Auteurs : Brian M. Bendis, Michael Gaydos

Jessica Jones était une super-héroïne costumée mais ses pouvoirs plus qu'ordinaires ne lui ont jamais permis de trouver sa place au sein de l'univers Marvel. Sa carrière de justicière révolue, Jessica travaille désormais comme détective privé dans sa propre agence Alias Investigations. Mais sa vie se retrouve bouleversée lorsqu'elle découvre la véritable identité d'un célèbre héros...
(Contient les épisodes US Alias 1-15, publiés précédemment dans les albums MAX : ALIAS 1-3 et MARVEL OMNIBUS : ALIAS)

  • Sofia
    Sofia Staff MDCU

    il y a 5 ans

    Avec le succès de la série Netflix, Panini n’allait pas passer à côté de cette réédition, et on ne peut que l’approuver. La série se veut sombre et réaliste, et nous plonge dans un univers Marvel jusqu’ici très peu connu. Brian M.Bendis présente un univers qui marche avec un personnage ayant de la personnalité. Seul bémol à mes yeux : les dessins. Mais si vous aimez le genre, allez-y.

  • Kit_Fisto
    Kit_Fisto

    il y a 5 ans

    En 2001, Marvel inaugurait sa nouvelle collection "Max", destiné à un public averti, une vision bien plus sombre de l'univers Marvel. A l'instar de la série Gotham Central chez DC Comics de Ed Brubaker et Greg Rucka, Bendis créée pour Marvel un nouveau personnage, Jessica Jones. Dans une certaine "retcon", cette dernière, ancienne super-héroïne aux super pouvoirs s'est rangée et s'est reconvertie comme enquêtrice privée et a fondée son bureau Alias Investigations. On la suit à travers des histoires et des enquêtes plus au moins liées à son ancien monde tout en gardant un attrait et un point de vue réaliste, sobre mains nettement plus glauque et noir que l'univers super héroïque classique de la Maison des Idées. Comme à l'accoutumé avec Bendis c'est très bavard dans les dialogues. Mais aussi très cru et vulgaire parfois dans les propos aux vues du label plus adulte et du lectorat visé. Le personnage de Jessica Jones est parfois énervant et agaçant et c'est tout son charme qui fait que finalment ons'y attache. A noter que la série se déroule au même moment que le run de Bendis et Maleev sur Daredevil. D'ailleurs des personnages comme Matt Murdock, Luke Cage, Carol Danvers/Miss Marvel et Scott Lang/Ant-Man y font de brèves apparitions. Les dessins de Michael Gaydos pourraient rebuter certains lecteurs comics main stream mais cela reste très bien organisé avec la narration de Bendis. On peut même un faire un rapprochement avec le travail du dessinateur sur Daredevil et sur les travaux de Michael Lark sur Gotham Central pour DC. En conclusion, un comics Marvel différent et à mettre en parallèle de l'univers super-héroïques avec des enquêtes banales mais parfois liées à cet "autre monde" que l'héroïne a connu. On peut même mettre cette saga en parallèle avec le travail de Brubaker, Ricka et Lark sur Gotham Central pour la Distinguée Concurrence avec des enquêtes en parallèle au Bat-Universe. A lire pour qui voudrait en voir davantage après avoir vu la série Netflix Marvel's Jessica Jones avec Krysten Ritter qui s'en est librement et fortement inspirée.

  • jonodu55
    jonodu55

    il y a 2 ans

    Alias est une des meilleurs serie Marvel. C'est Noire, Drole (les dialogue de bendis) Beaux (Gaydos) Trée bien écrit. Superbe. 

Novembre 2015, la première saison de Marvel's Jessica Jones débarquait sur Netflix, adaptant l'un des personnages secondaires de Marvel le plus méconnu mais apprécié des fans : Jessica Jones. Créée par Brian Michael Bendis et Michael Gaydos en 2001, la série Alias qui l'a vue naitre est une série culte, tant pour sa qualité que pour ce qu'elle a apporté aux comics. On vous explique pourquoi vous devez l'avoir lu ci-dessous.

Qu'on aime ou pas Brian M. Bendis pour ses récents travaux, tout le monde s'accorde à dire que ses runs sur Ultimate Spider-Man, Daredevil et Alias sont ce qu'il a pu faire de mieux chez Marvel. Car s'il a du mal à écrire des équipes (cf les Gardiens de la Galaxie, All-New X-Men ou Avengers, où souvent après un premier arc de qualité il passe en mode "pilote automatique"), le scénariste était est doué pour écrire des héros en solo. Alias ne déroge pas à cette règle, mais partait pourtant avec un désavantage : à son lancement, la série était totalement inédite et un pari très risqué ! Début 2000, Marvel lance en effet sa gamme MAX, un label plus adulte où les auteurs peuvent prendre plus de libertés et parler ouvertement de sexe, d'alcool, de politique ou, et c'est ce qui a rendu Alias célèbre, faire jurer leur personnage. Ca ne parait pas grand chose aujourd'hui mais commencer une nouvelle série où dès la première case du premier numéro, un personnage hurle "Fuck !", c'est une première et le message de Marvel est clair.

Autre élément inédit, son personnage Jessica Jones. Si elle a paru sortir de nulle part pour beaucoup de téléspectateurs, c'était aussi le cas pour les lecteurs d'Alias #1, où Bendis fait un énorme retcon en expliquant que Jessica Jones a toujours été dans l'univers Marvel, est la meilleure amie de Miss Marvel, a même été une Avenger et histoire de rendre ça définitiement crédible, a même eu deux identités de super-héroine avant de quitter le milieu pour devenir détective. Ca peut paraitre un peu tordu mais à l'origine, Bendis avait écrit Alias pour Jessica Drew/Spider-Woman, un peu délaissée à l'époque et qui devait avec ce comics revenir sur le devant de la scène. Mais booooon, Marvel s'est peut-être refroidi en lisant le scénario et a demandé à Bendis de laisser Jessica Drew et de créer un nouveau personnage féminin... Jessica Jones ! Bon, le contexte, c'est fait, place à la review !

Pour commencer, répondons à la question une bonne fois pour toute : série TV et comics sont deux histoires différentes. S'il est indéniable que Marvel's Jessica Jones est basé sur les travaux de Bendis et Gaydos, les personnages, les histoires et l'ambiance ont quelques différences. Vous ne retrouverez donc pas l'intrigue autour de Killgrave, ni les même Jessica Jones et Luke Cage dans ce premier tome. Logique, Jessica n'a pas le même rôle dans les deux médias : l'une a eu une carrière de justicière et est spectatrice du monde Marvel depuis ses débuts, tandis que l'autre cache ses pouvoirs, n'a pas l'âme d'une super-héroine et n'a pas spécialement envie de rencontrer Tony Stark ou Thor. On retrouve cependant à différents degrés un fort penchant pour l'alcool, un certain sans gene et dégout d'elle-même et un traumatisme à surmonter (moins appuyé dans ce premier tome).

Le premier tome est composé de 3 affaires, où chaque enquête va étudier Jessica et l'univers Marvel d'un angle inédit et remettre en cause ce que nous pensions connaitre de celui-ci. Dans la première, très politique, Bendis s'intéresse à la vie privée et la sexualité des super-héros; la deuxième histoire creuse la pression qu'endurent les acolytes et la dernière le harcelement que peuvent subir les mutants des petites villes. Bendis aborde des thématiques très intéressantes et à chaque fois, fera avancer l'enquête en confrontant Jessica à deux mondes : celui des justiciers qu'elle a en partie renié (et réciproquement) et celui des gens normaux, qu'elle a du mal à intégrer du fait de son passé et ses pouvoirs. Une belle façon d'illustrer Jessica, une femme certes intelligente, indépendante et qui a du caractère, mais un peu paumée, loser et bourée de défauts, bref, un personnage bien écrit ! C'est assez rare et c'est plaisant de lire un personnage de comics mainstream agir en adulte et être confronté à de vrais problèmes du quotidien, sans avoir à affronter un MODOK ou un Darkseid. Et c'est plaisant de lire du bon Bendis, capable de nous intéresser à son sujet et à ses personnages et qui n'abusait pas encore de ses dialogues "à la Bendis" de ce style :

- Tu as vu Jessica ?
- Qui ?
- Jessica.
- Jessica Jones ?
- Jessica Jones.
- Est-ce que j'ai vu Jessica Jones ?
- Oui.
- Non.

On est donc très loin de ce qu'il a pu faire ces derniers années, et il serait bon que quelqu'un amène le Bendis du passé à notre époque pour qu'il raisonne le Bendis du présent (...). Et en bonus, nous avons une histoire courte où Jessica est engagée par J.J.Jameson pour démasquer Spider-Man. L'histoire est très drôle et casse avec le reste du récit par sa narration.

En ce qui concerne le dessin, c'est Michael Gaidos qui est à l'oeuvre, un dessinateur qui a tout à fait sa place sur un titre indépendant, ce qu'est un peu Alias. Il instaure une ambiance très intimiste et joue énormément avec ses pages, avec de bonnes idées comme par exemple les scènes où le/la client(e) expose son dilemne à Jessica. Cependant, Gaidos a un style un peu particulier et il vous faudra un temps d'adaptation si vous le découvrez. Et s'il fait dans l'ensemble du bon boulot, on peut serrer les dents devant certains visages qui changent radicalement d'une case à l'autre. Et vu qu'on est dans les points négatifs, quel dommage que Panini réédite la série dans un Select plutôt qu'un Deluxe voir un Icons...

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Bendis, quand il était excellent
- Marvel autrement
- Jessica Jones

LES POINTS FAIBLES

- Il faut apprécier le style de Gaidos
- Ca aurait mérité un Icons

 

4

C'est un oui

Conclusion

Jessica Jones : Alias est donc une lecture indispensable pour tout fan de comics !