Bien le bonjour à tous ! It’s Time For The DDDAAALLLLEEEE. A l’occasion de la sortie en DVD et en Blu-Ray du film «The Amazing Spider-Man», j’ai décidé de dédier un nouveau numéro de cette rubrique à l’Homme Araignée, au Tisseur, à l’un des plus gros vanneurs de l’univers Marvel. Le film de Marc Webb a beau avoir rencontré un vif succès critique et commercial, il reste comme tous les films de super-héros : il divise ! Il divise notamment de par l’angle d’approche et la version que le film donne du justicier, une vision considéré par beaucoup comme bien trop différente de celle des comics. Le film est aussi sans cesse comparé à son aîné de dix ans : le premier Spider-Man de Sam Raimi. Il faut dire que les deux films traitent tous les deux des origines du héros, de ses premiers combats, de ses premiers amours et de ses premières difficultés. La trilogie de Sam Raimi a beau avoir ses détracteurs, elle possède encore d’innombrables défenseurs qui descendent en flèche le reboot réalisé par Marc Webb. Ainsi, une guerre incessante déchire la toile : une guerre entre ceux qui sont partisans du film de Sam Raimi (notamment du premier étant donné le sujet du reboot) et une guerre entre ceux qui préfèrent de loin cette nouvelle version. Un duel entre deux films donc et deux générations si l’on peut dire au vu de l’important laps de temps qui sépare les deux films. Or, lequel est réellement le meilleur ? Lequel possède les meilleurs acteurs, la meilleure histoire, le meilleur méchant ou encore la meilleure mise en scène ? C’est ce que nous allons tenter de voir dans ce numéro. Un numéro de type duel donc où nous allons se faire confronter ses deux films et tenter de discerner un vainqueur.
Les deux films se ressemblent et s’opposent sur de nombreux critères. Dans cet article j’en ai sélectionné quinze. Il y a donc quinze angles d’approches au cours desquels je vais opposer les deux films et tenter de voir lequel a le mieux réussit. A chaque fois qu’un des deux films gagne, il récupère un point. Le film qui comptabilise le plus de point à la fin remporte le duel ! Avant de commencer, je précise que l’article contient de nombreux spoilers. Je n’ai pas pu faire sans car je voulais vraiment aller au bout de ma réflexion et pour cela, j’avais besoin d’exemples concret. De ce fait, je vous conseille fortement de voir le film avant de lire l’article !
1. Retrouver la magie des comics.
Ce fut l’une des grosse critiques faites à «The Amazing Spider-Man» : il s’éloignait bien trop des comics par rapport à son prédécesseur. En effet, beaucoup de fans regrettaient le fait de ne pas avoir retrouvé leurs Spider-Man dans ce film, un film jugé bien trop noir, trop sombre et trop «Nolanesque». Le film s’éloigne beaucoup des comics, comme les Batman de Nolan dans un sens, et Webb nous offre sa propre version du justicier, une version certes tout droit inspiré de l’univers Ultimate mais dans une ambiance qui encore une fois est beaucoup plus adulte (trop peut-être). Certes, comme dans les comics, Peter retrouve ses lances-toiles et Gwen Stacy redevient le premier amour du héros mais hormis cela, il y a très peu d’autres sources d’inspirations. Le film de Sam Raimi s’avère lui être bien plus magique et bien plus dans l’air des comics que ne l’est celui de Marc Webb. L’ambiance est plus proche des comics : c’est plus coloré et plus jovial. Comme nous le verrons par la suite, Webb ne fait intervenir que très peu de personnages dans son film et ainsi, nombre des figures emblématiques des comics portant sur le Tisseur n’apparaissent pas dans ce film, chose que nombre de fans ont regrettés. Dans le film de Sam Raimi, c’est une nouvelle fois totalement différent et le plus souvent, les caractères des personnages est respecté et cela permet de retrouver dans ce film bon nombre des situations extraites du papier avec des relations entre les personnages identiques à celles des comics. Enfin, en ce qui concerne les grands moments cultes tel la morsure de l’Araignée, la morale des responsabilités, les premiers pas du héros : ses instants en tant que lutteur, la mort de son oncle, ses premiers combats et le fait qu’il soit perçu comme une menace à cause du Bugle… bah là aussi, le tout est bien plus présent chez Sam Raimi. Des scènes devenus cultes chez beaucoup de gens car réussies tandis que chez Webb, elles sont souvent amenées de façon maladroites, suggérées ou même absentes. Ainsi, la fidélité et la magie des comics se retrouve bien plus dans le film de Sam Raimi que celui de Marc Webb. Si ce dernier marche beaucoup par des clins d’œil, des allusions et des suggestions, «Spider-Man 1» se permet de reprendre des passages de grands frissons et d’émotions directement extraits des premiers comics signés par Stan Lee.
2. Le scénario.
Les deux films ont une histoire similaire et les deux se concentrent sur les origines de Spider-Man. Il est intéressant d’ailleurs de voir que les deux films possèdent des scènes aux thèmes quasi-identiques. Ainsi, dans les deux nous retrouvons la morsure par l’Araignée, la découverte des pouvoirs, la mort de l’Oncle Ben, les premiers pas du héros, un dîner de famille (celui entre les Osborn et les Parker dans celui de Raimi et celui chez les Stacy dans le reboot de Webb) et les funérailles à la fin (de Norman dans le film de 2002 et de Stacy dans celui de 2012). Ces passages sont tous les deux amenés et conçus de façons très différentes par les deux réalisateurs et pour résumer la chose grossièrement, chacun fait mieux que l’autre dans tel ou tel domaine sur ses passages. D’ailleurs, parmi les critères suivants, nous verrons la mort de l’Oncle Ben, un élément central des deux films, et la mise en valeur des pouvoirs. Deux films dont qui se ressemblent beaucoup et le reboot de Marc Webb se démarquait surtout par la Untold Story, l’histoire inconnue des parents de Peter ainsi que ses origines qui seraient bien différentes que celles des comics. Une intrigue qui a été conçue comme toile de fond du film même si ce n’est en rien l’élément central du long métrage. Cette histoire inconnue apporte de l’inédit dans la saga et permet à ce reboot de se démarquer à la fois de son prédécesseur mais aussi des comics. L’ambiance sombre et réaliste du film joue aussi pour beaucoup et même si elle est en décalage avec l’esprit du film, je trouve qu’elle permet d’apporter une certaine touche de modernité au reboot de Marc Webb. Le film est très intimiste et dans la tendance des Batman de Nolan, il s’intéresse bien plus à l’homme qu’au héros. Ainsi, nous voyons très peu Spider-Man dans le film et c’est Peter qui a la part belle. Peter, un jeune homme perdu, mal dans sa peau et marginal qui essaye tant bien que mal de trouver sa place dans ce monde, une place en tant que Peter mais aussi en tant que Spider-Man. Ainsi, le film de Webb s’avère bien moins classique et linéaire que son prédécesseur qui se contentait lui de montrer un jeune nerdz mal aimé qui tentait de séduire la rousse du coin tout en sauvant la ville à ses heures perdues. Plus adapté à notre époque, le scénario gravite avant tout sur Peter et Webb prend certains risques, fait certains choix qui risquent de déplaire mais qui au final finissent par marcher. Alors il est vrai que certaines situations sont parfois mal amenées (nous verrons ce point dans la suite de cette chronique) mais globalement, le scénario se tient, il se tient même bien mieux que celui conçu par Sam Raimi et son équipe. Alors certes, je vais paraître contradictoire ici vu que j’ai dit que le film de Raimi était plus dans l’air des comics de par son aspect décalé et moins sérieux mais cela ne va pas toujours de pair avec la qualité du scénario non ? Un scénario bien plus soigné chez Webb doublé d’un traitement des personnages qui, comme nous allons le voir, s’avère être bien mieux travaillé.
3. La morale du film.
Les deux films tournent tous les deux autour de la notion de responsabilité et de l’acceptation du rôle de héros. Beaucoup de fans ont reproché au film de Marc Webb l’absence de la fameuse phrase de l’Oncle Ben : «Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités». Mais si on y réfléchit bien, cette phrase a beau être absente, elle est tout de même là : d’abord, peu de temps avant de mourir, l’oncle de Peter lui fait tout un sermon sur les responsabilités et le devoir et ensuite, c’est tout le film qui tourne autour de cette notion et ce bien plus que le film de Raimi. Dans le premier Spider-Man de Sam Raimi, cette notion de responsabilité n’est là qu’au début du film et Peter l’accepte vite et devient le gentil super-héros sans peur et sans reproche lorsqu’il enfile la défroque. Or, dans le reboot de Marc Webb, c’est largement différent, Peter se fout des responsabilités au début et cela illustre une nouvelle fois tout le côté arrogant du héros. Au départ, il n’est motivé que par la vengeance et la colère (ce qui donne une nouvelle fois une dimension bien plus humaine au héros) puisqu’il devient Spider-Man dans le seul but de traquer l’assassin de son oncle. Ce n’est qu’au cours du film que le jeune homme semble comprendre les charges qui pèsent sur ses épaules et que ce masque implique bien plus que la vengeance. L’histoire de «The Amazing Spider-Man» se focalise vraiment sur la naissance du héros qui sommeille en Peter, sur le fait qu’il grandisse enfin. Cette responsabilité, ce devoir, il ne l’accepte qu’après avoir sauvé le jeune enfant sur le pont mais aussi en arrêtant le Lézard, en réparant ainsi ses erreurs. Au début du film, le père de Peter lui dit d’être sage ! Or, sagesse et responsabilité ne vont-ils pas de pairs ? Car c’est bien sur cela qu’est concentré le film : sur un jeune homme fougueux, instable et marginal qui semble enfin se poser (bon, si on considère que se balader au bout d’une toile est se poser évidemment) et apprendre ce que sont véritablement les responsabilités et le sens du devoir. Et cela, le film de Webb le met bien mieux en valeur que le long métrage de Raimi.4. Maguire vs Garfield : le rôle principal.
Si il y a quelqu’un que la communauté MDCU aime bien charrier, c’est Tobey Maguire ou plutôt TEUBEY comme nous aimons ainsi le surnommer. Jugé comme «nul» et ayant le jeu et le «charisme d’une moule» par beaucoup de fans, le choix de l’acteur a toujours fait l’objet de débats très vifs au sein de la communauté comics. Il a certes ses défenseurs mais nombreux sont ses détracteurs, lui reprochant un jeu d’acteur inexistant et une tête qui donne plus envie de claquer qu’autre chose. Moi-même, je le trouve bien trop plat et faux dans son rôle et ce malgré quelques bonnes séquences. Pour Andrew Garfield, c’est très différent : l’acteur possède d’abord, à mon sens, une véritable présence à l’écran et surpasse Maguire tant en Peter qu’en Spider-Man. En Spider-Man d’abord, il entre bien mieux dans le costume que son prédécesseur et quand on le voit, on a l’impression de revoir le Spider-Man le la Bande Dessinée, le Spider-Man de Ditko, de Ramos et de Romita : on revoit ce même jeune homme, bondissant par tout et étant très frêle et très leste, chose que nous n’avions pas avec Teubey (allez je charrie) Maguire qui manquait cruellement de prestance. En tant que Peter Parker, c’est plus difficile à juger. A vrai dire, pour comparer, on pourrait dire que Tobey Maguire interprète le Peter de l’univers classique tandis que la version qu’offre Garfield se rapproche plus de l’univers Ultimate. Tobey Maguire arrive très bien à retranscrire le lycéen vu comme un intello de service, un nerdz que personne n’aime et que tout le monde veut claquer. Malgré cela, Andrew le surpasse quand il s’agit de lui donner une âme : il retranscrit à la perfection cet adolescent marginal, mal dans sa peau et perdu, qui se cherche lui-même, qui cherche ses origines mais aussi sa place dans un monde qui semble le rejeter. Sur le plan de l’intelligence, il cerne une nouvelle fois très bien le personnage (d’ailleurs, les lunettes lui vont très bien) et les passages avec Connors sont là aussi très bons. Enfin, lors des scènes d’émotions (que ce soit lors des scènes tristes avec les morts ou lors des scènes romantiques avec Gwen Stacy), il se montre bien moins niais que Tobey Maguire. Ainsi, si Garfield livre une interprétation qui s’éloigne parfois des comics, notamment en ce qui concerne l’assurance du personnage (nous reviendrons sur ce point lors de la prochaine partie), il faut bien avouer que son jeu d’acteur est bien meilleur que celui de Maguire. Le nombre de passages qui sonnent faux sont très rares et je trouve qu’il entre dans le rôle à la quasi-perfection et qu’il a tout pour devenir LE visage du Spider-Man contemporain et moderne.
5. La personnalité de Spider-Man.
Beaucoup vont me dire que je me répète avec cette partie mais il me semblait pour moi important de bien la mettre à part. Certes, «Spider-Man 1» respecte mieux les comics que son «descendant», certes Andrew Garfield interprète mieux le héros que Tobey Maguire mais lequel des deux films donne la meilleure version de Spider-Man ? Beaucoup de fans ont regretté ne pas avoir retrouvé leur héros, du moins l’image qu’ils se faisaient d’eux, dans les films. Ainsi Scar’ a confié sur le forum ne pas avoir encore vu sa vision qu’il se faisait de Spider-Man et beaucoup de fans ont confiés le fait que l’image que donnait Webb du héros s’éloignait bien trop du support original. Personnellement, j’avoue avoir préféré la version de Webb qui donne à mon sens une version bien plus proche des comics que ne l’était celle de Raimi. Dans le film de Webb, le héros est bien moins lisse et stéréotypé que ne l’est celui de Raimi : il est plus humain, plus faillible, plus arrogant et surtout bien plus vanneur. Avec «The Amazing Spider-Man», nous retrouvons enfin le Spidey vanneur et bavard à outrance comme il est dans les comics. Il chambre tout le monde, s’amuse, se moque, saute partout et veut réellement bien faire. J’ai également beaucoup aimé le côté arrogant du personnage, côté que nous ne retrouvions pas chez Sam Raimi. Alors certes, vous allez me dire que le rapport aux comics n’est pas tout à fait là mais je trouve que cela permet d’apporter plus de consistance au personnage, plus d’ampleur. Il est imbu de lui-même, convaincu d’être toujours dans ses droits et d’avoir toujours raison et cela se voit encore à la fin lorsqu’il revient sur la promesse qu’il avait fait au capitaine Stacy. En rompant cette promesse, nous voyons à quel point le Spider-Man de Marc Webb est sûr de lui et que surtout, il n’évalue pas vraiment les conséquences de ses actes, conséquences qui pourraient bien s’avérer dramatique (surtout lorsque l’on connait le rôle de la jeune femme dans les comics) et que le jeune homme pourrait vite regretter.
6. Mary-Jane vs Gwen Stacy : la touche féminine.
Dans le premier film de Sam Raimi, l’héroïne du film est Mary-Jane et elle est interprétée par Kristen Dunst tandis que dans celui de Marc Webb, cette charge revient à Gwen Stacy alors jouée par la délicieuse Emma Stone. Je ne vais pas y aller par quatre chemins ici car je mets Gwen Stacy et Emma Stone gagnante par KO. Outre la plastique de rêve de la jeune actrice, son jeu bien plus crédible, son air bien moins niais et tête à claque, elle sert surtout à quelque-chose dans l’histoire et cesse d’être un faire-valoir et la «potiche de service». Il faut bel et bien reconnaître que le personnage de Mary-Jane dans le film de Sam Raimi était un peu gnian-gnian et qu’il ne se résumait pas à grand-chose. Dans le film de Marc Webb, c’est différent puisque Gwen Stacy est représentée comme une fille sûre d’elle, qui sait ce qui veut et qui arrête de chialer pour un oui ou pour un non. Sa relation avec Peter est bien moins stéréotypée et le fait que celui-ci lui révèle son secret permet de donner au personnage bien plus d’importance. Outre le fait d’être sa petite amie (comme je l’enviiiieeeee), elle est aussi le seul personnage au courant et sa seule confidente, la seule personne de confiance. De plus, le triangle entre elle, son petit ami mais aussi le capitaine George Stacy est bien mis en évidence et permet de donner bien plus de consistance au personnage, personnage pris entre son père et son petit-ami et ne sachant donc plus vraiment quoi faire. Notons qu’elle ne se contente pas d’être la simple petite amie en détresse (dieu sait que je pense que ce rôle est démodé…) mais qu’elle s’impose de par sa vaillance, son caractère et qu’elle s’avère ainsi être d’une aide précieuse pour Peter dans la bataille finale. Enfin, dernier point : l’avenir de la relation ! Si celui entre Mary-Jane et Peter n’a fait que de se répéter au cours des trois films, celui entre Gwen Stacy et Peter présente de bons horizons. Outre le fait que le personnage risque d’y passer dans un futur volet, c’est surtout la fin du reboot qui m’a beaucoup plu car on y voit Peter rompre la promesse qu’il avait faite à George Stacy et poursuivre sa relation avec la jeune femme. Comme je l’ai dit précédemment, cela illustre bien le côté arrogant et fougueux du personnage mais surtout, cette décision ne pourra que revenir le hanter quand il arrivera malheur à la jeune femme.
7. Le méchant du film.
Dans le premier film de Sam Raimi, le grand méchant du film n’est autre que le plus grand Némésis du Tisseur, Norman Osborn alias le Bouffon Vert, alors interprété par Willem Dafoe. Dans le reboot de Marc Webb, le rôle du vilain revient au Lézard et à l’acteur Rhys Ifans. Il est très difficile ici de dire qui est le meilleur vilain des deux tant ils sont semblables et différents. Différents de par leurs origines, leurs comportements et leurs motivations mais semblables car dans les deux versions, ce sont tous deux les mentors de Peter et que c’est leur amour pour la science et leurs expériences qui ont fini par les transformer en monstres. D’abord, les deux acteurs se valent dans leurs prestations : Ifans arrive à se montrer à la fois touchant et terrifiant tandis que Willem Dafoe reste pour moi un excellent Bouffon Vert car il a pu saisir la folie, la noirceur mais surtout la cruauté et le sadisme du personnage. C’est sûrement ce sens qui fait la différence : le sadisme et la cruauté. Si ces deux méchants se ressemblent, il faut tout de même dire que le Bouffon Vert est bien plus «méchant» que le Lézard. Dans «The Amazing Spider-Man», Connors est représenté de façon bien moins antipathique que le vilain du film de Sam Raimi. Vilain qui va jusqu’à s’en prendre aux proches du héros et jusqu’à menacer de pauvres écoliers et qui n’est au final motivé que par des raisons personnels. Le Bouffon Vert est donc un méchant bien plus charismatique, bien plus sérieux et bien plus menaçant que le Lézard même si ce dernier a été pour moi très bien traité dans le film de Marc Webb. Après, reconnaissons tout de même que Norman Osborn a toujours été l’un si ce n’est L’ennemi du Tisseur préféré des fans (y compris le mien) donc cela pèse peut-être beaucoup dans mon choix. Enfin, dernière chose qui peut expliquer mon choix : l’interprétation magistrale de Dafoe (à qui Ifans n’a rien à envier soyons d’accord) en ce qui concerne la schizophrénie et la folie de son personnage. Ce point est beaucoup mieux mis en valeur chez le Bouffon Vert et cela se voit notamment lors de la scène du repas avec Tante May, Harry, MJ et Peter. Norman vient de percer à jour son ennemi et il aiguise alors ses couteaux devant lui pour couper la viande. Une scène qui personnellement continue de me faire froid dans le dos de par son intensité.
8. Les autres personnages du film.
Outre tous les personnages que nous avons vu jusqu’à présent, de nombreux autres interviennent dans les deux versions. Malgré tout, sur le panel et le traitement des personnages disponibles, les deux films s’avèrent être différents l’uns de l’autres. Le film de Sam Raimi en fait intervenir beaucoup et nous présente toutes les grandes figures de l’univers du Monte En L’Air et ainsi, nous croisons de nombreux membres du personnel du Daily Bugle ainsi que le grincheux J.Jonah Jameson, Harry Osborn, les amis et ennemis lycéens de Peter et évidemment Tante May. Tous ses personnages sont introduits dès le premier film et ont une bonne exposition et une bonne caractérisation. Certes, Raimi ne va jamais dans les détails car dans son film, c’est Peter le héros, mais il livre des répliques fidèles à l’original. Dans «The Amazing Spider-Man», la démarche est très différente car les personnages qui gravitent autour de Peter sont très peu nombreux en plus de ceux vu précédemment : - Tante May fait presque office de figuration et si l’actrice n’est pas mauvaise dans son rôle, on est bien loin de la version des comics tant par l’importance du personnage que sa caractérisation : faible, fétiche mais beaucoup de bonté. Ainsi, pour Tante May, la version de Sam Raimi collait bien plus au personnage (en plus d’être plus respectueuse des comics) et surtout, elle était beaucoup plus présent et s’imposait comme la morale de Peter et en quelque sorte, sa conscience, son attache. - Flash Thompson est, par contre, bien plus développé. Bien loin du primate dégénéré et sans cervelle de Sam Raimi, Webb s’attache sur ce personnage et nous le montre tel qu’il est dans les comics : une brute qui a tout de même bon cœur et qui est un grand fan de Spider-Man. Ainsi, Webb approfondit bien plus le personnage de Flash et cela peut promettre de bonnes choses pour la suite (rappelons qu’il avait totalement disparu de la circulation dans les films de Raimi par la suite). - George Stacy, absent du premier film de Raimi (je vous rappelle qu’on exclut les deux autres) est lui très présent et subit un traitement à la Jim Gordon. Ça prend bien et ses relations avec sa fille et Peter son plutôt dynamiques. Malgré cela, je trouve que son revirement à la fin est quelque peu abrupt et mal amené. On voit évidemment les parents de Peter mais rien à leur sujet vu que le mystère reste entier et que nous devrions en apprendre plus lors des suites du film. Et à part eux, rien du tout : pas de Norman Osborn alors que nous en entendons parler tout le long du film, pas d’Harry ou d’autres camarades de lycées, pas de journalistes du Daily Bugle (sauf une petite mention) ni de caméo alléchant. Bref, Webb a choisi de réduire fortement le panel des personnages présents. Certes, cela se tient dans son histoire mais je suis sûre qu’introduire au moins les journalistes du Daily Bugle et plus s’attarder sur la Tante aurait pu rendre l’histoire plus profonde et convaincre plusieurs fans du bien-fondé du film. Raimi a lui, réussit, à nous présenter une grande partie de l’environnement du Tisseur de manière plutôt convaincante et en cela, je pense qu’il mérite de remporter cette manche.9. La mort de l’Oncle Ben.
La mort de l’Oncle Ben est un passage obligé dans la mythologie de Spider-Man puisque c’est cet évènement dramatique qui fait prendre conscience au jeune Peter l’étendue de ses responsabilités et le fait qu’il doive utiliser ses pouvoirs pour protéger les New-Yorkais. D’abord, les acteurs : Cliff Robertson endosse le rôle dans le film de 2002 tandis que Martin Sheen interprète le personnage dans le reboot de Marc Webb. Ces deux acteurs sont très bons dans leurs rôles selon moi et tous deux nous offrent des passages très touchants. Or, dans l’interprétation, je placerais peut-être Cliff Robertson un tout petit peu au-dessus car, même si Martin Sheen n’a rien à y envier, il se révèle vraiment touchant dans son rôle et cela se voit jusque dans ses expressions faciales. Cet acteur arrive à transmettre véritablement cet aspect touchant, ce lot d’émotion à son public et cela se voit notamment lors de la scène de la dispute entre lui et Peter dans sa voiture. En ce qui concerne la mort du personnage, les deux versions diffèrent bien-sûr du comics mais nous retrouvons à chaque fois l’aspect central à savoir que Ben est tué par un voleur que Peter n’a pas voulu arrêter. Dans les deux films, Ben s’est disputé avec Peter et dans les deux, il se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment et tombe sur la mauvaise personne. Ainsi, il y a de fortes similitudes entre les deux versions et il est donc difficile de choisir un gagnant ici. Toutefois, le film de Sam Raimi l’emporte sur «The Amazing Spider-Man» pour la simple et bonne raison que le tout est bien mieux géré et bien mieux amené. Le passage est moins brouillon, plus aboutit et à la différence du reboot ou Ben luttait contre le voleur (certes, cela donnait une image valeureuse du vieil homme), tout est de la faute de Peter dans l’original de Raimi. Une faute et une culpabilité qui vont le pousser à traquer le voleur et à commettre l’irréparable dans un excellent passage. Bon d’accord, dans le film de Marc Webb, Peter traque le voleur et ne le trouve pas, ce qui laisse plusieurs indices pour la suite. Je respecte ce point mais cela n’empêche pas que la mort de Ben arrive de façon maladroite.
10. Le baiser.
Comme dans la plupart des films de super-héros, le héros tombe amoureux d’une superbe créature et au cours du film, il l’embrasse lors d’une scène qui s’avère être mémorable et riche en émotions (quoique, pas toujours en fait…). On n’y échappe pas dans ces deux films où Spider-Man embrasse Mary-Jane lors du premier film et Gwen Stacy lors du reboot dans deux longues scènes marquées par le romantisme et l’amour avec un A. Bon désolé Andrew et Emma mais ici, je ne peux que donner le point au film de Sam Raimi. Si le film de Webb ne démérite pas dans cette scène au combien traditionnelle, celui de Raimi offre un grand passage de frisson et d’émotion qui figure parmi les meilleurs baisers de l’histoire du cinéma (ou du moins des films de super-héros). La mise en scène est sublimée de par la musique, la pluie, l’ambiance et la position des personnages (pas de pensée déplacée s’il vous plait…) : bref, le baiser entre Mary-Jane et Spider-Man dans «Spider-Man 1» reste LE baiser de Spider-Man.
11. Le costume du héros.
Dans «The Amazing Spider-Man», le design du costume avait subi plusieurs modifications afin de le rendre plus moderne et de coller à l’ambiance plus sombre du film. Inutile de dire que lorsqu’il a été dévoilé, ce nouvel aspect a fait débat au sein des fans et que beaucoup se sont mis à regretter le costume, bien plus classique et respectueux des comics, endossé par Tobey Maguire. Mais personnellement, je l’aime bien ce costume et je trouve qu’il rend incroyablement bien à l’écran. Ainsi, pour ma part, lorsque je vois le héros en action dans ce costume, j’ai l’impression de voir des scènes directement issus des comics Marvel. Ce costume fait bien moins kitsch, bien moins enfantin que le précédent et colle à l’aspect plus adulte, plus réaliste et plus moderne de ce nouveau film. Notons enfin qu’il se déchire, qu’il se salit et que cela rend le héros plus fragile, plus humain et plus urbain.
12. La mise en valeur des pouvoirs.
Comme nous l’avons vu précédemment, les deux films nous narrent chacun à leur manière les origines du héros. On y retrouve donc la fameuse piqure d’araignée et surtout la découverte de ses pouvoirs et la façon dont il les utilise. En ce qui concerne la découverte des pouvoirs, je trouve que le film de Sam Raimi fait ici un bien meilleur travail. Il s’y attarde plus et nous montre, souvent dans des passages humoristiques, les difficultés que rencontre Peter à utiliser pour la première fois ses capacités. Certes, je conçois que le reboot de Marc Webb ne pouvait pas passer autant de temps que son prédécesseur afin de ne pas tomber dans le redite mais je trouve que cette découverte est beaucoup trop suggérée. Sam Raimi s’attache vraiment à nous livrer tous les aspects alors que dans le film de Marc Webb, cet aspect est traité bien trop rapidement et qu’il mise trop sur le fait que les fans le savent déjà. Or, lorsque l’on traite des pouvoirs du héros, on en vient forcément à la question des lanceurs de toiles ! Nous nous souvenons tous que dans le premier Spider-Man, Sam Raimi avait décidé de mettre la chose de côté et de dire que grâce à sa mutation, Peter sécrétait lui-même de la toile. Inutile de préciser que cette décision continue encore de faire débat et l’objet de railleries mais j’avoue que je n’ai pas été choqué par ce point personnellement. Ça pourrait même paraître logique car après tout, quitte à muter, autant muter entièrement et pouvoir sécréter sa propre toile. Après, je ne nie pas le fait que ce point a pu choquer les puristes et il est vrai que lorsque Marc Webb a annoncé revenir aux lanceurs de toiles, beaucoup ont poussés un souffle de soulagement. Ce point est d’ailleurs très bien traité dans le film et la toile organique passe beaucoup mieux, visuellement parlant mais aussi au sein de l’histoire et nous laisse une nouvelle fois entrevoir de magnifiques passages avec un Tisseur qui semble tout droit sorti de la Bande Dessinée. Ainsi, il m’est une nouvelle fois très difficile de choisir ici car les deux films ont leurs points forts. Malgré cela, je pense que «Spider-Man» mérite de remporter cette manche car la découverte des pouvoirs (ainsi que ses premières difficultés) du Tisseur est ici bien plus approfondie et détaillée.
13. Derrière la caméra.
Il serait injuste de réduire cet aspect aux effets spéciaux utilisés pour le film étant donné le nombre d’années qui sépare les deux films. En effet, les techniques, le budget et la manière de concevoir les effets ont largement évolués et sur ce point l’avantage serait inévitablement à Marc Webb. Malgré tout, celui-ci fait preuve d’une plus grande maîtrise que son prédécesseur. D’abord grâce à l’ambiance sombre et moderne du film est un plus qui permet à Marc Webb de se démarquer de Sam Raimi. S’inspirant des derniers comics du héros et même de l’univers Ultimate, il nous offre un film collant bien plus à l’ère actuelle. Ensuite, le montage du film est à mon sens meilleur que celui de Raimi dans le sens où il est moins classique. Je ne dirais pas qu’il est plus soigné mais je l’ai trouvé plus aboutit, plus logique comme si le tout était bien mieux coordonné. Enfin, au cours de son film, l’ami Webb nous offre de grands morceaux de bravoures et de frissons, de sublimes passages mettant en scène le héros dans les airs. Outre le fait d’utiliser des plans à la First Personne (innovant et Raimi aurait pu aussi le faire), je trouve que les plans sont bien plus diversifiés que ce que l’on a pu voir chez Raimi : plus de diversification, plus de prise de risque et surtout, des plans qui mettent en scène le héros en toute majesté dans des mouvement plus réalistes et bien plus proches de ce que les fans lisent dans les comics. Je vais donc revenir rapidement sur ce point pour en terminer avec ce onzième point : et oui, si l’ambiance générale du film est moins proche des comics que l’était Sam Raimi, il faut tout de même reconnaître qu’en ce qui concerne le Tisseur, on a l’impression qu’il sort tout droit du papier non ? Le costume rend de manière superbe et sur la pellicule, il est plus frêle, plus fluide et dans les airs, il est majestueux et pleins de frissons et Webb a réussi à capter la bonne chorégraphie pour rendre le tout quasiment identique aux comics.14. La Bande Originale.
La Bande Originale du film de Sam Raimi est assurée par l’incroyable Dany Elfman (oui, Batman c’est lui !) tandis que celle du film de Marc Webb est gérée par le très bon James Horner. Incroyable, très bon… on voit tout de suite vers qui penche mon cœur, ou plutôt mes oreilles ? En effet, la BO du film de Marc Webb a beau être très bonne (oui, j’ai dit très bonne car j’ai beaucoup aimé personnellement notamment la scène avec les grues que je trouve magnifique), elle n’arrive pas à égaliser celle de l’illustre Danny Elfman qui s’est imposé comme LE thème de Spider-Man. Car si la musique de James Horner accompagne bien le film et se révèle être épique et émouvante lorsqu’il le faut, il lui manque une chose : un thème récurrent et percutant qui puisse nous permettre de l’identifier à Spider-Man. Lorsque nous entendons celle d’Elfman sur Spider-Man, on pense tout de suite au personnage or pour celle d’Horner, ce n’est pas le cas et ce qui me permet de faire la différence entre les deux excellentes bandes sons.
15. La scène finale.
Les scènes finales des deux films mettent toutes les deux en vedette l’Homme Araignée en train de se balancer dans New-York. Si celui de «Spider-Man 1» se fait avec la voix off du héros qui parle et conclue le film, celle de «The Amazing Spider-Man» se révèle être bien plus impressionnante et montre une nouvelle fois la maîtrise visuelle du reboot. Accompagnée d’une superbe musique, le plan final du film illustre tout le côté «Amazing» du héros avec une capture qui semble tout droit sorti des comics (encore une fois) et qui risque d’en faire frissonner plus d’un et qui restera longtemps dans les mémoires des fans (ou du moins la mienne en particulier).
Il est temps de conclure…
• Spider-Man : - Retrouvez la magie des comics. - Le méchant du film. - Les autres personnages du film. - La mort de l’Oncle Ben. - Le baiser. - La mise en valeur des pouvoirs. - La Bande Originale. • The Amazing Spider-Man : - Le scénario. - La morale du film. - Maguire vs Garfield : le rôle principal. - La vision de Spider-Man. - La touche féminine du film. - Le costume. - La réalisation. - La scène finale. Ainsi, «The Amazing Spider-Man» gagne ce duel très disputé d’un point seulement (8 à 7). Un duel qui aura opposé deux films appartenant à deux décennies, à deux générations différentes. Les films sont en effet séparés par dix années et en dix ans, c’est d’abord toute une technique, toute une manière de réaliser et de construire un film qui a changé. De même, les effets techniques et visuels se sont améliorés et enfin, le budget attribué aux films est aussi devenu plus conséquent. Mais surtout, en dix ans, ce sont aussi les mentalités et la façon de concevoir le film de super-héros qui ont changé. Personnellement, même si j’aime le taquiner, je reste un grand défenseur du premier Spider-Man de Sam Raimi (et aussi le second mais pas le troisième qui est de qualité très inégal) mais je reconnais que la vision qu’il donne du super-héros n’est plus vraiment dans l’air du temps. Webb a fait un travail qui est certes en rupture avec les comics et qui offre moins de magie que son prédécesseur mais il a mis la barre haute en ce qui concerne le scénario, l’ambiance générale du film et le traitement des personnages principaux. Certes, bien d’autres points auraient pu être inclus ici (notamment la représentation de New-York, la piqûre, les scènes du dîner…) mais j’ai préféré m’arrêter à ces quinze-ci qui illustrent bien, et ce quelque soit le résultat, les forces et les faiblesses de chacun des deux films.
Et vous ? Lequel des deux films avez-vous préféré ? Lâchez-vous en commentaires, n’hésitez pas à lancer le débat à m’offrir un culte si vous êtes d’accord avec moi ou bien à proférer des incantations sataniques pour me faire brûler en enfer ! Je terminerai par le traditionnel «Gloire à Batman» et je vous donne rendez-vous pour le prochain numéro qui paraîtra aux environs de la sortie DVD de «The Dark Knight Rises».

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