Scénariste : BRUBAKER Ed
Illustrateur : PHILLIPS Sean
Coloriste : BREITWEISER Elizabeth

La super équipe formée par Ed Brubaker et Sean Phillips frappe à nouveau ! Après le succès mérité de Fondu au Noir, Kill or Be Killednous conduit sur les pas d’un homme forcé d’assassiner des criminels pour survivre !

Brubaker et Phillips tapent de plus en plus fort avec ce 2e tome de leur tétralogie ! Notre justicier s’enfonce toujours un peu plus dans les ténèbres, tandis que les forces de police de New York commencent à réaliser qu’un type masqué s’en prend aux salopards de la ville. Entre thriller, polar et déconstruction d’un genre (celui des justiciers), cette série vous happe sans jamais vous lâcher.

  • Meestake
    Meestake Staff MDCU

    il y a 3 ans

    Si vous avez aimé l'ambiance du premier tome, lisez celui-ci. La série ne perd rien en qualité, Dylan continue de sombrer, la narration de Brubaker reste prenante et Phillips continue à régaler aux dessins. Un excellent titre, qui va bientôt prendre fin en VO, à ma grande tristesse

Kill Or Be Killed #5

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Kill Or Be Killed

Kill or be killed est une série prévue en quatre tomes, et nous allons nous intéresser ici au deuxième tome, paru chez Delcourt en juin, même si le tome 3 vient tout juste de sortir. Ce dernier sera le sujet d’une autre critique à venir.

Avant de commencer, je rappelle que vous pouvez lire la critique du premier tome. Nous retrouvons dans cette suite le personnage de Dylan qui nous raconte son histoire. Dans un moment de profonde dépression, il décide d’en finir et de se jeter d’un toit pour se suicider. Un démon le sauve et passe un deal avec lui : pour rester en vie, il doit tuer un criminel tous les mois. Dylan, regrettant son geste et ne souhaitant pas mourir, s’exécute. Ce n’est pas simple, puisqu’il doit trouver une personne qui le mérite, puis trouver le bon moment pour la tuer. Et dans ce tome 2, il va jouer de malchance, et être pris sur le fait.

Kill or be killed est un polar, avec une narration à la première personne, ce qui est assez classique pour ce genre. Mais, la façon de s’exprimer de Dylan est très dynamique, et très fluide. La lecture est agréable malgré de gros blocs de texte. De plus, le Dylan qui raconte a déjà vécu tous ces événements. Du coup, il complète avec des informations qu’il n’avait pas au moment où se déroule l’histoire. Ca permet à Ed Brubaker, le scénariste, de raconter le récit de façon non linéaire : Dylan parle, et revient parfois sur des détails en racontant une autre partie de l’histoire. Tous ces procédés rendent la lecture vraiment intéressante et dynamique.

L’ambiance est soulignée par la colère que contient Dylan, contre la société et le système. Nous sommes au plus proche de la rue, avec des gens énervés contre les injustices quotidiennes. D’ailleurs, notre héros va rapidement décider de s’en prendre aux criminels en col blanc, eux qui sont finalement rarement la cible dans un comics. Malgré la difficulté de parler de ce genre de ressenti et de ras-le-bol, Brubaker arrive à être toujours juste dans son récit. Une fois Dylan surpris en pleine action, New York va mettre tous les moyens pour le traquer, ce qui va être un bon moyen de critiquer l’état policier qui a pu être mis en place suite à des attentats par exemple.

 

Les auteurs ne prennent cependant pas partie, c’est vraiment le personnage qui côtoie l'extrémisme, alors qu’il est lui-même un tueur, et un qui ressent peu de remords. Brubaker joue aussi avec sa dépression, les médicaments qu’il prend, et pose la question de la réalité du démon. La personnalité de Dylan est passionnante, mais l'auteur travaille aussi ses autres personnages, notamment Kira. Celle-ci a même le droit à un chapitre complet sur son passé et ses émotions, ce qui permet de l’approfondir et de lui donner de l’ampleur, mais aussi d’empêcher la monotonie s’installer dans la série.

Bien que le comics soit très rédigé, il est graphiquement toujours aussi intéressant. La collaboration entre Sean Phillips et Elizabeth Breitweiser fait des étincelles. Le trait plutôt réaliste du dessinateur est souligné par les magnifiques teintes données par la coloriste. L’ambiance polar est renforcé par des planches très sombres, mais qui contrastent avec de belles pages claires. Rien à redire sur le dessin, réalisé par des artistes solides. L’album se termine sur une galerie de croquis pour prolonger le plaisir.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le mode de narration
- Les dessins

LES POINTS FAIBLES

- moins surprenant que le premier

 

4.5

Très réussi

Conclusion

Ce tome 2 continue sur l’excellente lancée du premier, en approfondissant ses personnages, alors que l’étau se resserre autour de Dylan. Le récit ne cède pas à la facilité, et nous propose un polar plutôt original, dont on a fortement envie de découvrir la suite.