[Review VF] Deadpool : Je suis ton homme

[Review VF] Deadpool : Je suis ton homme

On n’a pas fini d’entendre parler du mercenaire provocateur. Deadpool revient dans un tome réunissant plusieurs de ses frasques. Wade Wilson perd-il de son intérêt ? Est-il toujours au mieux de sa forme ? En gros, que vaut Deadpool : Je suis ton homme ? 

 

Ce volume ne rassemble pas un arc du héros, il ne s’inscrit pas non plus dans la continuité de l’univers Marvel, il n’est pas non plus un one-shot. Je suis ton homme réunit cinq histoires sans lien et sans suite, seules deux histoires se font suites et peuvent se compter en une seule. C’est donc le genre de comics à lire au coin du feu sans prise de tête ou pour partir en vacances. Deadpool fait ici son office, nous faire rire, et rien de plus. L’antihéros en lycra est présenté dans plusieurs histoires où il réalise ce qu’il fait de mieux : l’idiot. C’est le genre de format qui colle bien au héros puisque chaque histoire est une mission, dessinée par plusieurs artistes. Le scénariste reste le même, Daniel Way, à l’exception de « Frappe Aveugle », écrit par Duane Swierczynski, qui est annoté comme une histoire bonus dans le volume. Mais passons aux détails.

 

Les histoires étant courtes, elles sont très rythmées et drôles. Deadpool fait son numéro d’emmerdeur-qui-a-un-plan-dont-il-est-le-seul-au-courant, donnant lieu à des situations tordues où Wilson trompe tout le monde et manipule les gens à sa sauce. Une preuve que derrière sa grande gueule se cache un petit malin. En soi, les numéros ont tous cela en commun. Aucune histoire ne pêche dans le rythme et toutes raviront les fans de Deadpool. On y retrouve les éléments classiques du personnage, ainsi que quelques guests et amis du héros. Le volume est donc très dynamique, et Daniel Way trouve les bonnes punchlines et les dialogues sont bien sympas. Seule une histoire traite un peu du mercenaire en profondeur, en évoquant ses origines. Cette parenthèse casse un peu le rythme puisque Deadpool devient très sérieux en milieu de volume pour ensuite repartir de plus belle. Ce rappel de son passé n’est pas forcément utile, Deadpool a juste une prise de conscience mais tout passe aussitôt à la trappe. C'est le choix du numéro inséré au volume qui n'est pas judicieux, puisque la scène arrive comme un cheveu sur la soupe. Du coup, la scène censée humaniser le héros en devient peu intéressante, car on sort de cent pages d'action, ce qui brise subitement le dynamisme. Personnellement, je préfère Deadpool sans limites et sans camp, travaillant pour son compte et pour le plus offrant. Allant de ville en ville, rencontrant des personnages atypiques, vivant des aventures loufoques, et défouraillant à tour de bras des surhommes, des aliens et des ninja-zombies-vampires. Coup de bol, c’est ce qu’on retrouve dans Je suis ton homme. Évidemment, le tout manque de subtilité et de profondeur par moments, mais ce n’est pas le Wade Wilson que dresse habituellement Daniel Way, donc pourquoi cela changerait ? Au final, c'est ironique, car on a bien une séquence plus calme et centrée sur le passé de Monsieur Pool, mais elle est mal intégrée et gâche le tout. Enfin, Panini n’a pas été malin en intégrant en dernière histoire, une aventure déjà publiée dans Je Suis Deadpool . Dans les deux volumes, cette histoire, « Le Juste Prix » conclut les comics. Cette dernière intrigue est juste là pour atteindre péniblement les 300 pages. C’est petit comme argument.

Six histoires signifient plusieurs dessinateurs. Chacun a son style, mais ce sont tous des artistes bien connus du mercenaire. Carlo Barberi a déjà œuvré sur plusieurs numéros et s’occupe des deux seules histoires se faisant suite : Tricky Deadpool et Sinner-sinner datant de 2010. Son dessin est très fin et précis, avec des perspectives et formes toujours réussies. Mais si les personnages sont irréprochables, les décors eux, sont vides et gris. On retrouve beaucoup d’aplats de couleurs et de personnages en gros plans, retirant ainsi les décors et la visibilité dans l’espace. Entre ces deux numéros s’insère une petite aventure sympathique et sans prétention. En partie grâce aux dessins et couleurs de Philip Bond et Lee Loughridge, également sans prétention, mais fait à la main ! Ce style est plus agréable comparé aux couleurs informatisées de Marte Garcia que l'on a vu précédemment. Le tout s’enchaîne avec deux numéros dessinés par Bong Dazo, qui a déjà travaillé sur Deadpool puisqu’il a fait Mercenaire Provocateur. Son style très « boules de muscles et plis de vêtement », rempli de détails et assez cartoon colle très bien au personnage de Deadpool. La mise en page de Dazo est très marquée par des cases hachant la page, rendant le tout très rapide à la lecture. Comme précédemment, ces deux histoires sont séparées d’une aventure bonus s’insérant entre les deux. Celle-ci est, comme pour « Frappe Aveugle », très stylisée. Les tons de couleurs varient selon les décors et ambiances, apportant une image très angoissante et glauque. Les couleurs étant principalement rouge, noires et vertes, ce style visuel correspond totalement au méchant complètement barré et l'intrigue surréaliste et angoissante. C’est l’un des points forts de ce tome dédié à Deadpool, il compile des styles graphiques très variés qui correspondent bien aux différentes personnalités du personnage.

 

Je Suis Ton Homme est donc un one man show de Deadpool. Il y fait le guignol comme jamais car Daniel Way l’aime ainsi. C’est une bonne suite à Je Suis Deadpool pour ceux qui veulent découvrir le personnage. Le volume n’est pas prise de tête ! On se retrouve avec un ouvrage dynamique et bien illustré dans des styles classiques, cartoon ou purement artistiques. Pour découvrir les frasques du mercenaire, c’est l’idéal, pour en apprendre plus sur lui, passez votre chemin. De plus, le rythme est assez mal géré puisqu’on enchaîne six histoires à un rythme soutenu seulement coupées d’une pause de cinq pages. Je ne vais pas aller jusqu’à dire qu’on en est essoufflé mais ça reste intensif, ou alors il faut que je me remette sérieusement au sport.

 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le Deadpool provocateur et burlesque
- La variété des styles de dessins
- Les deux "histoires bonus"

LES POINTS FAIBLES

- Un épisode déjà présent dans un autre volume
- Un rythme mal géré

 

4

Je like

Conclusion

Un complément à Je Suis Deadpool qui permet d'approfondir sa connaissance du personnage au travers de ce qu'il fait le mieux : des pitreries. Dommage que Panini nous remette une histoire déjà publié eil y a deux mois !

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