Delcourt

[Review] BPRD - L'Enfer sur Terre - Intégrale Volume 4

La fin approche !

La review du jour est un titre proposé par Delcourt. Il s'agit du volume 4 de l'intégrale BPRD - L'Enfer sur Terre, écrit par Mike Mignola, John Arcudi, Cameron Stewart et Chris Roberson, et dessiné par Laurence Campbell, Joe Quiero, Tyler Crook, James Harren, Cameron Stewart et Mike Norton. Il est sorti le 21 mai pour 39,95 euros. Il contient les titres US B.P.R.D. Hell on Earth volumes 10, 11 et 14. Vous pouvez retrouver les critiques des précédents volumes sur MDCU : Volume 1, Volume 2 et Volume 3.

Apparu dans les pages de la série Hellboy et créé par Mike Mignola, le Bureau de Recherche et de Défense contre le Paranormal (B.P.R.D.) regroupe divers individus aux pouvoirs stupéfiants, qui interviennent partout où leurs extraordinaires capacités peuvent servir.
Du Japon aux États-Unis, le B.P.R.D. poursuit sa lutte contre le monstreux Ogdru Hem, tandis que l'équipe se sépare et que Kate est possédée. Une équipe d'agents du Bureau tente de libérer une petite ville qui recèle des secrets liés au passé hyperboréen de l'agent Howards.

La série BPRD continue, et c'est toujours L'Enfer sur Terre ! Comme les précédents, ce quatrième volume de l'intégrale regroupe trois TPB américains. Cependant, il y a une petite modification. Si, jusque-là, cette réédition suivait l'ordre de publication de l'époque, cet album change et saute deux TPB (les 12 et 13). Ce choix est assez étrange, mais l'impact léger, comme on va le voir. Alors qu'on avait eu de grosses avancées du scénario global précédemment, ici l'intrigue principale avance peu. Pourtant, la qualité est au rendez-vous. Les scénaristes ont décidé de s'intéresser aux personnages et de les approfondir.

Ce volume s'ouvre sur la seconde partie de ce qui constituait le tome 5 de la précédente édition de Delcourt, après l'apothéose que représentait la confrontation entre Liz Sherman et la Flamme Noire. On souffle donc un peu avec trois histoires plus courtes, dessinées par trois artistes différents. La première, en deux chapitres, se déroule au QG du BPRD et suit deux intrigues en parallèle dont on soupçonne un lien : Kate se perd dans le noir, et le Professeur O'Donnell lit un dossier du BPRD. L'histoire est intimiste, et joue beaucoup plus sur une ambiance mystérieuse et étrange que sur l'action effrénée. On peut voir en plus quelques flashbacks avec un Hellboy adolescent. Aux dessins, Laurence Campbell rappelle un peu le style d'Alex Maleev, ce qui rajoute à l'atmosphère.

La deuxième histoire tient aussi en deux chapitres, et se passe en parallèle de la précédente. Johann est au Japon pour évaluer la situation. Là encore l'ambiance est très sympa, pleine de mystères et d'horreur. Le dessin de Joe Quiero est proche de celui de Harren, en peut-être moins précis. Et le final de l'histoire est merveilleusement trouvé pour un récit se déroulant au Japon ! Enfin, le troisième et dernier récit se focalise sur les survivants d'une zone sinistrée plutôt que sur le BPRD, offrant un point de vue bienvenu. Le dessin plutôt simple de Tyler Crook colle bien à cette chronique de la vie de monsieur tout-le-monde. Ces histoires peuvent sembler anodines, mais elles sont plutôt malignes, et aident à dresser un portrait du monde dévasté qui existe dans cet univers.

On enchaîne ensuite avec la première partie de ce qui constituait l'ancien tome 6, Métamorphoses. Cette partie s'intéresse à une équipe du BPRD, menée par Johann Kraus, pour nettoyer une ville. Bien entendu, il s'agit d'une mission de routine qui va vite dégénérer. Il y a trois personnages qui vont être traités en profondeur. Il y a d'abord plus qu'un simple personnage : les simples humains, les soldats sans pouvoir qui partent affronter des monstres bien plus puissants qu'eux. Ce sujet est régulièrement traité dans BPRD, et permet d'ancrer le récit dans le réel, afin de nous en faire ressentir l'horreur. Les engueulades régulières sont très bien écrites, et souvent légitimes.

Le second personnage à être développé est le peu loquace Howards, un soldat qui a été possédé par une épée ayant appartenu à un homme à l'époque de la préhistoire. Le personnage est devenu un gros atout pour le BPRD, mais il reste très mystérieux, puisqu'on ne sait pas vraiment s'il est encore Howards, ou l'homme du passé qui est revenu. Enfin, le dernier personnage à avoir un traitement particulier est Johann Kraus lui-même. Kraus n'est plus humain, et ne ressent plus vraiment ce que ressentent ses soldats, et leurs relations se dégradent. Les dessins sont assurés par James Harren, toujours aussi bon, avec son trait précis et très dynamique qui colle parfaitement aux nombreuses scènes d'action. Dans la précédente édition, le tome 6 permettait de vraiment traiter en profondeur le personnage de Kraus, mais le fait de sauter le TPB 12 ne permet pas d'aller jusqu'au bout. Il faudra probablement attendre le volume suivant.

On termine enfin avec la seconde partie du tome 7 de la précédente édition, qui fait un virage à 180° et s'intéresse à un personnage jusque-là secondaire : Ashley Strode. Elle est composée d'une mini-série en deux chapitres nommée Exorcisme, puis on retourne à la série principale pour trois chapitres intitulés L'Exorciste. Strode est envoyée sur le terrain pour enquêter sur la possession d'un petit garçon. Elle va alors recevoir un message d'un démon, lui demandant d'aller voir Ota Bengo, un vieil exorciste expert en démonologie. Elle va l'assister, et apprendre son savoir. Le récit est ici beaucoup plus intimiste, et donne de l'importance à Ashley Strode qui devient l'experte en démon du BPRD.

Dans la dernière histoire, elle part enquêter seule sur des phénomènes bizarres se déroulant dans une ville paumée. On retrouve la saveur des premiers récits du BPRD, lorsque les enjeux n'étaient pas aussi internationaux. L'ambiance est cinématographique, et ces dernières histoires offrent un peu de répit dans ce monde apocalyptique. Les dessins d'Exorcisme sont réalisés par Cameron Stewart, qui est aussi au scénario avec le soutien de Mignola. Son style est plutôt caricatural, et les planches sont agréables à lire. Sur la suite, L'Exorciste, Stewart reste au scénario mais laisse la place aux dessins à Mike Norton, qui a un style assez proche. De toute manière, BPRD a toujours eu un excellent coloriste qui permet d'unifier à merveille tout l'univers, en la personne de Dave Stewart.

Du coup, cette dernière partie n'a pas de lien fort avec les autres, et trouve donc finalement sa place ici. Ce volume 4 est donc composé de plusieurs histoires courtes qui permettent d'enrichir ce bel univers. Elles encadrent un récit plus important, qui fait avancer l'intrigue principal, et propose plusieurs scènes d'action. Mais le coeur de l'album reste ses personnages, merveilleusement bien travaillés, et passionnants à suivre. Cette série est une réussite à tous les niveaux pour tous les amateurs d'horreur lovecraftien. Le défaut de cette version intégrale se situe uniquement dans ses bonus, moins riches que dans la précédente édition.

Si vous désirez vous procurer ce titre et soutenir MDCU par la même occasion, n'hésitez pas à passer par ce lien.

 

En Résumé

Points forts

- Le travail sur les personnages
- Les dessins, et leur diversité
- La variété des ambiances

Points faibles

- L'absence des bonus
4.5/5

Un volume qui permet d'approfondir les personnages, tout en variant habilement les ambiances. La série maintient son excellent niveau, et avance doucement, mais sûrement vers sa grande conclusion. A lire !

Adrien L.

Attiré par le monde des comics depuis toujours, gros consommateur et lecteur depuis une vingtaine d'années maintenant. Cherche à transmettre sa passion par tous les moyens !

Me Suivre:

Commentaires

Laisser un commentaire