Supergirl, c'est compliqué. Que cela soit du point de vue critique ou financier, tout porte à croire que le film va être le premier gros flop de ce DC Universe 2.0. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce massacre mais selon un long article de The Hollywood Reporter, la situation pourrait être encore bien plus compliquée qu'il n'y paraît. En effet, selon ces derniers, le co-président de DC Studios, James Gunn et le réalisateur du film, Craig Gillespie, auraient eu des désaccords.
James Gunn Vs Craig Gillespie dans un Hell in a Cell match
Un producteur et un réalisateur qui ne sont pas d'accord n'a rien d'anormal me direz-vous. Là où cela devient bien plus compliqué, c'est que les différences créatives auraient été omniprésentes durant toute l'étape de la post-production. A ce sujet, THR va jusqu'à expliquer qu' ils "n'étaient pas alignés créativement restait la façon polis de décrire la situation". Notez que sur ce point, les avis divergent. Certaines personnes qui se sont présentées comme étant bien placées pour le savoir ont expliqué que cette description de leur relation était exagéré mais le fait est que ces personnes sont bien peu nombreuses par rapport à ceux qui ont dévoilé la chose.
Le film Vs le mur
Dans tous les cas, on s'accorde à dire que la prise de conscience a eu lieu dès le mois de mai 2025. Oui, 2025. Pas 2026. Autrement dit, tout de suite après le tournage, DC Studios ET Gillespie ont réalisé que le film ne fonctionnerait pas. L'étape suivante, les projections tests du mois de décembre, n'ont pas manqué de confirmer la chose. Toujours selon ce rapport, le film n'aurait jamais dépassé la note de 60/100. Lorsque l'on sait que les films de super-héros sont surveillés de près actuellement suite à une qualité globale que l'on pourrait qualifier de... particulièrement irrégulière, le film, en l'état, ne pouvait que finir dans le mur.
Notez que ce point des projections tests "catastrophiques" est apparu à plusieurs reprises sur la toile US à l'époque mais ces nouvelles n'ayant jamais été émises par les gros noms du milieu, il était difficile de ne pas les placer dans la catégorie "rumeurs". Aussi, nous avions décidé à l'époque de passer notre chemin.
Gunn Vs le film
Sachant cela, Gunn a contacté en catastrophe Jeremy Slater. Son rôle ? Reprendre le scénario d'Ana Nogueira (mais sans pour autant l'écarter du projet) pour l'étape des reshoots (neuf jours au total). En parallèle, le co-président est également intervenu sur la musique du film proposant Girls jsut want to have fun de Cindy Lauper et une reprise de The Middle de Jimmy Eat World. Enfin, Tatiana S. Riegel (Cruella) et Fred Raskin (Peacemaker) ont remonté le film. Le résultat ? Un peu meilleur. Le film serait ainsi passé de "jamais au-dessus de 60" à "un peu au-dessus de 70".
Le film de Craig Gillespie... Vs le film des studios DC ?!
On aurait pu penser que l'on s'approchait de la fin du récit alors que pas du tout. Au final, il a été proposé deux versions du film, une par Craig Gillespie et une des studios DC. A l'origine, on parlait de 11 minutes retirées par rapport au film de Gillespie sans avoir beaucoup de détails sur le contenu. Depuis, le producteur Dan Marcus a pris la parole et a expliqué que l'ouverture du film avait changé et que plusieurs scènes ont été supprimées notamment des scènes sur Krypton, des scènes avec Kara luttant contre la kryptonite toxique mais aussi et surtout pas mal de scènes autour de Krem, le méchant de l'histoire incarné par Matthias Schoenaerts, notamment sa jeunesse et le fait qu'il aimait torturer des mineurs. On parle de 10 à 15 minutes de film retirées. A l'inverse, Gunn aurait rajouté les deux scènes avec Superman.
Le match a eu lieu. Selon les dire, il s'agissait d'un match très serré entre deux compétiteurs médiocres. Au final, c'est le film des studios DC qui aura été jugé le moins médiocre (à peine, de deux petits points selon les sources). Et... c'est tout. Pas de nouvelle monture malgré ces résultats (en même temps, lorsque le réalisateur pense dès l'étape de la réalisation "ça ne va pas marcher", il est difficile de faire autre chose). La version de James Gunn est conservée et présentée dans les salles obscures. De là, il se dit que Gillespie a été obligé de se battre pour tenter de changer la donne sur chaque moment modifié.
Techniquement, le rapport de THR s'arrête là. Mais quitte à référencer tout ce qui a merdé lors du processus créatif, autant y aller jusqu'au bout. Aussi, voici ce que nous avons vu passer ces derniers jours sans pour autant en faire une news :
- Le réalisateur Gillespie n'a pas lu le comics et, de manière générale, ne se dit pas particulièrement fan des films de super-héros
- La scénariste Ana Nogueira a mal interprêté la fin du comics (pour ne pas dire qu'elle ne l'a pas compris)
- Pas de consignes de Gunn pour lier le film aux autres (ce qui ne l'a pas empêcher de se pointer plus tard avec Superman visiblement)
- Selon les studios, la Gen Z n'en a rien à faire des films de super-héros (comme si on pouvait résumer cette situation aussi facilement)
A présent, voici quelques questions ouvertes :
- Pourquoi faire de l'adaptation de Woman of Tomorrow un argument marketing quand le réalisateur n'est pas foutu de lire le bouquin ?
- James Gunn peut-il véritablement prôner la liberté créative s'il intervient (peu importe la raison) dans les films des autres ?
- Comment sauver sa tête lorsque l'on crie haut et fort qu'aucun film ne sera validé tant qu'il n'aura pas de scénario en béton lorsque la médiocrité du scénario est pointé du doigt dès le deuxième film ?

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