Scénario : Ed. BRUBAKER
Dessin : Michael LARK Sean PHILLIPS
Couleurs : James SINCLAIR

Dans une tentative de reconstruire sa vie brisée, le détective Jack Herriman a emménagé chez son oncle Knut, célèbre photographe de scène de crime. Alors qu'il se remet à peine d'une affaire qui a mal tourné, Jack accepte un dossier, simple en apparence. Mais ce qui ressemble à une banale disparition de personne se transforme en enquête pour homicide, sordide, imprégnée du parfum de scandale...
Contient les épisodes US Scene of The Crime #1-4.

  • jonodu55
    jonodu55

    il y a 4 ans

    Un trés Bon Polar qui se laisse lire facilement. Des Secret des meurtres et tout un tas de sous intrigue... Bref un Trés bon comics! 

A Little Piece of Goodnight...

Scene of the Crime (1999)

A Little Piece of Goodnight...

Scene of the Crime (1999)

A Little Piece of Goodnight...

Scene of the Crime (1999)

A Little Piece of Goodnight...

Scene of the Crime (1999)

Delcourt ressort des tiroirs un des premiers polars du scénariste Ed Brubaker, et sa première collaboration avec Michael Lark, qu'il recroisera ensuite sur Gotham Central, Daredevil ou encore The Winter Soldier. Et c'est aussi son premier travail avec Sean Phillips, qui est encreur sur ce titre, avant les très reconnus Criminal, Incognito et plus récemment Fatale. Ce [i]Scene Of The Crime[/i] est une mini-série en 4 numéros, publiée sous le label Vertigo en 1999 avant d'être rééditée chez Image Comics. [center][galerie2]http://www.mdcu-comics.fr/upload/news/news_illustre_1384996904_480.jpg[/galerie2][/center] Ed Brubaker et Michael Lark nous emmènent à la rencontre du détective Jack Herriman, qui traverse une période difficile et se retrouve à travailler depuis le premier étage de la boutique de son oncle Knut Herriman, un célèbre photographe de scène de crime, qui l'aide à se remettre sur pied. Jack accepte une nouvelle mission qui semble plutôt simple en apparence, sauf qu'elle va bien sûr rapidement se corser et tirer encore plus le pauvre détective vers le fond. Ed Brubaker est depuis devenu très célèbre pour ses polars de grande qualité et est surement l'un des auteurs les plus reconnus du genre dans l'industrie du comic book, avec notamment Greg Rucka. Et on sent bien que dès son premier coup d'essai, il avait déjà tout compris. Il y a ici tous les éléments pour construire un bon polar comme on les aime : noir, pessimiste et sans concession. Tout d'abord le personnage principal. Jack est paumé et sa vie est en désordre total, Brubaker le met bien en avant dès les premières scènes. Et c'est exactement ce genre de personnage qu'il faut pour nous plonger dans les abîmes d'une histoire à l'ambiance très sombre, qui n'aura rien de réjouissante du début à la fin. C'est le genre d'affaire qui va faire encore plus sombrer le personnage, qui va nous emporter avec lui dans de sales endroits, à la rencontre de personnes pas très fréquentables ni rassurantes, mais aussi dans les recoins les plus sombres de sa psyché. Et c'est là qu'on aime être, on aime se sentir mal à l'aise, on aime suivre les péripéties de ce mec qui n'a rien pour lui, qui ne cesse d'être embarqué dans des spirales négatives et de faire les mauvais choix et toucher le fond. C'est sur ce genre de personnage que repose tout bon polar digne de ce nom car c'est ce qu'il y a de plus cruellement réaliste, de plus froidement sincère. Un polar, ce n'est pas le monde des p'tits poneys colorés, la lecture doit avoir un impact sur le lecteur, laisser une empreinte, tout du moins à court terme. Et si [i]Scène de crime[/i] n'est sans doute pas le polar le plus marquant que j'ai pu lire, il est tout de même loin de m'avoir laissé indifférent, le scénario de Brubaker est assez habile pour que l'on éprouve de l'empathie pour le personnage et pour nous faire plonger petit à petit avec lui au cœur de cette sombre intrigue. Le scénariste ne va pourtant pas jusqu'au bout du pessimisme, comme souvent dans ce genre d'histoires, cette affaire s'avère être le salut du personnage, une épreuve cathartique, dont il ressort grandi et plus fort. Toucher le fond pour mieux rebondir, en somme. On n'est loin du happy end mais quelque part dans tout ce chaos, Jack se reconstruit et peut de nouveau aller de l'avant. C'est un voyage et un combat qui est bien mis en scène par les auteurs, illustrés tout du long par sa relation avec un être cher, qui sert presque de baromètre de l'état de la vie du détective.
Pour une histoire de cet acabit, il faut aussi des thèmes de poids pour pouvoir la porter et c'est ce qui nous ait offert ici. Sectarisme, viol, meurtre, les sujets abordés sont loin d'être légers et innocents et plombent encore plus le récit, dans le bon sens du terme. Pour autant, Brubaker évite de tomber dans le piège du jugement et d'un aspect moralisateur qui aurait été de mauvais goût. Il décrit simplement les faits et libre à chacun de les interpréter comme il le souhaite. Et c'est aussi cet aspect qui donne sa froideur et son côté réaliste à ce récit, on nous le présente comme si c'était normal, une histoire parmi tant d'autres, des faits qui au final, ne choqueront pas tant de monde que ça. Mais ce n'est pas une simple affaire pour autant et c'est bien là l'intérêt, ces faits servent à construire la spirale négative autour du personnage principal et à ajouter ce degré de gravité à l'histoire. Un des autres points forts de ce récit, là aussi indispensable à une histoire policière réussie telle que celle-ci, est la construction de l'intrigue et du mystère tout du long, jusqu'aux révélations finales. Tout est crédible, on n'est pas mené en bateau durant toute la lecture pour nous assener d'un coup une grosse surprise à la fin. On suit logiquement l'affaire telle qu'elle se dévoile, avec ses fausses pistes et ses indices parsemés, de la même manière que le fait le personnage principal. Il n'y a pas d'éléments inconnus à Jack qui nous sont dévoilés et nous donnent de l'avance sur lui, on avance à son rythme, on découvre les choses et on se trompe en même temps que lui. Le puzzle se construit petit à petit, l'intrigue devient de plus en plus passionnante et captivante. On se retrouve rapidement à ne plus vouloir lâcher le bouquin et à continuer de tourner les pages avec excitation pour connaître le fin mot de l'histoire, et ça même à une heure tardive alors qu'on s'était promis de ne lire qu'un petit bout avant d'aller se coucher. Et c'est aussi tout l'univers et les personnages crées autour de cette affaire qui rendent l'histoire aussi passionnante. Ils sont tous très intéressants et ont leurs rôles importants à jouer. Le seul petit bémol que l'on pourrait retenir pour ce récit de Brubaker et Lark est le fait qu'il soit un peu trop classique. Oui, c'est un polar dans sa plus pure expression mais trop pure peut-être. Il fonctionne rudement bien mais nous offre rien d'autre à côté, il ne dépasse pas le cadre de sa fonction. Ceux qui souhaitaient lire un polar pur et dur seront surement satisfaits mais ceux qui cherchent le petit grin de folie en plus d'un comic book resteront peut-être un peu sur leur faim. Il faut cela dit remettre ce [i]Scène de Crime[/i] en contexte et se rappeler qu'il s'agit des débuts de Brubaker dans le genre et qu'il n'avait surement pas grand intérêt à se compliquer la tâche et plutôt à faire du classique mais diablement bien maitrisé.
Si le scénario est efficace, les dessins de Michael Lark le sont tout autant. Dans un polar comme celui-ci où il n'y a pas énormément d'action et beaucoup de dialogues et de conversations, tout repose sur le langage corporel et les expressions des personnages, ce que le dessinateur réussi à retranscrire à merveille. Les différents états d'esprit et la psychologie du personnage principal, et ceux de tous les autres d'ailleurs, sont vraiment bien traités et offrent toute sa puissance au récit. Le trait assez rude et « sauvage » de Lark colle parfaitement à une histoire aussi noire et lourde que celle-ci. Le seul défaut du dessinateur réside dans ses visages, qui sont parfois mal proportionnés et pas très jolis. Un défaut qui est vite occulté lorsque l'on est plongé cette lecture passionnante. Les couleurs de James Sinclair sont elles aussi efficaces en accentuant ce côté « rude », même colorées elles restent assez froide. Elles ne sont pas non plus très subtiles et travaillés, c'est brut, comme le récit. [b]Scène de crime est un des premiers travaux d'Ed Brubaker dans le genre mais possède déjà toutes les qualités de ses futures œuvres et tous les éléments qui font les très bons polars. Le scénario est passionnant et parfaitement maitrisé, les personnages sont réels et attachants et les thèmes forts et engageants. Cette histoire de vous laissera sans doute pas indifférent et c'est bien pour cela qu'il ne faut pas la rater.[/b]
Il y a une petite histoire de 5 pages en bonus, qui reprend le personnage de Jack Herriman dans une autre affaire, publiée dans le numéro collectif [i]Vertigo : Winter's Edge #2[/i]. Elle se déroule à Noël et réussit à être très puissante et impactante en quelques pages. Un bonus qui ne se refuse pas. On a aussi le droit aux covers de la série réunies en fin d'ouvrage et une préface très sympa de Brian Michael Bendis. Dans l'ensemble, une belle édition que Delcourt a eu la bonne idée de nous offrir pour pouvoir découvrir cette œuvre d'Ed Brubaker. [conclusion=4][/conclusion] [onaime]- Une excellente maitrise de l'intrigue - Tous les codes des polars - Une ambiance noire et des thèmes lourds - Un personnage principal bien travaillé - Des dessins qui accentuent l'ambiance[/onaime][onaimepas]- Une construction peut-être trop classique[/onaimepas]