Lorsque Aisha, jeune musulmane, emménage dans un nouvel appartement, ses nuits sont perturbées par des cauchemars terrifiants. Elle découvre cependant que les démons qui peuplent ses rêves ne sont pas le produit de son imagination mais révèlent un mal plus grand, tapis derrière dans les murs de cet immeuble où un drame a eu lieu quelques mois plus tôt. À leur tour, les voisins d'Aisha se retrouvent victimes d'entités qui ne se nourrissent pas de la peur, mais de la xénophobie.
Contenu vo : #1-5

Pas d'avis pour le moment.

La review du jour est un titre proposé par Urban Comics. Il s'agit d'Infidel, écrit par Pornsak Pichetshote et dessiné par Aaron Campbell. Il est sorti le 8 octobre pour 16 euros. Il contient les titres US Infidel #1-#5.

Lorsque Aisha, jeune musulmane, emménage dans un nouvel appartement, ses nuits sont perturbées par des cauchemars terrifiants. Elle découvre cependant que les démons qui peuplent ses rêves ne sont pas le produit de son imagination mais révèlent un mal plus grand, tapis derrière dans les murs de cet immeuble où un drame a eu lieu quelques mois plus tôt. À leur tour, les voisins d'Aisha se retrouvent victimes d'entités qui ne se nourrissent pas de la peur, mais de la xénophobie.

Le racisme est un cancer incurable. Au mieux, il entre en rémission.

Autant le dire tout de suite, Infidel est un excellent titre. Comparé à de nombreuses reprises à juste titre au film Get out (tout du moins sur le fond, pas sur la forme), ce récit horrifique possède de nombreuses qualités. Ce n'est pas tant le fait qu'il y ait plusieurs niveaux de lectures qui impressionne (bien que dans les faits, il y en a effectivement plusieurs) mais plutôt le fait que l'auteur jongle avec de nombreuses notions liées au racisme et que nous voyons tous les jours. Est-ce que le personnage est raciste s'il dit telle chose ? Ou est-ce une simple maladresse ? Un préjugé ? Une affaire de goût ? De la méfiance ? Toutes ces notions sont utilisées avec brio pour offrir un titre complexe, bien écrit et qui pousse à la réflexion autour de la question "comment perçoit-on l'autre ?". Avec une telle approche et une telle qualité d'écriture, il ne faut pas longtemps pour que le lecteur se sente aussi oppressé que les personnages. De plus, nous ne parlons ici que de l'écriture en elle-même. Mais pour ce qui est de la partie horrifique, c'est également du lourd ! C'est glauque et perturbant à souhait. L'auteur maîtrise la narration et le rythme est très bon. Il n'y a aucun temps mort. Enfin, l'ambiance générale et l'atmosphère sont assez uniques. Pour les amateurs d'histoires horreurs qui ne mettent pas forcément quatre litres de sang par page, c'est à tester.

Il y a des choses, ici. On doit partir.

Pour ce qui est de la partie graphique, nous sommes face à du très, très bon boulot. Le contraste scène réaliste et scène surnaturelle est assez dingue et plusieurs cases valent clairement le détour comme la toute dernière du chapitre 3. Les créatures sont très bien représentées et ont des designs plutôt bien pensées. Elles possèdent un côté "flou", "crade" qui est plutôt bien pensé. Ajoutez à cela une mise en scène très bien pensée et une colorisation au top et vous avez une partie graphique irréprochable.

Pour ce qui est de la cover, c'est la même chose. Le jeu des couleurs est magnifique. De plus, elle représente plutôt bien l'oeuvre en elle-même et se permet même le luxe d'avoir une certaine symbolique. Il s'agit d'une cover tappe à l'oeil dans le bon sens du terme.

En bonus, vous trouverez des postfaces de Jose Villarrubia et de Jeff Lemire, une galerie de covers et de covers alternatives, les étapes de la création de la cover, un carnet de dessins ainsi que les biographies des auteurs.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- L'écriture
- L'horreur
- Une belle édition
- La partie graphique
- La cover
- Beaucoup d'autres choses

LES POINTS FAIBLES

Aucun.

 

5

Superbe !

Conclusion

Un récit bien écrit, maîtrisé et dérangeant. Une excellente surprise !