Jimmy's Bastards #1

Jimmy's Bastards (2017)

Jimmy's Bastards #2

Jimmy's Bastards (2017)

Jimmy's Bastards #3

Jimmy's Bastards (2017)

Jimmy's Bastards #4

Jimmy's Bastards (2017)

Jimmy's Bastards #5

Jimmy's Bastards (2017)

Jimmy Regent n'est pas seulement le meilleur espion de Grande-Bretagne, il collectionne aussi les jolies femmes et les aventures sanglantes : une parodie de James Bond où le héros pourrait perdre de son panache face à sa dernière conquête féminine

  • HattoriH
    HattoriH Staff MDCU

    il y a 3 ans

    Très gros délire de Garth Ennis. Amis de la bienséance, cet album n'est pas fait pour vous. Cette version de "James Bond" est complétement défoncé. Même si le protagoniste a tous les vices, on arrive à s'attacher au gars. Quant aux "adversaires", l'idée est géniale. Tout est tellement dans l'absurde que c'en est comique. Un tome à lire absolument.

  • Gui
    Gui

    il y a 3 ans

    Garth ennis est toujours au top

L’éditeur Snorgleux fait l’acquisition d’une toute nouvelle série publiée chez Aftershock Comics aux États-Unis, et pas n’importe laquelle, puisqu’elle porte le célèbre nom de Garth Ennis sur sa couverture. Ennis, ce n’est rien d’autre que Preacher, Hellblazer, The Boys, Crossed et j’en passe, mais rien qu’avec ces quelques titres, vous vous faites déjà une idée du style d’écriture de ce scénariste qui ne recule devant rien, aime provoquer et briser les codes. Si c’est ce que vous prenez du plaisir à lire, cela tombe très bien, n’allez nulle part, c’est exactement ce que vous aurez ici.

Avec Jimmy’s Bastards, Garth Ennis s’attaque au mythe de l’espion « gentleman » anglais, indissociable désormais du personnage de James Bond, et lui refait un peu le portrait, à coup de dérision et de piques bien placées. Jimmy Regent, notre personnage principal, ressemble effectivement en apparence à l’archétype de l’espion « british », beau gosse, plein de classe et d’assurance et très doué dans ce qu’il fait. À la différence près que notre Jimmy n’est pas aussi plat et bien sous tout rapport tel que peut l’être un James Bond. Il ne connaît pas le politiquement correct, Ennis l’annonce d’ailleurs clairement à travers un petite blague récurrente sur cette expression, il ne se cache pas derrière un modèle ou un costume deux pièces, aucun code moral en vue, il profite à fond de sa vie et de ses privilèges et n’a aucun problème avec ça ! Cet élément est assez intéressant puisque l’on pourrait finalement penser que son comportement est presque plus « normal » et compréhensible, tout individu dans sa position aurait sûrement du mal à résister aux vices et plaisirs faciles qu’offrent cette vie. Serions-nous finalement face à un James Bond plus réaliste, plus naturel et sans filtres ? Plus humain, finalement. Mais il faut quand même pouvoir arrêter des chimpanzés meurtriers intelligents et descendre des hélicoptères avec une balle de golf, ce n’est pas donné à tout le monde ! On prend en tout cas un réel plaisir à voir Jimmy faire ce qu’il veut et totalement se lâcher, Ennis réussit à placer de jolies références et l’humour est bien présent et en majorité efficace. Malgré tout, si le personnage est fun et intéressant au premier abord, il devient vite lassant, parce qu’Ennis en reste pour le moment aux apparences et ne creuse pas beaucoup plus loin. Son comportement devient prévisible et on va retrouver un peu le même genre de blagues tout au long de ce premier numéro. C’est là que le personnage de sa coéquipière, Nancy McEwan, est une vraie bénédiction ! D’une part dans son interaction avec Jimmy, elle ne lui laisse rien passer et les joutes verbales entre eux sont très appréciables. Et d’autre part, pour le personnage en lui-même, qui se dévoile petit à petit et devient bien plus profond que ne peut l’être Jimmy, sans oublier que le portrait d’une femme forte et indépendante est toujours le bienvenu.

Le nom de la série « Jimmy’s Bastards » n’est pas choisi au hasard et n’est pas vide de sens puisqu’il fait directement référence à l’intrigue principale de la série. Et quelle intrigue ! Une excellente idée de la part du scénariste qui est assez originale, colle totalement au ton et au concept de la série et lui permet de s’éclater à l’écrire. Dévoilée dès la fin du premier numéro, c’est cette histoire qui nous fait réellement accrocher à la série et nous prouve que l’on a affaire au Ennis que l’on aime, qui va toujours très loin et n’a pas froid aux yeux. Cette intrigue est plutôt bien répartie sur les cinq numéros que composent ce premier tome, le rythme est bon, les différentes révélations arrivent dans le bon timing et la lecture étant fun et plaisante, il n’y a pas vraiment de temps morts. On trouvera un bon équilibre entre les scènes d’action, les dialogues percutants et le développement des personnages. Le tout amenant à une révélation finale qui cette fois était bien gardée et peu prévisible et qui pousse encore plus loin l’aspect « borderline » de l’intrigue principale, pour notre plus grand plaisir !

Aller loin et être constamment à la frontière de l’acceptable et du politiquement correct a forcément toujours un certain attrait et s’apparente à une sorte de petit plaisir coupable pour les lecteurs, mais c’est aussi toujours très risqué puisque les auteurs marchent sur un fil et qu’il ne faut pas tomber du mauvais côté. Ils s’en sortent plutôt bien dans ce registre mais certains éléments et certaines idées peuvent tout de même paraître limite et un peu « too much », manquant d’humour et finalement sans grand intérêt pour l’histoire. On pensera notamment à l’attaque lancée par les vilains de l’histoire, qui est presque risible et dans un sens, assez irréaliste. On ne s’attarde pas vraiment sur l’aspect « réaliste » des choses dans ce genre de série, notamment si l’on se fit au début du premier numéro ou aux capacités de Jimmy lui-même, mais cet élément de l’histoire semble tout de même assez « dingue ». On pourra aussi regretter qu’Ennis ne soit pas un peu plus engagé sur ce titre, on peut y repérer quelques éléments qui ont effectivement une portée un peu plus politique que d’autres, mais ça reste timide. On reste finalement sur un seul niveau de lecture et même les personnages et intrigues, aussi plaisants soient-ils, ne sont pas si complexes que cela.

Russ Braun est chargé de la mission de mettre en image les délires de Garth Ennis et autant dire que la mission est relevée haut la main. Ses dessins sont très propres et lisibles, ce qui s’avère très complémentaire du scénario d’Ennis qui est plutôt direct et visuel. Les scènes d’action sont efficaces et l’ensemble est dynamique, notamment parce qu’il n’y a pas de surplus ou de fioriture dans les dessins, Braun se concentre sur l’essentiel, mais aussi grâce au découpage des planches avec de nombreuses cases qui s’enchainent, on a rarement de pleines pages, classique mais efficace. Un gros atout du dessinateur sont ses expressions faciales, qui donnent beaucoup de personnalité à ses personnages, on peut notamment voir ce gros travail sur les visages de Jimmy dont l’expression de pseudo simplet change rarement, alors que Nancy est très expressive. Et on soulignera le travail du coloriste, John Kalisz, c’est très coloré est assez vif au départ, notamment autour de Jimmy, et plus les choses deviennent sérieuses, plus on passe vers des tons sombres.

À noter la très jolie édition proposée par Snorgleux, avec un format un peu plus grand que les comics habituels, ce qui est plaisant et donne encore plus de lisibilité au comic book. Même si les bonus de fin se résument aux couvertures variantes.

 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Ennis s'amuse avec les codes du genre
- L'intrigue principale
- Le personnage féminin
- Les dessins
- L'aspect souvent "borderline"

LES POINTS FAIBLES

- Le personnage principal trop lisse pour l'instant
- L'aspect souvent "borderline"
- Manque d'engagement

 

4

007 en plus fun !

Conclusion

Garth Ennis nous sert du bon Garth Ennis et on pourrait presque dire qu’il est de retour après quelques séries qui ont eu moins de portée et moins de succès. Les fans du scénariste ne seront pas déçus, le contrat est rempli, c’est politiquement incorrect, plein d’humour et de dérision et ça ne recule devant rien. Dans tous les cas, ce sera forcément un bon moment de lecture, même si ça ne va pas au-delà et que ce ne sera peut-être pas mémorable.