Reborn #1

Reborn (2016)

Reborn #2

Reborn (2016)

Reborn #3

Reborn (2016)

Reborn #4

Reborn (2016)

Reborn #5

Reborn (2016)

Reborn #6

Reborn (2016)

Auteurs : Millar, Capullo

Lorsqu’on meurt, on ne va ni au Paradis, ni en Enfer mais dans un nouvel univers où il faut se battre pour survivre. On y retrouve aussi les gens qu’on a aimés... et ceux qui nous détestent.
(Contient les épisodes US Reborn 1-6, inédits)

  • Sofia
    Sofia Staff MDCU

    il y a 4 ans

    Si au départ l’univers se valait proche de la fantaisy tout en abordant des thèmes métaphysiques revenant sur les notions de Paradis et Enfer. Malheureusement, Millar en reste très loin dans les développer ce qui déçoit. Heureusement que Capullo et là pour présenter des dessins magnifiques. Malgré ma déception, ce titre reste une bonne découverte.

  • Tyler_Durden
    Tyler_Durden

    il y a 3 ans

    Bien mais pas fou il y a mieu dans le millarworld

  • demis27
    demis27

    il y a 1 an

    Le concept est simple. Les habitants de la Terre, humains ou animaux de compagnie, une fois morts arrivent dans un nouveau monde. Celui-ci est un mélange de Fantasy et de Science Fiction. Ou les gentils et les méchants se font la guerre (enfin c'est surtout les méchants qui font la guerre aux gentils).
    Et nous suivons l'histoire de Bonnie, arrivé dans ce nouveau monde après une vie bien remplie sur Terre. Elle est l'élue, celle qui devra libérer le royaume d'Adystrie.

    Je ne suis pas une grande fan de Mark Millard. Certes il a fait de bonne chose (la première minisérie Kick Ass, Superman Red Son, Old Man Logan), mais je trouve que son talent est surestimé. Mais en dehors d'une bonne idée de départ il a du mal à créer une histoire complète et profonde. J'ai entendu l'expression à propos de Mark Millard, c'est un scénariste de pitch, pas d'histoire. Et je la trouve souvent véridique. Ce comic était mis en avant dans la médiathèque de ma ville. Alors je me suis dit, pourquoi pas. C'est donc Mark Millard au scénario et Greg Capullo aux dessins.

    Côté scénario, Mark Millard ouvre des tonnes de pistes à partir de ce postulat de base. Mais il n'en exploite presque aucune, souvent mal, comme celle du général Frost. Une des rares exceptions est celle du grand méchant, Lord Golgotha.

    Dans ce monde, les gens bien arrivent dans le camp des gentils, les gens mauvais arrivent dans le camp des méchants. Il n'y a pas de trace de rédemption, et les méchants, même lorsqu'on les libère se retournent contre les gentils.
    Un monde en noir et blanc sans nuances. Et donc nous avons, une bonne idée de départ, mais au final une histoire du bien contre le mal plutôt classique, trop classique, et manichéenne et cela réduit fortement l'intérêt de ce comic.

    Côté dessin, pas grand-chose à dire Mark Millard s'entoure toujours de très bons dessinateurs, et Greg Capullo fait très bien le job. L'encrage de Jonathan Glapion et la colorisation de Franscico Plascencia (tous les deux ont souvent travaillé avec Greg Capullo) sont très cohérent avec les dessins de Greg Capullo.

    Dans les dessins on distingue deux ambiances, presque deux styles différents. Le premier est un style lumineux, ligne claire, couleurs vives. Celui-ci est destiné aux bons, aux côtés "gentils" des personnages et des lieux. Le second un style sombre, ligne tortueuse, couleurs moins vives. Ce dernier est destiné aux côtés "méchant" des personnages et des lieux. Cela ressemble beaucoup à ce que Greg Capullo et ses comparses nous ont livré sur les titres Spawn ou encore Batman.
    Deux styles qui correspondent aux deux côtés manichéens de l'histoire.

    Bref malgré les dessins plutôt très bon de Capullo, je n'ai pas réussi à accrocher. J'ai même eu du mal à finir ce comic. Malgré une bonne idée de départ, l'histoire reste creuse.

On continue notre rubrique autour du Millarworld avec, cette fois, un numéro consacré à Reborn. Enjoy !

Pour ses séries, Mark Millar part souvent d'une idée attrayante et l'exploite avec plus ou moins de bonheur. Alors, quand il nous présente une histoire dont le concept de départ semble bancal, on peut s'attendre au pire. Car, autant le dire tout de suite, l'intrigue de Reborn laisse pantois : lorsque l'on meurt, on ne se retrouve ni en Enfer, ni au Paradis, mais dans un monde d'Heroic Fantasy où l'on doit combattre le camp adverse. Eh oui chers lecteurs, feue votre arrrière-grand-mère est sûrement revêtue d'une armure à affronter des trolls. Vous conviendrez qu'il y a de quoi rester sceptique. Dans ce contexte, Millar arrivera-t-il à convaincre ?

 

Comme à son habitude, l'auteur écossais débute par une scène choquante censée éveiller la curiosité, avant d'entamer réellement le récit de Bonnie Black. Bonnie est une veuve âgée qui vit dans la crainte permanente de la mort. Elle ne croit pas en l'au-delà et se demande si sa vie a été utile ou si rien n'a de sens. Mais, pour Millar, il est hors de question de s'attarder sur les angoisses existentielles de Mamie Bonnie. Il faut vite passer à de l'action plus racoleuse. Alors il expédie la présentation de Bonnie, sa vie, son oeuvre pour la faire passer ad patres. Dommage car, malgré les poncifs, il aurait facilement pu rendre attachante cette brave dame, seule et démunie face à son trépas. 

Sitôt défunte, notre grand-mère se réveille sur un champ de bataile inconnu, dans un costume futuriste et un corps rajeuni d'une cinquantaine d'années. Comme si ce n'était pas assez destabilisant, les belligérants semblent sortis de mauvais romans de SF et d'Heroic Fantasy. Et pour couronner le tout, certains des guerriers ne lui sont pas inconnus. Mais, d'ailleurs, ces visages familiers n'étaient-ils pas censés être morts ?

Le premier épisode s'achève, nous laissant avec un grand nombre de questions et l'envie inévitable de lire le numéro suivant. Malgré ses égarements, Millar reste un conteur efficace et sait tenir le lecteur en haleine. Hélas, si à ce stade de l'histoire, il est encore possible d'entretenir quelque espoir sur l'intérêt de la série, la suite ne fera que confirmer nos craintes.

L'un des principaux intérêts de l'Heroic Fantasy est de proposer des mondes emplis de peuples et de créatures imaginaires liés par une longue histoire, le tout fournissant un socle solide à la construction de récits d'aventure. Tolkien a consacré sa vie à élaborer l'univers du Seigneur des Anneaux. S'inspirant  des mythologies et légendes européennes, il a créé la Terre du Mileu, un territoire dont il a établi la topographie à l'aide de cartes, inventé les langues (il était philologue), écrit l'histoire (notamment dans le Silmarillion) et pensé chaque détail. C'est grâce à la richesse de son substrat que son oeuvre a révolutionné la littérature du XXe siècle et bouleversé l'imaginaire de l'Occident.

Chez Millar, la démarche est tout autre : il esquisse un monde post-mortel imprécis pour y plonger son héroïne et lui fait affronter une succession de dangers et créatures maléfiques. Sans chercher à donner la moindre cohérence au tout. On se croirait dans l'imaginaire d'un gamin de 8 ans qui mélange dans un joyeux patchwork tout ce qui lui plaît. L'accumulation de poncifs commence dès que l'auteur écosssais envoie Bonnie explorer ces contrées inconnues à travers - comme c'est original - une quête. Il y a certes quelques éléments qui sortent un peu de l'ordinaire comme les animaux domestiques que l'on retrouverait dans l'après-vie. Mais là encore il ne fixe aucune règle. Ainsi, le chien de Bonnie reste un chien tandis que son chat devient une créature anthropomorphique douée de parole et de raison. Vous ne trouvez pas cela logique ? Attendez de découvrir pourquoi son ancien matou préféré veut la tuer. C'en est consternant. 

A force de rechercher en permanence le sensationnel et la facilité, Millar finit par sombrer dans le ridicule. Il avait un sujet potentiellement en or : les conséquences des actions de sa vie sur son après-vie. Il s'aventurait sur les mêmes voies que les religions pour chercher des réponses aux plus grandes questions qui taraudent l'humanité. Et il ne trouve rien de mieux à nous offrir qu'un mauvais récit d'aventure, des personnages sans épaisseur, des rebondissements téléphonés et une imagination au rabais. Dans Chosen (renommé depuis American Jesus), Millar se montrait très irrévérencieux envers le Christianisme. Il semble avoir ici limé ses griffes et endossé l'uniforme du politiquement correct, faisant le choix de ne prendre aucun risque et de nous asséner une morale consensuelle. 

Entre réflexions avortées, émotions non exploitées et divertissement raté, il ne reste pas grand-chose à sauver du scénario. Il faut donc se tourner vers les dessins de Greg Capullo pour chercher un vague intérêt justifiant cette lecture. Ayant passé l'essentiel de sa carrière à illustrer des récits horrifiques (Spawn, The Creech), Capullo avait par la suite pris en main la destinée graphique du Batman sombre et urbain de Scott Snyder. Reborn, avec son environnement visuel très différent de ses oeuvres précédentes, pouvait représenter un défi pour l'artiste. Cependant, les nombreux massacres et créatures monstrueuses qui parsèment les pages lui fournissent un chemin relativement balisé. Et lorsqu'il sort de sa zone de confort, il reste à l'aise, comme sur les paysages féériques où il apporte la touche d'exotisme attendue. A l'aise, il l'est également avec ses personnages dont il maîtrise la posture et le langage non verbal. Mais c'est sur les pleines pages qui concluent chaque chapitre qu'il s'amuse le plus. Tout n'est donc pas à jeter dans ce volume, les amateurs du dessinateur seront comblés. 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

Greg Capullo

LES POINTS FAIBLES

Tout le reste

 

1.5

Le pire du Millarworld

Conclusion

On savait Millar capable du meilleur comme du pire. Ici, nous avons droit au pire. Non pas qu'il se soit vautré dans l'outrance ou la provocation gratuite comme il a pu le faire par le passé. Au contraire, il sombre dans l'excès inverse : morale lénifiante de naïveté et de manichéisme. Univers incohérent, personnages sans relief, réflexion superficielle, intrigue sans intérêt... Il n'y a hélas pas grand-chose à sauver, à part les planches de Capullo.