Alors qu'il vous reste moins d'une semaine à patienter avant de découvrir sur grand écran le second opus des aventures du Dieu du tonnerre, sachez que nous avons eu la chance de pouvoir découvrir le film avec un peu d'avance (dès le 17 octobre pour être exact), et nous vous proposons donc aujourd'hui les critiques des deux staffeurs présents : AfA et Susano.
Nous commencerons donc par une critique classique, tandis qu'AfA s'est laissé aller à un peu plus d'originalité et vous propose de répondre à six questions que vous auriez pu vous poser. Ne vous inquiétez pas, ces deux critiques sont garanties sans spoiler, et comme vous pouvez le voir, ce film nous a mis plutôt d'accord. Bonne lecture !
Thor : Le Monde des Ténèbres est une bonne suite mais le film ne satisfait pas sur tous les plans, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.
Le point le plus décevant de ce film est sans doute son entame, plutôt mal gérée, avec un faux rythme qui donne l’impression au spectateur de s’enliser dans une histoire inutilement compliquée… alors que paradoxalement, elle est tout ce qu’il y a de plus classique. Bref, nous avons une entame durant laquelle il se passe pas mal de choses mais donnant le sentiment de s’éterniser, arrive donc un moment où l’on s’ennuie un peu. Fort heureusement, Alan Taylor a eu la bonne idée de faire débuter le gros de l’action de ce film exactement au moment où l’ennui commence à pointer le bout de son nez.
Le second point négatif concerne la race des Elfes Noirs. Le look de ces derniers est assez ridicule et tranche complètement avec la qualité de la production du film, qui se veut très moderne. Nous étions en droit de nous attendre à une modélisation des visages semblable au procédé utilisé pour Hulk (en moins élaboré pour diviser les coûts), au lieu de ça, on se retrouve avec une race dont le visage est masqué. En plus de cela, leur leader et principal antagoniste du film, Malekith, n’a pas reçu le traitement qu’il mérite. Ce dernier manque de charisme et semble trop détaché de ce qu’il se passe autour de lui.
Mais n’ayez crainte, ce film compte pas mal de positif. On appréciera forcément le fait que les créateurs soient allés piocher du côté de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux pour nous offrir sur grand écran un conflit asgardien plutôt proche de la conception que l’on peut se faire, ou en tout cas, le rendre plus plausible tant ces deux œuvres sont entrées dans l’imaginaire collectif.
Le point qui fera de nouveau débat sera sans doute l’humour, qui tout comme pour Iron Man 3, est bel et bien présent, même s’il n’est cette fois pas omniprésent. Il vient d’une part de la délicieuse Kat Dennings, toujours aussi fraîche dans son rôle de Darcy, mais aussi du fait que Thor est un dieu marchant parmi les hommes, ce qui forcément s’accompagne de situations surréalistes.
Le traitement réservé à Loki est une fois de plus très bon, le personnage doit forcément avoir ses détracteurs tant il est omniprésent depuis Thor premier du nom, mais ce personnage très borderline ne peut laisser indifférent, et il est une fois de plus très bien utilisé, profitant ainsi pleinement du charisme naturel de Tom Hiddleston.
Les scènes d’action sont également sympathiques à suivre, ici Alan Taylor a d’ailleurs compris que lorsqu’un super héros se prend un coup de poing et vole sous la force de l’impact, l’on est pas obligé de le suivre avec sa caméra systématiquement. Ce dernier nous gratifie également d’un affrontement final à la limite du grotesque, dans lequel la violence se mélange allègrement à l’humour (visuel cette fois). Bref, il nous propose quelque chose de rarement vu dans un film de super héros et on ne pourra pas lui reprocher d’avoir tenté quelque chose de nouveau, il aurait été en revanche plus intéressant d’aller à fond dans la démarche et de véritablement utiliser les 9 Royaumes lors de cette scène.
Pour finir, on regrettera forcément le casting pas forcément utilisé le plus efficacement possible. Si la famille royale et l’entourage de Thor sur Terre jouissent d’une belle exposition, on ne peut que regretter la sous-utilisation des comparses asgardiens du Dieu du Tonnerre, alors que ces derniers étaient largement mis en avant à l’occasion de la campagne promotionnelle du film.
Au final, ce second opus de Thor est plutôt plaisant de par son inspiration puisée dans des œuvres entrées dans l’imaginaire collectif et par son humour rafraîchissant. Mais il traîne sa première partie (pourtant capitale) tel un boulet, et le gros manque de charisme des ennemis est forcément un élément supplémentaire qui viendra plomber le tout.
Ma note : 3,5/5
Scène post-générique : Les promesses qui accompagnent cette scène sont bien entendu extrêmement sympathique, mais force est de constater que la scène en elle-même était tout simplement ridicule. C'est bien simple, elle évoquait plutôt Dr Who (et pas du récent !) que ce que l'on peut attendre de la SF à la sauce Marvel. Mais sinon en fait, il y en avait deux, mais je n'ai pas vu la seconde !
En a-t-on pour son argent ?
Cette question consternante résume à elle-seule le principal critère d’appréciation sur lequel sont jugés les films par une part croissante de spectateurs. Rassurez-vous, fans-d’effets-spéciaux-qui-veulent-en-prendre-plein-la-vue, la production n’a pas lésiné pas sur les décors spectaculaires et Alan Taylor, le réalisateur, nous a gratifié de suffisamment de scènes d’action pour que les fans bas du front repartent satisfaits. C’est simple, on a l’impression d’avoir un film à mi-chemin entre Le Seigneur des Anneaux et Star Wars. Et c’est bien là le problème. A trop vouloir emprunter les codes, les ambiances et les paysages de ces sagas-culte, Thor 2 ressemble par moment à une copie visuellement réussie mais sans personnalité. Pourtant, le matériau d’origine possédait une identité forte avec suffisamment de matière pour que l’équipe du film n’ait pas à se livrer à du plagiat pur et simple. Certains rétorqueront que la course-poursuite de vaisseaux dans la flamboyante Asgard est un hommage assumé à l‘œuvre de George Lucas. Mais que dire lorsque l’on s‘attend presque à voir Nathalie Portman embrasser Anakin Skywalker ? Quant aux elfes noirs, à mi-chemin entre les elfes et les gobelins de la trilogie de Peter Jackson, ils affrontent des Asgardiens tout autant inspirés par l‘adaptation du roman de Tolkien. Ne serait-ce pas Gimli ? Ah non, c’est Volstagg. Mais ce n’est pas grave car les amateurs retrouveront tous les ingrédients des films à grand spectacle… à l‘exception du plaisir de la découverte.
Thor 2 est une comédie : est-ce un drame ?
Alors que Iron Man 3, premier film de la phase 2 de Marvel Studios, avait fait grincer quelques dents avec son humour omniprésent, on constate que la même formule nous est resservie pour Thor 2. Pourtant, le comic book Thor est tout sauf une comédie. Comprenant tout le potentiel dramatique qu’ils pouvaient tirer des relations conflictuelles entre les frères ennemis et leur paternel à l’autorité castratrice, Stan Lee et Jack Kirby ont progressivement transformé cette série en tragédie mythologique. L’aspect solennel était d’ailleurs renforcé par le phrasé shakespearien des Asgardiens. Les seules pointes d’humour portaient sur l’appétit inextinguible de Volstagg.
Le parti pris du film est diamétralement opposé. Pour compenser la grandiloquence des personnages, les scénaristes ont usé des ressorts humoristiques en tout genre. Ce refus de se prendre au sérieux se traduit par l’introduction de personnages comiques (l’assistante de l’assistant), des clins d’œil aux fans de Marvel (Loki se transformant en … vous verrez bien) ou encore des références (le premier combat de Thor rappelle un célèbre passage d’Indiania Jones). L’humour agrémente plaisamment le film sans pour autant gâcher les scènes plus sérieuses et l’essence de la série n’en ressort pas trahie. Il n’y a donc aucune raison de se plaindre de cette alternance de séquences légères et de passages plus graves D’ailleurs, même Stan Lee donne sa bénédiction à cette déferlante de facéties en y prenant lui-même part. Excelsior !
Faut-il avoir vu le premier volet pour regarder Thor 2 ?
Tout d’abord, précisons que Thor 2 n’est pas la suite de Thor mais de… Avengers. En effet, à l’issue de ce dernier film, le Dieu du Tonnerre repartait avec son frère et le tesseract, sans prendre la peine d’aller retrouver l‘élue de son cœur. Le néophyte sera donc forcément un peu perdu car, même si la menace est nouvelle, de nombreuses intrigues du précédent opus sont poursuivies. Si, pour l’instant, les nombreuses références entre les films de Marvel Studios participent au succès de ceux-ci, cette « continuité » pourrait devenir handicapante à long terme. Nous n’en sommes heureusement pas encore là et Thor 2 reste globalement compréhensible pour les novices.
Y a-t-il une scène post-générique ?
Non. Il y en a deux. La première pourrait tout aussi bien introduire Gardians of the Galaxy qu’être un prélude à Avengers 3. Oui, j’ai bien écrit 3. Il est sûr que les fans ne resteront pas indifférents et que certains pousseront même des cris d’excitation. N’en disons pas plus pour ne pas déflorer la surprise. Quant à la deuxième scène post-générique, votre serviteur ne l’a pas vue parce qu’il n’est pas resté jusqu’à la toute fin des crédits.
Les acteurs sont-ils bons ?
Incontestablement. La distribution est l’un des points forts de ce film. Chris Hemsworth se montre toujours aussi charismatique en Dieu du Tonnerre, Nathalie Portman campe fidèlement son rôle, même si la Jane Foster des films est assez différente de celle des comics, et Tom Hiddleston interprète magistralement Loki. Il emporte la palme haut la main et l’on comprend pourquoi il a été rappelé pour quelques scènes supplémentaires à l’issue du tournage.
Finalement, est-ce un bon film ?
Le meilleur côtoie le passable dans cette production hollywoodienne. On peine à entrer dans l’histoire, les superbes effets spéciaux ne parvenant pas à compenser la vacuité émotionnelle du début. Quelque chose manque, sans qu‘on puisse l‘identifier ou le définir. Sans doute parce que l’âme ne se définit pas. A trop vouloir piocher dans les blockbusters qui l’ont précédé, Thor 2 s’est en partie égaré. De même, on pourra également difficilement qualifier la musique de bande « originale ». Et ne parlons pas de Malekith, méchant tellement monolithique qu’on serait bien peiné de trouver plus de trois adjectifs pour décrire sa personnalité.
Heureusement, malgré ces quelques points noirs, le bilan est globalement positif. On retiendra entre autres le charisme de Loki dont chacune des apparitions illumine le film. D’ailleurs, les relations complexes qu’il entretient avec sa famille apportent une profondeur appréciable au scénario. Ce dernier nous réserve d’autres bonnes surprises comme des rebondissements jusqu’à la dernière minute et des nombreux éclats de rire. Avec un casting impeccable et un déploiement fastueux d’effets spéciaux, le spectacle est assuré. Ce n’est certes pas le meilleur film de Marvel Studios mais, même s’il ne convainc pas totalement, il arrive à générer assez d’enthousiasme pour créer l’envie d’un troisième volet.
Ma note : 3,5/5
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