John Layman & Rob Guillory concluent les aventures de Tony Chu, le flic cibopathe. Sa cibopathie (le traçage psychique de tout ce qu'il ingère) le fourre dans des situations aussi tragi-comiques que rocambolesques !
Suite et fin des aventures de Tony Chu, dans un final totalement surprenant, ébouriffant, survitaminé... et qui risque de vous laisser sans voix ! Tous les protagonistes de ce récit se retrouvent à point nommé pour une apothéose où l'on comprend aisément pourquoi cette série a fait l'objet de tant de prose dithyrambique et de prix !

  • Uraphire
    Uraphire Staff MDCU

    il y a 3 mois

    Ultime tome de cette folle saga qui risque de n’épargner personne. Ce titre à la fois drôle, perché et émouvant aura fait voyager et c’est avec tristesse qu’on quitte cet univers. Les dessins de Rob Guillory vont aussi manquer.

Delcourt arrive à la conclusion de la réédition de Tony Chu en grosses intégrales avec ce tome 3 de l’édition Gargantuesque. Le tome 1 était sorti il y a deux ans, le tome 2 il y a un an, ce dernier tome reprend donc les quatre derniers albums de la précédente édition.

Tony Chu est un cibopathe, il a le pouvoir de voir des informations sur les choses qu’il ingurgite. Il vit dans un monde où la grippe aviaire a provoqué l’interdiction de manger du poulet. Ca, c’est la base de la série, mais depuis, de nombreux évènements ont eu lieu. Chu travaille de nouveau pour la RAS, la Répression des Aliments Stupéfiants. Il traque le Collecteur, une espèce de vampire cibopathe qui a tué sa sœur pour lui voler son pouvoir. Il n’est pas seul à le chasser, puisque Mason Savoy, son ancien coéquipier, avec Olive, la fille de Tony, le cherchent de leur côté. Bref, ce tome démarre en prenant directement la suite du précédent, tout en rappelant les évènements passés.

Les précédents tomes avaient un début de mise en place, mais celui-là a un bon rythme pendant toute sa durée. L’intrigue sur le collecteur se dénoue, ainsi que toute la série, il y a donc des choses à raconter ! John Layman a toujours sa façon de raconter qui permet de stimuler la lecture. Il y a beaucoup de liberté prise dans la narration qui peut se permettre par exemple une temporalité non linéaire. En effet, assez tôt dans l’album, l’auteur nous montre un aperçu du dernier chapitre. Ce genre de procédé existe depuis le début de la série, et fonctionne toujours aussi bien.

L’humour est encore bien présent, malgré la gravité de certaines scènes. Ce changement de ton permet d’offrir quelques bouffées d’air frais, dans des passages parfois assez durs. La série peut parfois raconter des choses assez violentes à base de démembrements et de cannibalisme, mais ces pointes d’humour permettent de désamorcer le malaise. Le délire sur Poyo, le poulet agent secret, est poussé encore plus loin, avec des chapitres entiers qui lui sont consacrés. De la même manière, on sent que les auteurs se sont bien amusés à imaginer les nombreux pouvoirs liés au aliments.

L’intrigue se précise au fur et à mesure de l’album, avec peu ou pas de temps mort. Les deux derniers livres forment vraiment un tout qui conclut la série. Pour proposer l’intégralité de Tony Chu, ce dernier tome contient des spin-offs de la série, notamment sur Poyo. Il y aussi un crossover avec la série Revival très sympa. Ce sont des bonus très plaisants, mais leurs positions ne sont pas toujours très judicieuses. Sur la fin, alors que tout commence à s’emballer, c’est dommage de casser le rythme avec ces histoires. Après, ce n’est rien de grave, il suffit de les sauter pour y revenir ensuite.

La conclusion de la série est bonne, et finalement assez inattendue. Elle est radicale, et peu claire au premier abord. Heureusement, un épilogue permet de mieux comprendre le dénouement. Il reste quelques zones d’ombres, mais le final est globalement satisfaisant dans la lignée du reste de la série. Au dessin, Rob Guillory est fidèle à lui-même. L’album propose à la fin quelques bonus corrects, notamment une galerie d’illustration.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le dénouements des intrigues
- La conclusion
- L'humour déjanté
- L'ambiance unique

LES POINTS FAIBLES

- Quelques récits mal placés

 

4.5

 

Conclusion

La conclusion de la série Tony Chu est au niveau du reste : il s'agit d'une série unique, avec des idées folles et un humour déjanté. Cette édition gargantuesque permet de tout regrouper en trois albums grand format pour en profiter au maximum. Bref, du bon boulot, et une série à découvrir !