore, violent, décalé....Éditeur pas si différent des autres à la base, il s'est offert les services de 2 grands malades : Garth Ennis et Warren Ellis. Sérieux, ce sont 2 grands scénaristes, mais j'espère qu'ils voient des psy parce que quand on les lit, on se dit « mon dieu, il se passe quoi dans leur cerveau à ses gars ? Ils ont été torturés petits ? ». Mais ce sont pas les seuls à être passés par Avatar Press qui semble être un défouloir pour tous : Alan Moore, Millar, Christopher Gage, Kierron Gillen...A chaque fois, des séries sur des univers de psychopathes ou des concepts poussés à l'extrême : Crossed (monde post-apocalyptique avec tout le monde en serial killers assoiffés de sang), Gravel, Black Summer, No Hero, Ignition, Neonomicon, Supergod, Freak Angels (web comics), Captain Swing and the electrical pirates of cindery island, Anna Mercury....Warren Ellis y développe à loisir ses idées les plus farfelues. En terme de ventes, Avatar Press s'est fait une petite place (genre moins de 1%, mais c'est déjà ça). Ils vont surement poursuivre cette politique extrême, donc si vous cherchez un truc à lire bien barré, vous savez où aller.



Aspen et Top Cow

Alors là, alerte enlèvement. Aspen, c'est le studio de feu Michael Turner (mort en 2008). Dieu des dessins pour certains, chantre des covers avec des bonasses en gros pour faire acheter, il a fondé Aspen avec des petits succès comme Fathom et Soulfire, et puis c'est tout. Le succès était basé sur ses dessins mais, maintenant qu'il n'est plus là, l'avenir semble bien compliqué avec très peu d'activité ses derniers temps. Par contre, Aspen fait partie de ces studios bourré de talents en terme de jeunes dessinateurs. Marvel et DC n'hésitent pas à sous-traiter des histoires puis embaucher ces artistes. C'est aussi le cas chez Top Cow (la boîte Marc Silvestri) qui, hormis là encore 2 succès (Witchblade et Darkness), n'a pas fait grand chose et sert de sous-traitant. Ces deux éditeurs ont eu 2 succès et usent à mort le filon, mais le talent est là.



Bluewater, Bongo, Archie, Zenescope, Radical Comics et Oni Press

Bon, maintenant, on passe au trucs bien chelous. Bluewater, c'est le pro des biographie sur Diana, Obama et sa femme, Hillary Clinton, Leto320, etc....Sérieux, dès qu'une personne fait l'actu, bam, une bio en comics sur elle (on a eu Carla Bruni je crois). Bongo, c'est 2 séries : les Simpson (les albums font un carton en France à chaque sortie) et Futurama (j'adorais le dessin animé), du même créateur. Archie, c'est un vieux comics sur un célibataire qui a 2 fiancées. On a dépassé les 600 épisodes et c'est vraiment une sorte des feux de l'amour and co. Oni Press, c'est Scott Piligrim et Queen & Country à une époque. Zenescope, c'est beaucoup de meuf à poils dans des histoires fantastiques vues et revues. Enfin, Radical Comics essaye de se rapprocher des BD Franco-Belge avec des pitchs accrocheurs pour le cinéma et un format plus long que d'habitude (de 40 à 60 pages) avec de la sf, fantastique, etc...



Les éditeurs qui viennent d'une autre dimension

Je finis par un florilège de séries vraiment....sorties de nulle part. C'est parti, je vais pas détailler, les titres suffisent (je crois) : Nancy Goes in Hell (une prostituée avec ses flingues face à des démons), Moon Girl, East meets West, Savage Beauty, The Spider : judge, jury & executionner, Capitain Action, Route des maisons rouge (en français s'il-vous-plaît), The One, The Potentiel, Lady Death, Penny for Your Soul, Female Force, Executive Assistant, Trenchcoasts Cigarettes & Shotguns, Comeback Kings, Ninjas vs Zombies, Kagagi The Raven , The Last Zombie, Plastic Farm, Cancertown....Sérieux, si vous lisez une de ces séries....bah....je suis désolé pour vous.....et surtout votre famille ! (n'hésitez pas à raconter en commentaires vos trouvailles indés et vos coups de coeur).



Les autres numéros de "Touche pas à mes comics" :

Iron Man : Reboot en mode sans échec

Dark Reign : Allume la lumière

Young Avengers : Papa est en haut, maman est en bas

Wonder Woman : Autopsie d'une icône à l'abandon

Captain America : T'aurais pas vu mon bouclier ?

Mais qui est donc Booster Gold ?

Méritons-nous DC Comics en France ?

Sentry ou le syndrome Superman

Le retour des légionnaires

La relance de Superman

Atlas, leur univers impitoyable

Les chiffres des comics

Secret Six : Six fois plus de fun !

La fin des Second Features

Les nouveaux crossovers Marvel

Un an de comics Batman Reborn

Blackest Night : la bonne formule ?

Usain Bolt plus rapide que Flash ?

Thor : relancer un personnage en 5 préceptes

Mighty Avengers : victimes de la mode ?

Vulcain, l'étoile filante des X-Men

Le buzz 2010

Au menu en 2011

Vinci+Richards+Fury=Hickman

Marvel vs DC

Les magazines Panini Comics

L'histoire contemporaine de Marvel

Heroïc Age : les séries à suivre

Second Coming

Robinson et Loeb , c'est le mal...

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Les scénaristes DC

La nouvelle vie de James Howlett

Commencer DC Comics

Superman : Earth One
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Scott et Logan se mettent sur la gueule

  • Blutok
    Blutok

    il y a 9 ans

    Pour finalement tous les retouver chez Panini en VF, c'est triste.

  • Leto
    Leto - Rédacteur de l'article

    il y a 9 ans

    Pas que Panini. Delcourt fait énormément d'indépendant. Panini, c'est du marvel, du DC et du vertigo surtout. Delcourt fait pas mal d'image et de dark horse. Après des éditeurs comme Milady Comics ou Akileos font du bon travail

  • Blutok
    Blutok

    il y a 9 ans

    Certes le tous était une hyperbole mais y'en a quand même un paquet.

  • Lynks
    Lynks

    il y a 9 ans

    C'est une beau panorama. J'ai appris pas mal de trucs sur l'histoire de certaines maisons Indé. Tu as fait une faute à Empowered. Et aussi une à "j'adorais le dessin animé", on dit "j'adore le dessin animé" car Futurama est revenue à la vie l'été dernier sur Comedy Central et c'est bien repartie pour un moment (mon frère à téléchargé l'intégral et j'ai pas tout vu mais pour moi un épisode vaut 2 South Park ou 3 Simpsons). Sinon j’attendais un petit mot sur Hack-Slash d'Image mais rien, c'est quand même une série avec un univers assez bien développé (bon, j'en lis que depuis une année mais il y a encore des trucs qui m'échappent). Et aussi pour dire que Zenescope a quelques perles à côté de ses relectures de conte. Et que dans les comics du paragraphe de fin j'ai lu des trucs qui valaient le détour quand même (j'ai pas lu de tout mais j'y peux rien c'est les couvertures qui m'hypnotisent).

  • Leto
    Leto - Rédacteur de l'article

    il y a 9 ans

    Pour moi Futurama c'est finie, d'où l'utilisation du passé. Après j'ai "oublié" pleeeeeeeeeins de série, mais je voulais vous donner envie d'aller voir du coté de la rubrique Other Comics, Fitzlionheart et Eiji y parle de pleins de séries indépendantes, je vous conseille vivement cette lecture. Et puis je pouvais pas faire un abécédaire des comics

  • Ashka
    Ashka

    il y a 9 ans

    "Pour moi Futurama c'est finie, d'où l'utilisation du passé"

    Si t'aimais bien avant, tu devrais essayer les nouveaux épisodes, vu qu'ils sont beaucoup mieux que les anciens sur tout les points ^^ Sinon que dire a part BUUUFFFFYYYYY !!!

  • Julien
    Julien Staff MDCU

    il y a 9 ans

    Super intéressant comme numéro, j'ai appris des trucs bien sympas. Je pensais pas que tu connaissais autant les indés (ou alors t'as fait des recherches comme un malade^^). Sinon moi ce qui me plait bien en ce moment en indé c'est American Vampire (Vertigo) de Scott Snyder dont le premier tome est sorti en VF et Morning Glories de Nick Spencer (Image).

  • Lordo
    Lordo

    il y a 9 ans

    Moi j'adore The Traveler (rien que les dessins sont juste sublime !!). Après en indé je fait pas grand chose, je prend les editions ultimate de invincible sur amazon, et j'ai la collection complete de Wolf-Man (trop bien *_*). Aprés irrecuperable sa me tente beaucoup, le concept a l'air bon, et j'aime beaucoup Waid =) Buffy saison 8 (bien que sa change de la serie) est un must have ou au moins un must read pour tout les fans =)

  • Leto
    Leto - Rédacteur de l'article

    il y a 9 ans

    Je néglige pas les indés, j'adore lire le magazine PREVIEWS avec toute ces covers et synospsis décalés et je regarde l'actu indés de façon régulière. Par contre, par manque de temps, j'ai pas lu grand chose et me cantonne souvent aux premiers tomes pour voir de quoi ça parle

  • DavramBash
    DavramBash

    il y a 6 ans

    Buzzkill chez Dark Horse (magnifique!) Locke & Key chez IDW (absolument.... génial!)Screwed chez Zenescope, Rachel Rising chez Abstract (en Noir et blanc, juste parfait)Echoes chez Minotaur.... yen a tellement!