Scénariste : Brian Ralph
Illustrateur : Brian Ralph

Daybreak est vu à travers les yeux d’un observateur silencieux alors qu’il suit son protecteur et fuit les ombres de la menace zombie imminente.
Vous vous réveillez dans les décombres et vous voyez un homme en lambeaux, avec un seul bras, vous saluer. Il vous emmène sous terre, dans un lieu sûr, vous propose à manger, vous offre un endroit où dormir. Et puis il vous annonce qu’il prendra le premier quart de surveillance. Lorsque vous êtes vous-même protagoniste de l’histoire, le danger n’est que plus présent…

  • Jeff
    Jeff Staff MDCU

    il y a 1 mois

    Daybreak est un comics aussi déroutant que bon (et par bon, entendez en réalité "très bon" ou même "excellent"). Le synopsis est assez simple en fait : il y a des choses dehors qui bouffent les vivants. Donc vous vous planquez avec les quelques autres vivants qui restent et vous essayez de trouver de quoi survivre. En somme, il s'agit d'un survival tout ce qu'il y a de plus classique. Sauf qu'il s'agit là de la seule "banalité" de ce comics. Pour tout le reste, c'est un festival d'originalité et de prises de risque. Tout d'abord, l'approche. Vous commencez par une simple rencontre : un homme avec uniquement un bras. On ne connait pas ses arrières-pensées mais il reste sympathique et extrêmement bienveillant. On ne sait pas trop quelle direction le comics va prendre mais, entre tous les "entrez, entrez, faites comme chez vous", on vous parle rapidement de "sécurité" et de "tour de garde". Il y a donc clairement quelque chose qui ne colle pas et qui intrigue. Et la première attaque, à la fois incroyable et expéditive, termine d'accrocher le lecteur. Voilà les premières pages du comics.
    L'autre point fort du récit est la narration. En fait, tout le comics utilise le point de vue interne. Pas d'intervention du narrateur et pas d'intervention de votre part. Vous êtes à la place d'un personnage (toujours le même), vous voyez ce qu'il voit (on ne sait donc pas à quoi vous "ressemblez"), mais vous ne dites rien. Cette approche sous-entend également que le personnage que vous venez de rencontrer est, indirectement, dans un monologue continuel puisque vous ne répondez jamais. On pourrait même penser que vous n'existez pas, que tout se passe dans la tête du personnage que vous venez de rencontrer mais il n'en est rien car il y a effectivement quelques preuves de votre existence. Donc, lorsque le personnage vous pose une question puis rebondit sur votre réponse, vous avez bel et bien répondu. C'est juste que le lecteur ne voit jamais les réponses en question. C'est un petit peu comme dans certains anciens jeux vidéo. C'est une approche peu commune qui va conditionner toute votre lecture. Et c'est également ce qui va la rendre si intéressante.
    Les créatures à l'extérieur ne sont pas très présentes et frôlent le prétexte. On ne sait rien sur elles et, finalement, on s'en fout un peu. Ce n'est pas ce qui est le plus important et l'auteur le fait bien comprendre. A côté de cela, vous avez des personnages intéressants, de bons dialogues, des retournements de situation plutôt sympathiques et les scènes fortes laissent, de temps en temps, place à des scènes plus légères, parfois drôles. Le point de vue interne adopté renforce la proximité avec le lecteur et permet d'entrer très vite dans l'univers de Brian Ralph. D'ailleurs, ce n'est pas plus mal que l'on entre vite dans le vif du sujet car le comics se lit extrêmement vite.
    Pour ce qui est de la partie graphique, le travail proposé est très différent de ce que l'on a l'habitude de voir. Les dessins ne sont pas aussi détaillés que dans un comics ordinaire mais ils restent plus détaillés que dans de simples croquis. C'est un style particulier, sans prétention et qui ne nécessite pas un grand temps d'adaptation. De manière générale, le tout est plutôt bon. Le fait que tout soit réalisé d'un point de vue interne fait que l'on ne peut pas se permettre de grosses folies en terme de mise en scène et pourtant, cette dernière reste particulièrement soignée. Enfin, à noter que le comics est intégralement en noir et blanc et offre quelques jeux d'ombres bien sympathiques.
    La cover qui est très révélatrice de la partie graphique mais également de l'ambiance du comics au sens large. Elle semble ne rien raconter alors que, justement, elle en dit long. Il s'agit d'une cover parfaite pour ce comics.
    Nous allons terminer par le lien avec Netflix. Delcourt a placé une petite étiquette sur le comics signalant que le comics a été adaptée en série TV par Netflix. C'est un fait. Je tiens juste à préciser que je ne connais que le comics. Je ne connais pas la série TV et je ne peux donc pas faire de comparaison. Néanmoins, au vu du résumé de la série Netflix, on dirait bien que l'on s'éloigne quand même pas mal du comics mais à nouveau, je ne l'ai pas vu, je ne peux pas l'affirmer.

La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit de Daybreak, écrit et dessiné par Brian Ralph. Il est sorti le 22 janvier 2020 pour 19.99 euros.

Daybreak est vu à travers les yeux d’un observateur silencieux alors qu’il suit son protecteur et fuit les ombres de la menace zombie imminente.
Vous vous réveillez dans les décombres et vous voyez un homme en lambeaux, avec un seul bras, vous saluer. Il vous emmène sous terre, dans un lieu sûr, vous propose à manger, vous offre un endroit où dormir. Et puis il vous annonce qu’il prendra le premier quart de surveillance. Lorsque vous êtes vous-même protagoniste de l’histoire, le danger n’est que plus présent…

 

Voilà du café. J'espère que tu aimes quand il est épais. En fait, c'était peut-être de la soupe.

Daybreak est un comics aussi déroutant que bon (et par bon, entendez en réalité "très bon" ou même "excellent"). Le synopsis est assez simple en fait : il y a des choses dehors qui bouffent les vivants. Donc vous vous planquez avec les quelques autres vivants qui restent et vous essayez de trouver de quoi survivre. En somme, il s'agit d'un survival tout ce qu'il y a de plus classique. Sauf qu'il s'agit là de la seule "banalité" de ce comics. Pour tout le reste, c'est un festival d'originalité et de prises de risque. Tout d'abord, l'approche. Vous commencez par une simple rencontre : un homme avec uniquement un bras. On ne connait pas ses arrières-pensées mais il reste sympathique et extrêmement bienveillant. On ne sait pas trop quelle direction le comics va prendre mais, entre tous les "entrez, entrez, faites comme chez vous", on vous parle rapidement de "sécurité" et de "tour de garde". Il y a donc clairement quelque chose qui ne colle pas et qui intrigue. Et la première attaque, à la fois incroyable et expéditive, termine d'accrocher le lecteur. Voilà les premières pages du comics.

L'autre point fort du récit est la narration. En fait, tout le comics utilise le point de vue interne. Pas d'intervention du narrateur et pas d'intervention de votre part. Vous êtes à la place d'un personnage (toujours le même), vous voyez ce qu'il voit (on ne sait donc pas à quoi vous "ressemblez"), mais vous ne dites rien. Cette approche sous-entend également que le personnage que vous venez de rencontrer est, indirectement, dans un monologue continuel puisque vous ne répondez jamais. On pourrait même penser que vous n'existez pas, que tout se passe dans la tête du personnage que vous venez de rencontrer mais il n'en est rien car il y a effectivement quelques preuves de votre existence. Donc, lorsque le personnage vous pose une question puis rebondit sur votre réponse, vous avez bel et bien répondu. C'est juste que le lecteur ne voit jamais les réponses en question. C'est un petit peu comme dans certains anciens jeux vidéo. C'est une approche peu commune qui va conditionner toute votre lecture. Et c'est également ce qui va la rendre si intéressante.

Les créatures à l'extérieur ne sont pas très présentes et frôlent le prétexte. On ne sait rien sur elles et, finalement, on s'en fout un peu. Ce n'est pas ce qui est le plus important et l'auteur le fait bien comprendre. A côté de cela, vous avez des personnages intéressants, de bons dialogues, des retournements de situation plutôt sympathiques et les scènes fortes laissent, de temps en temps, place à des scènes plus légères, parfois drôles. Le point de vue interne adopté renforce la proximité avec le lecteur et permet d'entrer très vite dans l'univers de Brian Ralph. D'ailleurs, ce n'est pas plus mal que l'on entre vite dans le vif du sujet car le comics se lit extrêmement vite.

La hache. Prenez la hache dans mon sac.

Pour ce qui est de la partie graphique, le travail proposé est très différent de ce que l'on a l'habitude de voir. Les dessins ne sont pas aussi détaillés que dans un comics ordinaire mais ils restent plus détaillés que dans de simples croquis. C'est un style particulier, sans prétention et qui ne nécessite pas un grand temps d'adaptation. De manière générale, le tout est plutôt bon. Le fait que tout soit réalisé d'un point de vue interne fait que l'on ne peut pas se permettre de grosses folies en terme de mise en scène et pourtant, cette dernière reste particulièrement soignée. Enfin, à noter que le comics est intégralement en noir et blanc et offre quelques jeux d'ombres bien sympathiques.

La cover est très révélatrice de la partie graphique mais également de l'ambiance du comics au sens large. Elle semble ne rien raconter alors que, justement, elle en dit long. Il s'agit d'une cover parfaite pour ce comics.

Nous allons terminer par le lien avec Netflix. Delcourt a placé une petite étiquette sur le comics signalant que le comics a été adapté en série TV par Netflix. C'est un fait. Je tiens juste à préciser que je ne connais que le comics. Je ne connais pas la série TV et je ne peux donc pas faire de comparaison. Néanmoins, au vu du résumé de la série Netflix, on dirait bien que l'on s'éloigne quand même pas mal du comics mais à nouveau, je ne l'ai pas vu, je ne peux pas l'affirmer.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le point de vue utilisé
- Les personnages
- La mise en scène
- Les dialogues

LES POINTS FAIBLES

Aucun.

 

5

Très bonne surprise !

Conclusion

Un comics atypique extrêmement bien pensé. Derrière son synopsis tout ce qu'il y a de plus banal se cache beaucoup d'originalité. Nous conseillons, et plutôt deux fois qu'une !