[Review VF] VHB - Missions... The Storm

[Review VF] VHB - Missions... The Storm

Lokorst et ses dessinateurs sont de retour avec un nouveau numéro de la série VHB, du côté de l'éditeur Phylactères. D'abord, Youpi. Ensuite, pour ceux qui ne connaissent pas encore (y a pas de mal, on est là pour ça !), VHB ou Vampire Hunter Brigades est un titre de « comics à la française » qui suit différentes unités de tueurs de vampires et autres créatures fantastiques, dans un futur dystopien. L'un des attraits de cette série, au-delà de ses qualités inhérentes sur lesquelles nous allons revenir, est qu'elle n'a pas vraiment d'ordre de lecture, celui-ci ne suit en tout cas pas l'ordre de publication. Chaque numéro contient des histoires plus ou moins longues, des tranches de vie et des missionsde cette brigade, dont la lecture est accessible à n'importe quel moment. Vous pouvez donc commencer par ce tome, tiens ! Vous pourrez d'ailleurs vous le procurer à la Paris Comics Expo ce week-end, sur la stand de Phylactères, où vous retrouverez une partie de l'équipe avecle scénariste Lokorst et les dessinateurs David Bulle et Léo Chiola !

Ce nouveau numéro de VHB, le septième en l’occurrence, s'intitule « Missions... Storm » et porte bien son nom puisque l'on y suit de nombreuses missions auxquelles est confrontée l'unité des Chromes, qui est souvent au centre de la série. On commence à bien connaître et reconnaître les personnages qui composent cette unité et en même temps, on a l'impression de les découvrir un peu à chaque nouveau numéro ou nouvelle mission, ce qui fait grandement le charme de cette série. Les histoires sont construites de manière à ce que chaque personnage puisse s'exprimer et ait un moment à lui pour briller, que ce soit de manière plutôt légère et comique, comme pour Axe, ou dans un contexte plus lourd et sérieux, on pensera à Ice ou encore à Enzo. Ice qui s'impose d'ailleurs une nouvelle fois comme le personnage le plus intéressant et le mieux travaillé de toute la bande, qui a souvent le droit aux plus belles scènes. Son status en fait forcément une protagoniste à la profondeur toute trouvée mais encore faut-il savoir s'en servir, et Lokorst gère plutôt bien sa barque, réussissant à construire et à garder une sorte de mystère assez envoutant autour d'elle. De manière générale, la dynamique au sein de cette unité des chromes fonctionne bien et les relations entre les personnages, quelles soient amicales, hiérarchiques ou conflictuelles sont toujours très appréciables à suivre et surmontées de bons dialogues. Ces interactions sonnent justes et les différentes histoires ont cette capacité à remettre l'humain au centre des débats et à offrir plusieurs niveaux de lecture. Et même s'il arrive d'oublier certains personnages entre les différents numéros de la série, on les remet vite, on reprend rapidement le fil et on retrouve notre place confortable au sein de l'intimité de cette « famille ».

Dessin de Luca Bobenrieth

De nombreuses histoires courtes, allant droit au but, c'est le parti pris de ce numéro et c'est, sur cet aspect-là, une vraie réussite. Ce n'est pourtant pas un exercice facile que ces petits segments et encore moins de donner une cohérence à l'ensemble du numéro. Le rythme est important dans cet optique, il faut savoir alterner de manière intelligente l'humour, les scènes d'action et les moments plus intimistes, ce que faite parfaitement ce VHB. Sans aller jusqu'à dire que l'on passe naturellement d'une histoire à une autre et que l'on y trouve à chaque fois un lien, on peut en tout cas affirmer que la lecture est dynamique et qu'à aucun moment nous ne sommes submergés par un sentiment de redondance ou de monotonie. Les deux vraies histoires comiques avec Axe et l'unité scientifique sont efficaces et apportent leur effet de légèreté, l'humanité des personnages est abordée à travers quelques scènes (notamment les chapitres 1 et 3) et les missions très « badass » remplies d'actions nous en donnent pour notre argent. On n'oublie pas non plus les rouages et fonctionnements internes d'une équipe, qui sont mis en avant de manières intéressantes lors des quelques grosses missions sur le terrain. Il est au final assez facile de dire quelles histoire on a préféré, mais beaucoup moins de trouver quelles histoires l'on n'a pas aimé. Si la qualité de l'ensemble n'est pas homogène, rien n'est à laisser de côté pour autant et aucun chapitre ne tire ce tome vers le bas. On ressort en tout cas de ce numéro avec l'impression satisfaisante d'avoir lu quelque chose de très consistant, bien rempli et diversifié, et de ne pas s'être fait avoir sur la marchandise. On regrettera peut-être par moment de ne pas avoir droit à des intrigues un peu plus longues et travaillées, qui pourraient s'avérer plus prenantes, mais ce serait aller à l'encontre du principe et de l'originalité même de ce tome, et pour remédier à cela il suffit de s'intéresser aux précédents.

Dessin de David Bulle

Ce qui est encore moins homogène que les différents chapitres entre eux, ce sont les dessins de ces chapitres. Comme pour tous les tomes de VHB, il y a de nombreux dessinateurs qui mettent la main à la pâte, un par chapitre ici, tout simplement. Si cela rend le numéro assez inégal d'un point de vue graphique, ça a tout de même l'avantage de créer des ambiances différentes et de vraiment dissocier les différentes histoires et missions. Dans les tops de ce tome, on retrouve le « vétéran » du titre, David Bulle, avec des dessins toujours très énergiques et des traits à l'aspect assez brut qui leur donnent une vraie identité. On retrouve aussi le gros coup de cœur du dernier tome, Goblin, qui signe une nouvelle fois un superbe travail, avec une belle mise en scène. Damien Malglaive n'est pas loin de leur niveau et offre une vraie belle ambiance à une histoire très sympa entre Enzo et Danielle. On appréciera aussi la peinture de Loïc Muzy. On retrouve avec plaisir Marty du titre Hoplitéa, qui s'avère meilleur dans les scènes d'action que pour les dialogues plus posés. Et on n'oubliera pas de citer Michel Salvino, Léo Chiola, Lost Arno, Luca Bobenrieth et Tiib, qui sont tous au niveau et donnent chacun à leurs manières une âme à leurs histoires et à ce tome de VHB.

Dessin de Loïc Muzy

 

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Le rythme
- Les relations entre les personnages
- La diversité des thèmes
- La plupart des dessinateurs

LES POINTS FAIBLES

- Certains chapitres graphiquement en dessous

 

4

Very Hautement Bien

Conclusion

Un nouveau tome de VHB dans la droite lignée qualitative des précédents, qui ne déçoit toujours pas et réussit à maintenir la barre à une hauteur plus que respectable. Un numéro qui brille par son rythme et sa diversité, tout en continuant de développer les personnages que l'on connait et en restant accessible à tous lecteurs. Tentez l'expérience !

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L'un des meilleurs numéros de la série !

  • Guigui
    Guigui

    il y a 3 ans

    Merci pour cette critique Mr. MDCU. Du coup, nous vous invitons à venir vous faire votre opinion à la PCE au stand n°35 !