Scénario: Brian WOOD - Dessin: Ricardo Burchielli

Matty Roth décroche l’interview d’un jeune soldat, accusé d’être l’un des responsables du crime le plus abjecte depuis le début du conflit : le massacre du jour 204. Son récit, en plus de pointer les dysfonctionnements dans la chaîne de commandement du gouvernement officiel américain, témoigne aussi de la vie d’un jeune homme, détruite par son arrivée dans la DMZ.
(contient les épisodes 18-22 de la série)

  • Julien
    Julien Staff MDCU

    il y a 7 ans

    Dans ce tome 4, on revient sur le thème de la guerre pure et dure, et notamment les dommages collatéraux qu'elle peut causer, la justification des actes des militaires et leurs droits, la justice, dans toute cette galère. Brian Wood revient sur l'évènement le plus important et le plus horrible de cette guerre, le massacre du jour 204, que l'auteur avait déjà cité mais dont on apprend exactement ce qu'il est. Enfin, ce que les personnes présentent sur place à ce moment-là en disent. Parce que j'en parlais tout à l'heure, Wood utilise différents points de vue pour chaque évènement, pour essayer d'avoir une certaine objectivité représentée par le journaliste Matty, et ça n'a jamais été aussi vrai et évident que dans cet arc. Ce massacre du jour 204 est vu et raconté selon différents points de vue, avec des flashbacks assez poignants. Et le boulot de Matty est de déceler la vérité dans tout ça, sauf que bien sûr il n'y a pas de vérité absolue, peu importe que les personnes racontent ce qui s'est réellement passé ou pas, finalement le tout reste subjectif, personne n'a complètement tord ou raison, beaucoup d'éléments sont à prendre en compte et Brian Wood nous expose ça avec une grande justesse. Il est même difficile de retirer une morale de cette histoire. Wood ne tombe pas dans la facilité en nous disant "la guerre c'est mal" mais il opte plutôt pour un "la guerre fait mal", qui sonne bien plus juste. Comme le dit un personnage de l'histoire :"je suppose que quelqu'un doit souffrir, dans une guerre". Qu'on ne s'y détrompe pas, le ton reste des plus pessimistes et c'est une histoire vraiment dure, qui touche et fait réfléchir, surtout la fin. Les dessins alternent un peu dans ce tome, Burchielli en dessine la plus grande partie pour autant mais laisse les flashbacks des premiers numéros à Nathan Fox qui s'en sort très bien. Il a un style un peu moins lisse, plus sombre, qui décrit bien l'horreur de ce qui se passe. L'alternance pour les deux lignes temporelles est la bienvenue aussi. Kristian Donaldson s'occupe entièrement de la troisième partie de l'arc. Ca change beaucoup du style de la série et sans être mauvais loin de là, on sent quand même bien la différence. Même si l'ambiance générale reste heureusement la même. un p'tit mot enfin pour Jeromy Cox que je trouve génial aux couleurs. Brian Wood maitrise encore une fois parfaitement son sujet et ses thèmes dans ce tome 4, c'est sensé, touchant, cruel, ça a de l'impact et c'est très juste. Une merveille.