[Review VF] Oblivion Song tome 1 - Édition Collector N&b

[Review VF] Oblivion Song tome 1 - Édition Collector N&b

Oblivion Song est la nouvelle série de Robert Kirkman, le créateur notamment de Walking Dead, Invincible et Outcast. Son importance dans le monde des comics donne à cette série un petit air d’évènement, et on est curieux de la découvrir. Cet album est la version Collector du tome sorti plus tôt dans l'année chez Delcourt, avec un format plus grand et des planches en noir et blanc, passant le prix de 16,50€ à 25,50€.

Avant toute chose, il faut préciser le tour de force réalisé par Delcourt pour la sortie de la série, puisqu’elle sort en simultanée en France et aux Etats-Unis. Sauf que là où les Américains ont un fascicule, soit un chapitre, nous avons la chance d’avoir un album complet composé de six chapitres, donc une avance confortable par rapport à nos amis d’outre-Atlantique, même avec cette version Collector . Il faut savoir aussi qu’il va être difficile de parler de ce tome 1 sans mentionner les grands éléments scénaristiques qui le composent. Pourtant, l’album puise une bonne partie de son intérêt dans la découverte de cet univers. Aussi vais-je me cantonner au paragraphe suivant pour raconter un peu l’histoire, sautez-le si vous ne voulez rien savoir (et ne lisez pas la quatrième de couverture non plus).

L’histoire se situe à Philadelphie, où 50 km² de la ville s’est retrouvée d’un coup dans une autre dimension. Cet évènement s’est produit 10 ans auparavant, et dans notre album, on suit Nathan Cole, un scientifique qui sait passer entre les deux dimensions. Il fait donc régulièrement des voyages afin d’essayer de ramener des survivants qui se trouvent de l’autre côté. Le problème, c’est qu’il ramène des gens sans leur demander leur avis, et on découvrira que Nathan a surtout l’envie de retrouver son frère dont il refuse l’idée qu’il n’ait pas survécu dans l’autre dimension. Autre souci, les gens ne veulent pas forcément revenir, ce qui permet à Kirkman de réfléchir au but de nos sociétés actuelles. Voilà le pitch de base, et qui va nous permettre de nous dépayser un peu. 

Kirkman introduit son univers SF de manière très cinématographique. Peu de dialogues, il se base surtout sur le visuel. Le début est très dynamique, et nous plonge directement dans l’ambiance du titre. Le personnage principal, Nathan, est développé au fil des pages, et, comme souvent chez le scénariste, il est un élément-clé de l’histoire, mais avec une certaine part d’ombre. Il est entouré de plusieurs autres protagonistes qui sont aussi plutôt bien travaillés.

 

La lecture se fait sans temps mort, et il se passe énormément de choses. Les pistes lancées sont prometteuses, et deux révélations en fin d’album annoncent de bonnes choses pour la suite. La grande peur des lecteurs de Kirkman est surtout d’avoir une série à rallonge comme Walking Dead. Outcast, par exemple, semble un peu tirer en longueur pour durer. Mais Oblivion Song propose un univers plus riche et des personnages plus fouillés, et est donc bien mieux partie. Nous attendrons les tomes suivants pour vérifier ça.

Les dessins de Lorenzo De Felici sont assez particuliers, mais donnent une bonne ambiance au titre. Le style très expressif rappelle un peu du Guy Davis par exemple. D’ailleurs, tout l’album rappelle fortement BPRD, tant au niveau de l’histoire, de l’ambiance que du design des monstres. Il n’y a malheureusement pas énormément de folie pour ces derniers, même si, à l’instar des zombies dans Walking Dead, ils semblent bien secondaires par rapport aux relations humaines. Certains personnages sont aussi un peu trop similaires graphiquement, et il n’est pas facile de les distinguer. Malgré ces défauts, certaines planches restent magnifiques, et mettent bien en perspective l’univers. La version en noir et blanc semble proposer aussi des dégradés de gris, un choix qui donne du relief au dessin, mais qui ne permet malheureusement pas d'avoir le trait brut du dessinateur.

Ce premier tome a des qualités indéniables. Même si l’univers en rappelle d’autres, tout l’intérêt se situe dans ses personnages bien travaillés. L’obsession de Nathan est intéressante à suivre, et l’histoire est posée, tout en étant très dynamique. Il y a de grosses parts d’ombre dans le récit qui promettent des développements dans la suite de la série. Kirkman emprunte beaucoup au cinéma, et s’entoure d’un dessinateur qui a des défauts, mais qui offre une vision pertinente de ce monde. Un excellent début qui dépendra beaucoup de la suite des évènements.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

L'univers et les pistes lancées
L'ambiance cinématographique
Les personnages bien travaillés

LES POINTS FAIBLES

Un dessin particulier

 

4.5

Bon départ !

Conclusion

Ce tome 1 est une excellente entrée en matière pour la série. Il nous tient en haleine le long de ses six chapitres, et lance des pistes très intéressantes pour la suite. L'initiative de Delcourt de proposer une version Collector est bonne, et vous permet de choisir celle qui vous convient le mieux.

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