Contient les chapitres 1 à 5.

  • Hawkguy
    Hawkguy Staff MDCU

    il y a 3 ans

    Le pitch ne m'a pas attiré mais j'y suis allé pour Donny Cates mon nouveau chouchou et que dire... C'est bien ? Je serai au rendez vous pour le tome 2 tellement c'est cool ? Mais c'est un peu court et pas aussi fou que je pouvais l'espérer ? En tout cas ma série promet pas mal de bonnes choses, à tenter !

La review du jour est un titre proposé par Snorgleux. Il s'agit de Babyteeth Tome 1 : Il est né. Le numéro est écrit par Donny Cates et est dessiné par Garry Brown. Il est sorti le 31 août pour 16,50€. 

Saddie Ritter a seize ans, elle est enceinte de neuf mois et elle stresse comme jamais. Ce n'est pas facile d'avoir un bébé aussi jeune mais heureusement qu'elle peut compter sur le soutien de sa famille. Tout devrait donc bien se passer... sauf qu'elle accouche du plus mignon des antéchrists, ce qui entraîne des situations assez inhabituelles pour une jeune maman... Des assassins, un raton-laveur démoniaque, un périple infernal et bien d'autres surprises...

Au coeur de Babyteeth, une histoire de famille, celle d'une maman qui tente simplement d'élever et de protéger son enfant qu'elle aime plus que tout.

Babyteeth est une oeuvre particulière. Vu le synopsis, on peut penser que l'opus est dans la lignée de The Omen et autres Rosemary's Baby. Dans les faits, c'est un peu plus compliqué que cela. Certains seraient tentés de dire qu'il s'agit du même genre et, qu'à ce titre, il s'agit d'un très mauvais remake des films cités ci-dessus mais cela ne serait pas tout-à-fait exact. Certes, l'idée générale et bien la même vu comme c'est parti mais, pour le reste, l'approche est totalement différente. Là où les films jouaient la carte de l'épouvante, la BD joue la carte du drame. Le fait que l'enfant soit démoniaque n'est ici que le contexte de l'histoire. Pour le reste, le scénariste se focalise avant tout sur la famille à savoir l'enfant, la mère, la tante, le grand-père. Le tout a une dimension particulièrement intimiste du fait que la narratrice soit la mère de l'enfant justement. Nous suivons son parcours, ses craintes et ce, avant même qu'elle n'accouche. Tout ceci, en plus des mots qui sont plutôt bien choisis, permettent une immersion immédiate. De plus, cette approche permet également à la mère de teaser la suite des évènements. Elle se confie à l'enfant mais il lui arrive de ne pas suivre l'ordre des évènements. Elle peut donc très bien parler d'un démon raton laveur avant de corriger et de dire qu'elle y reviendra plus tard. C'est à la fois drôle et intéressant.

La mise en scène est bonne, le découpage efficace, tout comme les dialogues et les passages narratifs qui sont une des forces de l'oeuvre. Il y a également pas mal de symboliques et de nombreuses situations qui méritent le débat. Ainsi, il y aurait beaucoup de choses à dire sur l'absence du père de l'enfant. Il y a également pas mal de choses à dire concernant le grand-père et la tante. Cette dernière est un personnage assez déroutant, assez difficile à cerner. Enfin, notons quelques petits clin d'oeil ci et là aux comics. On peut penser à l'enfant qui se nomme Clark ou à un poster de Batman en arrière plan sur plusieurs cases. Des références faciles mais qui font toujours plaisir. 

 

En côté négatif, on notera de nombreuses longueurs. Les retournements de situation ont beau être efficaces, ils sont torp peu nombreux pour maintenir le lecteur en haleine. Il y a bien quelques scènes choc qui permettent de donner un coup de fouet à l'intrigue mais le tout reste assez léger, malheureusement. De manière générale, on peut même dire qu'il n'y a rien de bien nouveau. L'histoire est sympathique mais elle n'a pas pour vocation de revoir tous les codes du genre à chaque nouvelle page tournée.

Quand cette chose va grandir, elle sera impossible à tuer putain. L'enfer sur Terre, un bordel du genre apocalyptique. Crois-moi j'en ai déjà vu un et c'est foireux.

Pour ce qui est de la partie graphique, le travail proposé est très particulier. Le dessin est à la fois bon et déroutant. Il faudra sans doute un temps d'adaptation tant l'approche est différente. Il est rare de voir l'artiste autant jouer sur les épaisseurs des traits. On peut très bien avoir des traits fins et une certaine rapidité d'exécution tout comme on peut très bien avoir de gros traits épais qui ralentissent l'action. Le tout colle plutôt bien à l'univers mais il est clair que cela ne plaira pas forcément à tout le monde. Pour ce qui est des covers, elles entrent dans les catégories "épurées" et "discutables". Le résultat final n'est pas mauvais mais, une nouvelle fois, il est clair qu'elles ne seront pas au goût de tout le monde. A l'inverse, les variant covers sont très jolies. Plus classiques avec un résultat final entendu mais elles restent de qualité. On peut penser, notamment, au travail d'Elizabeth Torque que l'on retrouve fréquemment chez Marvel. Bonne colorisation.

 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le principe général
- L'approche du scénariste
- Plus intimiste qu'horrifique

LES POINTS FAIBLES

- La partie graphique, discutable
- Rien de nouveau à l'horizon
- Des longueurs

 

3

Trop de longueurs pour être prenant

Conclusion

Snorgleux nous propose une oeuvre différente à plus d'un titre mais qui, malheureusement, reste assez classique dans l'ensemble. Le tout est sauvé par l'approche du scénariste, plus intimiste qu'horrifique.