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Partie 1 : De Batman Begins à The Dark Knight

[DDALE #27] Clins d'oeil et références aux comics chez Nolan

Partie 1 : De Batman Begins à The Dark Knight

Bien le bonjour à tous les mordus de super-héros : c’est l’heure du DDALE !

Nous y sommes, le film «The Dark Knight Rises» est enfin sorti en Blu-Ray (la version DVD n’arrivera que le 7 Décembre). Ainsi, désormais, la plupart des cinéphiles et des fans de comics pourront détenir les trois films de cette excellente trilogie et les redécouvrir un à un.

Le DDALE se met donc une nouvelle fois aux couleurs du Chevalier Noir (et c’est un honneur) pour une série de deux articles qui vont porter sur les références aux comics dans la trilogie de Christopher Nolan.
Beaucoup ont en effet critiqué le fait que la trilogie de Christopher Nolan s’éloignait trop des comics mais outre le fait que l’essence et les grandes caractéristiques du personnage soient bel et bien présents (je vous renvoie à cet article pour ce point), ces films comportent de nombreuses références aux comics et parfois, celles-ci sont très bien dissimulées.

Dans ce premier des deux articles, nous nous concentrerons sur les deux premiers opus de la trilogie soit «Batman Begins» et «The Dark Knight». Le second (prévu pour le 7 Décembre, date de la sortie DVD du film), lui, portera donc sur le dernier film : «The Dark Knight Rises».

N°27 : CLINS D’ŒIL ET RÉFÉRENCES AUX COMICS CHEZ NOLAN (PARTIE 1) : DE BATMAN BEGINS A THE DARK KNIGHT.





Des références donc et des références bien cachées ! Si Tim Burton et Joël Schumacher puisaient beaucoup dans les comics des années 1940, 1960 et 1070, Christopher Nolan puise lui dans des comics bien plus récents et sortis entre la fin des années 80 et le début des années 2000.
Notons aussi l’importance du réalisme chez Nolan qui a voulu rendre son héros le plus crédible et moderne possible. Le réalisateur se permet aussi de traiter de nombreux thèmes dans ces films tels que le spectre du terrorisme, l’anarchie ou la face sombre de la société américaine. Néanmoins, cela n’enlève en rien les similitudes aux comics.

I. Dans Batman Begins.



A. Les comics qui ont inspirés le film.

Pour «Batman Begins», Christopher Nolan emprunte surtout à l’âge moderne des comics et ainsi, il s’est beaucoup inspiré des sagas «Batman : The Man Who Falls» et «Batman : Year One». Ces deux histoires se concentrent sur la jeunesse et les débuts du Chevalier Noir.



Si la seconde de Frank Miller est très connue, la première l’est moins. Écrite par le grand Dennis O’Neil, ce comics nous narre les différents voyages qu’a effectués Bruce avant de devenir Batman afin de former son corps et son esprit dans le but lutter contre le crime. Ainsi, c'est toute la première partie du film de Nolan qui s’inspire de cette saga puisque les deux nous montrent un jeune Bruce Wayne, alors hanté par le souvenir de ses parents, voyager à travers le monde et aller notamment en Asie afin d’apprendre auprès des meilleurs combattants du monde. En ce qui concerne «Year One», c’est plus la seconde apparition du film qui s’en inspire vu qu’elle traite du retour de Bruce à Gotham et de ses débuts en tant que Batman.



Ces comics sont les deux principaux titres dont s'est servi Nolan et son équipe pour son film. D’ailleurs, David Goyer (le scénariste du film) lui-même avait confié dans une interview avoir beaucoup utilisé le récit de Frank Miller pour son script.

Néanmoins, d’autres sagas ont servi de sources d’inspirations :
- «The Dark Knight Returns» (de Frank Miller encore une fois) pour dépeindre la ville, la mentalité de Bruce mais aussi l’apparence de la Batmobile.
- «Haunted Knight», un court récit de Jeph Loeb et de Tim Sale qui voyait Batman affronter l’Epouvantail. Déterminant pour les relations entre le héros et le méchant.
- «Un Long Halloween», l’excellente saga de Jeph Loeb et Tim Sale qui a elle aussi servit pour dépeindre le personnage de Carmine Falcone qui est dépeint dans le film, comme dans cette saga, comme le grand patron de la pègre à Gotham.

Enfin, précisons que Christopher Nolan s’est beaucoup inspiré du chef d’œuvre de Ridley Scott, «Blade Runner», pour dépeindre Gotham mais aussi pour les plans de caméra du film.

B. Les clins d’œil et Easter Eggs.

Outre les sources d’inspirations dans ces comics pour la trame principale du film, plusieurs scènes de ce dernier sont largement inspirées de la mythologie Batmanesque.

1. La scène du début où Bruce tombe dans la grotte et est attaqué par un nuage de chauve-souris est tirée du comics «The Dark Knight Returns».



Néanmoins, notons que l’idée de passer à travers des planches en bois est issu de l’histoire «The Man Who Falls».



2. Dans la première partie, nous avons vu que la première partie du film était largement inspirée de «The Man Who Falls». En effet, comme dans ce comics, Bruce voyage à travers le monde, se laisse pousser la barbe et mène une vie des plus austère.



Enfin, la scène où Bruce grimpe l’Himalaya pour rejoindre un temple et son futur instructeur est également tirée de ce comics.



3. L’idée du monorail, central dans le film, est sans doute tirée de «Batman : Year One». On le voit dès la première case de la saga et c’est par ce moyen de transport que Gordon rejoint la ville pour la première fois.



4. Dans la plupart des flash-back portant sur l’assassinat de Wayne (notamment celui de «Year One»), Bruce se tient entre ses deux parents à genoux après le drame. Cette représentation est également reprise dans le film et la scène est aussi un flash-back.



5. Lorsque Ra’s Al Ghul apparaît pour la première fois en 1971, sa base est, comme dans le film, cachée dans l'Himalaya.

6. Comme dans «Batman : Year Two», Bruce a essayé de tuer Joe Chill pour venger ses parents mais il a été devancé. Et comme dans cette histoire, à la suite de cet évènement, Bruce jure de ne plus jamais utiliser d’armes à feu et se débarrasse de la sienne.

7. Le personnage qui sert de leurre au monde et qui se fait passer pour Ra’s Al Ghul laisse fortement penser au Sensei, le chef de la Ligue des Assassins (renommée Ligue des Ombres dans le film).



8. Comme dans «Batman #232», Ra’s Al Ghul décide de choisir Batman comme successeur et lui propose de diriger son organisation.

9. Comme dans «Batman : Year One», Bruce revient à Gotham en avion. Notons que dans le film, il est malgré tout accompagné par Alfred. Enfin, comme dans le comics de Miller, son retour fait grand bruit dans la presse et le monde des affaires.

10. Durant la scène où Bruce revient à Gotham avec Alfred, il parle de devenir un symbole pour combattre le crime. Ce discours est revenu à de nombreuses reprises dans les comics tels que «Year One», «Untol Legends Of Batman» et «Detective Comics #33», premier récit portant sur les origines de Batman.



11. Dans le film, peu de temps après son retour, Bruce se renseigne sur ce qu’il s’est passé en son absence et se déguise en vagabond pour ne pas être reconnu. Batman utilise cette stratégie à de nombreuses reprises dans les comics et l’apparence de son «costume» est en grande partie reprise de l’histoire «Batman : Wars Of Crime».



12. Comme dans les comics également (notamment «Detective Comics #0»), Batman utilise les ressources et les gadgets de sa société (qu’il n’hésite pas à dérober) pour sa lutte contre le crime.

13. Dans le film, l’Epouvantail et Carmine Falcone travaillent ensemble. Cette situation est reprise au comics «Un Long Halloween».

14. Comme dans les comics, Bruce a décidé d’utiliser la symbolique du Batman à cause de son traumatisme d’enfance et aussi après avoir vu une Chauve-Souris entrer dans sa maison.

15. Comme «Batman : Year One», le film met en évidence le fait que la police soit corrompue et que Gordon soit l’un des seuls flics honnêtes de la ville. Le personnage de Flass est d’ailleurs apparu pour la première fois dans le récit de Frank Miller. Comme dans cette histoire, Flass est le coéquipier de Gordon mais c’est aussi un flic corrompu qui travaille pour la pègre. Il a longtemps essayé de convaincre Gordon de rejoindre ses magouilles mais ce dernier a toujours refusé.



16. Dans «Batman Begins», notre héros utilise de nombreux gadgets issus des comics tels les célèbres Batarangs, bombes fumigènes et le grappin. Notons que l’apparence de son costume (masque aux petites oreilles et le large signe de chauve-souris sur son torse) est largement inspiré de «Batman : Year One».

17. Lorsque Batman interroge Flass dans le film, il le surprend et utilise la peur et les menaces pour le faire parler. Une technique reprise plusieurs fois dans les comics notamment dans «Haunted Knight», «Year One» ou encore «Un Long Halloween».

18. Dans les comics, Batman est souvent représenté comme veillant sur sa ville, accroupi sur les toits et les statuts. Cette représentation est reprise plusieurs fois au cours du film.



19. Comme dans «Year One», Bruce a la fâcheuse tendance à faire des pompes et de l’exercice quand Alfred essaye de lui parler et lit ses exploits dans les journaux.

20. Comme dans les comics, Bruce se comporte comme un milliardaire oisif et cupide pour que personne ne puisse faire le rapprochement entre lui et Batman.

21. Lorsque Bruce est soumis au gaz de l’Epouvantail, il semble se remémorer avec horreur la mort de ses parents. Ces visions d’horreurs lui sont souvent arrivées dans les comics notamment dans «Haunted Knight» et Detective Comics #457.



22. Comme dans les comics et le récent «Haunted Knight», Bruce appelle Alfred avoir été empoisonné par l’Epouvantail. Ce dernier le soigne et assiste celui qu’il considère comme son fils jusqu’à son réveil.



23. Dans «Batman Begins», après que Batman ait vaincu Crane et qu’il cherche à l’interroger, le vilain lui lance : «le Professeur Crane est absent pour le moment mais vous pouvez prendre rendez-vous». Cette situation et cette phrase sont reprises du comics «Batman : Haunted Knight».



24. Lorsque Batman injecte à Crane son propre gaz de peur, ce dernier a des hallucinations et voir Batman comme une chauve-souris géante. Durant cette hallucination, le visage de Batman ressemble au masque qu’arbore le nouveau Batman dans la série animée (et comics) «Batman Beyond».



25. Comme dans «Batman : Year One», Batman utilise un dispositif sonore placé sous sa botte droite pour attirer les chauves-souris et distraire la police afin de s’échapper.

26. La Batmobile qu’utilise Batman dans le film ressemble à celle que le Chevalier Noir utilise dans «The Dark Knight Returns». D’ailleurs, durant le film, un des policiers compare la voiture à un tank, ce qui ne fait que renforcer cette similitude.



27. L’apparence extérieure d’Arkham ressemble beaucoup à la version qu’arborait l’Asile durant les années 70 et 80.

28. Comme dans «Batman #400» (1986), Ra’s libère et utilise les prisonniers d’Arkham pour mener à bien ses desseins maléfiques.

29. Dans le film, Ra’s compte empoisonner les réserves d’eaux de Gotham afin de détruire la cité de l’intérieure et de rapporter l’équilibre. Le méchant a aussi eu la même idée dans les comics et c’était lors de «Batman Annual #8».
Notons que le vilain a eu plusieurs fois l’idée d’empoisonner la ville et ses habitants dans les comics comme lors des récentes sagas «Contagion» et «Legacy» (où le vilain compte lâcher le virus Ebola sur la ville).

30. Après avoir été libéré d’Arkham par Ra’s Al Ghul, l’Epouvantail sillonne la ville à cheval et terrifie les divers habitants de Gotham. Cette représentation de l’Epouvantail à cheval est une reprise du comics «Un Long Halloween».



31. Comme dans «Batman : Year One», Gordon est le seul policier à faire confiance à Batman même si il a eu des doutes lors de ses premières apparitions. Les deux hommes vont apprendre à travailler ensemble et trouver dans l’autre un allié. D’ailleurs, comme dans l’excellent récit de Frank Miller, Gordon appelle Batman à la fin du film et lui parle d’une nouvelle menace : celle du Joker.



32. L’intérêt féminin du film est Rachel Dawes. Le personnage n’existe pas dans les comics et a été inventé de toute pièce par Nolan et son équipe. Malgré cela, il semblerait qu’elle s’inspire des diverses femmes qu’a connu Batman au cours de sa carrière : Rachel Caspian d’abord pour son nom puis Vickie Vale, Julie Madison et Vesper Fairchild pour le caractère du personnage.

33. Un autre vilain des comics fait son apparition dans le film: Victor Zsasz ! Très secondaire dans le film (comme dans les comics d’ailleurs), il est, comme dans l’univers DC, un dangereux tueur dérangé ayant la manie de se faire une cicatrice à chaque fois qu’il tue quelqu’un. Notons que dans ce film, il est aux ordres de la pègre alors que dans les comics, c’est un serial killer qui ne tue que pour le plaisir.



34. Notons un petit clin d’œil au premier film «Batman» de Tim Burton puisque comme dans le long métrage, Batman emmène sa dulcinée (Vickie Vale chez Burton et Rachel chez Nolan) à la Batcave afin de la sauver puis la remmène ensuite chez-elle où la belle se réveille.

II. Place à The Dark Knight.



A. Les comics qui ont inspirés le film.

Pour le deuxième opus de sa trilogie, Christopher Nolan continue de puiser dans les comics de l’âge moderne et s’inspirant cette fois-ci beaucoup des histoires parues durant les années 80 et 90.
Si «Batman Begins» s’inspirait fortement de «Batman : The Man Who Falls» et de «Batman : Year One», «The Dark Knight» va s’inspirer des histoires faisant suite à ses deux récits. Ainsi, le choix des sources d’inspiration reste très logique et nous voyons ainsi le désir qu’a Nolan d’ancrer sa trilogie dans les premières années de Batman.

L’histoire qui va servir de base à Nolan et son équipe pour ce deuxième opus est «Batman : Un Long Halloween».



Cet excellent récit (le meilleur récit sur Batman à mon sens) est écrit par Jeph Loeb et mis en images par le très talentueux Tim Sale et nous narre la formation de l’alliance entre Batman, Jim Gordon et Harvey Dent. Si la toile de fond n’est qu’une intrigue policière, le récit nous montre d’abord un Batman encore jeune qui peine à accepter pleinement son rôle, à embrasser la nuit et à la faire sienne. Mais aussi, on voit l’ascension fulgurante d’un jeune procureur: Harvey Dent. Un homme idéaliste et droit qui mène une lutte sans relâche contre le crime organisé à Gotham. Or cette lutte va lui coûter cher et il va finir par tout perdre et par devenir complètement fou: ce récit ne porte pas seulement sur l’histoire du gentil procureur mais aussi sur sa déchéance, sa chute et son passage vers «le côté obscur» (comme Lucas lorsqu’il a vendu son bébé à Disney) lorsqu’il devient Double-Face.
Il n’y a pas un air de déjà-vu ? Et oui, le film «The Dark Knight» possède exactement les mêmes. Si l’intrigue autour du Joker figure en premier plan, le thème de fond du film reste d’abord le fait que Batman finisse par accepter son rôle et devenir la légende urbaine que l’on connaît tous mais aussi l’ascension et la chute d’Harvey Dent. Comme dans le récit de Loeb, Gordon, Batman et Dent décident de s’allier (lors d’une scène très similaire à l’histoire mise en image par Sale) pour combattre la criminalité et c’est Harvey qui devient le porte-drapeau de cette lutte et c’est également lui qui va quasiment tout perdre.

Nolan a également puisée dans une autre grande saga pour «The Dark Knight» : l’excellent «The Killing Joke» d’Alan Moore. L’histoire de l’auteur de «Watchmen» a été centrale pour la mise en scène du Joker.



Ainsi, Nolan reprend l’idée du clown aux origines floues et mystérieuses, aux méthodes violente et à la philosophie dérangée. Dans «The Dark Knight», le Joker veut montrer à Batman et aux habitants de Gotham que quiconque peut transgresser les règles qu’il s’est fixé et peut ainsi devenir dingue lorsqu’il y est forcé. Le Joker milite pour un monde sans ordre et une anarchie totale et ces thèmes se retrouvent dans la célèbre histoire de Moore.
Si le second aspect est plus difficile à cerner, le premier est directement extrait dans l’œuvre.
Rappelez-vous, dans «The Killing Joke», le Clown Prince du Crime veut montrer qu’une seule mauvaise journée suffit à rendre le plus sain des hommes complètement fous. Et pour prouver cette théorie, le vilain s’en prend à Jim Gordon… Je ne dis rien sur la suite de l’histoire et vous laisse vite aller vous la procurer (comme toutes les autres que j’ai citées d’ailleurs) car elle vaut vraiment le coup et elle reste l’une des meilleures du genre.
Enfin, ce comics a aussi été déterminant pour la relation entre Batman et le Joker et cela, Nolan l’a compris puisqu’il reprend également cet aspect pour son film. Ainsi, comme Alan Moore, le film dépeint la relation malsaine qui unit Batman au Joker. Le vilain ne veut ni dominer le monde ni tuer le héros mais juste assouvir ses pulsions et faire triompher sa philosophie de vie (très visible lors de la scène de l’interrogatoire). De même, si cela n’est pas toujours très bien mis en évidence chez Nolan, nous retrouvons également le fait que Batman soit aussi dérangé que les fous qu’il dérange et que c’est à cause de lui qu’ils commettent des crimes.

Enfin, pour clôturer cette partie, je terminerai par dire que Nolan s’est également inspiré d’autres comics pour son film mais de manière nettement moins importante. On notera ainsi :
- «Batman: Dark Victory» (la suite d’«Un Long Halloween») pour les passages avec Double-Face.
- «The Dark Knight Returns»: outre le titre du film qui fait fortement penser au sublime récit de Miller, la patte de ce dernier se fait aussi sentir à travers le personnage de Batman (ses doutes, ses buts…), l’ambiance sombre et glauque et la manière dont les habitants de Gotham voient Batman.
- Notons également que les relations entre Batman/Alfred et Batman/Gordon sont très respectueuses des comics. On retrouve ainsi le côté paternel et bienveillant d’Alfred et le côté réaliste et idéaliste de Gordon.

B. Les clins d’œil et Easter Eggs.

1. Au début du film, le Joker dévalise une banque et le masque qu’il porte n’est pas sans rappeler celui qu’arborait le personnage dans la célèbre série télévisée des années 60.



2. Après le braquage de la banque, le Joker révèle son identité. Le personnage fait de même lors de «Batman # 9» (sorti en 1942).



3. L’Épouvantail apparaît rapidement dans le film. Rappelons qu’il avait réussi à s’échapper lors du premier opus et on voit ici qu’il est devenu un trafiquant de drogue (son homologue des comics l’a été à quelques reprises). C’est également la première fois qu’un ennemi de Batman apparaît au cours de deux films à la suite.

4. Suite à la destruction dans «Batman Begins» du Manoir Wayne, Bruce a emménagé dans un luxueux appartement au sein de la fondation Wayne. Il a aussi installé une Batcave dans un bunker dissimulé sur un chantier de construction placé en cœur de la ville. Dans les comics, cette situation s’est déjà produite notamment au cours des années 70 où Bruce délaisse le Manoir Wayne pour se rapprocher de la ville et emménage dans un appartement de la fondation Wayne tandis qu’il construit une Batcave en dessous de l’immeuble.





5. Dans le film, comme dans de nombreux comics, Batman est représenté avec de nombreuses ecchymoses et cicatrices dues à ses sorties nocturnes.



6. Comme nous l’avons vu précédemment, la scène du toit entre Gordon, Dent et Batman (ainsi que le triumvirat qui se forme entre les trois combattants de l’ordre) est très inspiré de «Batman: Un Long Halloween».



7. Comme dans les comics, Batman collabore avec la police (notamment Gordon) qui l’appelle grâce au Bat-signal et qui lui laisse un libre accès aux scènes de crime.

8. La scène où Gordon et Dent retrouve le «faux Batman» mort, pendu et maquillé comme le Joker fait penser à :
- «Detective Comics #476» pour l’imposteur se déguisant comme Batman et qui est retrouvé mort.
- «Batman : Dark Victory» pour la référence au Pendu : ce tueur qui, comme son nom l’indique, tuait ses victimes à l’aide d’une corde et qui les laissait exposer comme des trophées.





9. Comme dans les comics, le Joker laisse souvent derrière lui et sur ses victimes ce qu’il appelle «sa carte de visite».

10. Lorsque Batman va en ville pour empêcher l’assassinat du maire, il ne se déguise pas en Batman car il fait jour mais s’habille simplement en motard. Le héros avait fait la même chose à la fin de «Batman: Year One» pour secourir la famille de Jim Gordon menacé par des gangsters alors qu’il faisait jour.



11. Durant le film, afin de tueur le maire, le Joker se déguise en policier. Son homologue des comics s’est lui aussi déguisé en agent de l’ordre dans «Batman #1».



12. Comme dans les comics, le Joker brouille les pistes sur ses origines en mentant et en donnant plusieurs versions de son passé.
Notons tout de même que les origines du personnage sont très différentes de celle des comics car il n’est jamais tombé dans une cuve d’acide et n’a pas été défiguré. La couleur de son visage est due à un maquillage.

13. Comme son homologue des comics, le Joker est très médiatique et utilise à de nombreuses reprises la radio et la télévision pour annoncer ses méfaits.

14. A un moment, Batman est K.O et l’un des sbires du Joker essaye de lui enlever son masque. Or, le costume est piégé et le vilain reçoit une décharge électrique. Cette situation est tirée du deuxième numéro de la saga «Silence» sortie en 2003.



15. Durant le film, Jim Gordon simule sa mort afin de mieux tromper l’ennemi. Harvey Dent avait utilisé la même stratégie au cours de «Un Long Halloween».

16. Le Joker s’impose dans le film comme un maniaque dangereux qui n’hésite pas à s’en prendre aux proches de Batman. Ainsi, Harvey Dent finit défiguré par sa faute et il est également responsable de la mort de Rachel. Le vilain s’en est également pris aux proches du justicier dans les comics et parmi ses faits notables, il a tué Jason Todd, le second Robin, et estropié Barbara Gordon, la première Batgirl.

17. L’apparence finale de Double-Face fait fortement penser au design du personnage dans «Un Long Halloween».



18. L'idée d'otages déguisés en hommes de mains du Joker est tirée de «Batman #754» (sorti en 2000).



19. Comme dans «Batman #647» (sorti en 2006), Batman utilise un sonar grâce à un dispositif installé dans son masque et qui le relie aux ordinateurs et satellites de Waynes Entreprises.



20. A la fin du film, Batman balance le Joker dans le vide. Comme dans «Joker #4», le vilain rit lors de sa chute mais comme dans «Batman #1», le héros le rattrape afin de le sauver et de l’envoyer en prison.

21. Une grande partie du film tourne autour de la ligne blanche que s’est fixé Batman à savoir ne jamais tuer. Un thème largement exploité dans les comics notamment «Batman : Un Long Halloween», «Batman: Silence» (dans ce dernier, Batman veut tuer le Joker afin de s’en débarrasser une bonne fois pour toutes mais il en est empêché par Gordon) ou encore «Batman : Year Two».

22. A la fin du film, la famille du commissaire Gordon est prise en otage. Cette situation est tirée du comics «Batman : Year One» (et oui, encore lui) et comme dans le récit de Miller, le Chevalier Noir sauve le fils de Gordon d’une chute mortelle.



23. Une autre petite référence au film de Tim Burton se trouve dans ce film : c’est lorsque Batman hésite à tuer le Joker en lui fonçant dessus avec sa moto. Une situation similaire se produit dans le film de 1989 lorsque Batman se rapproche du personnage avec son Batplane mais avec la ferme intention de lui tirer dessus.

Le petit mot de la fin.



Qui aurait cru qu’il y aurait autant de références ! Moi-même lorsque j’ai attaqué cet article, je ne m’attendais pas à en trouver autant mais il semblerait que Nolan et son équipe connaissent bien mieux les comics que nous voudrions le croire. Certes, je vais peut-être chercher un peu loin sur certains points mais avouons que les liens sont tout de même là. Outre le réalisme, la noirceur et les diverses sources d’inspirations dans le contexte mondial (notamment le spectre du terrorisme), Nolan a su aussi bâtir deux films de super-héros solide de part de nombreux clins d’œil et inspirations aux grands comics qui ont fait la force du héros.
Pour son troisième opus, Nolan a compté s’inspirer des comics les plus sombres et les plus tragiques portant sur le personnage pour y apporter une nouvelle dimension, une nouvelle approche.
Ainsi, quels sont les comics qui ont inspirés «The Dark Knight Rises» ? Quels sont les clins d’œil à la mythologie ? Dans les deux premiers, le réalisateur a beaucoup puisé chez Alan Moore, Jeph Loeb et Frank Miller. Poursuivra-t-il la même dynamique pour ce troisième film ?
Toutes ses réponses viendront dans le prochain numéro du DDALE qui sortira en même temps que l’édition DVD et DVD Collector du film : le 7 Décembre.


Anciens numéros.



1 : Le retour de Spider-Man au cinéma: un reboot à la quitte ou double ?

2 : Retour sur le San Diego Comic-Con 2010.

3 : X-Men First Class ou comment tuer la franchise des mutants au cinéma ?

HS N°1 : Spécial Iron-Man 2.

4 : Les films Batman.

5 : Les séries animées DC (1° partie) : Le DCAU.

6 : Retour sur la fin 2010 - début 2011.

7 : Les séries animées DC (2nd partie) : la Nouvelle Vague.

8 : Batman The Brave And The Bold.

9 : Les films Marvel : Vengeurs Rassemblement.

HS N°2 : Les épisodes de Smallville vus par le staff.

10 : Les séries animées X-Men.

11 : Du Comic Con A l'Ecran.

12 : Les caméos du Marvel Cinematic Universe.

HS N°3 : X-Men First Class ou comment relancer la franchise des mutants au cinéma.

13 : Les jeux vidéo Batman.

HS N°4 : Young Justice en France.

14 : Captain America à l'écran.

15 : 2011, l'année des super-héros ou des super-zéros (1° Partie) : au cinéma, la concurrence fut rude.

16 : Marvel Knights au cinéma.

HS N°5 : Il faut sauver le soldat Carter.

17 : 2011, l’année des super-héros ou des super-zéros (2° Partie) : Petit écran et jeux vidéo.

18 : Retour sur The Avengers.

19 : The Dark Knight vs The Avengers : deux films, un duel au sommet et un seul vainqueur.

20 : Clins d’œil et suites possibles à The Amazing Spider-Man.

21 : A quoi ressemblera le prochain Batman ?

22 : Le SDCC 2012 et ses révélations.

23 : A quoi s'attendre pour la phase 2 du Marvel Cinematic Universe ?

HS N°6 : Analyse de The Dark Knight Rises.

24 : Robocop, une icône des années 90.

25 : Qu’est-ce qu’une bonne adaptation de comics au cinéma ?

26 : Spider-Man 1 vs The Amazing Spider-Man : duel entre deux générations.