[Review VF] Lady Killer - Tome 1 : À couteaux tirés

[Review VF] Lady Killer - Tome 1 : À couteaux tirés

Glénat ajoute une nouvelle série à son catalogue, Lady Killer publiée chez Dark Horse aux USA, du duo Joëlle Jones & Jamie S. Rich. Le pitch est assez alléchant vu qu'il promet de suivre une femme au foyer des années 50 qui est aussi tueuse sur ses heures libres, mais le résultat est-il à la hauteur de nos attentes ?

Josie Schuller a tout de la mère de famille parfaite : un mari très actif, deux filles adorables, un job dans le cosmétique, attentionnée avec sa belle mère allemande et d'une beauté fatale. La femme idéale telle qu'on l'imagine dans les années 50... Mais comme vous l'avez deviné au titre ou à la couverture, Josie est aussi une tueuse redoutable, qui profite de son travail en tant que représentante dans le cosmétique pour fracturer/étrangler/étriper les cibles des ses contrats ! Jusqu'au jour où une mission s'avère trop éprouvante pour elle, et que son agence lui propose une retraite anticipée 6 pieds sous terre.

Si Glénat Comics vend Lady Killer comme "Dexter au féminin dans les années 50", on est loin d'une histoire de tueuse en série mais plutôt devant un comics d'espionnage. Ou plutôt une nouvelle adaptation de "l'espion trahit par ses supérieurs", une histoire qu'on a vu mille fois que ce soit en comics, en roman, à la TV ou au ciné. Alors certes, même si ce n'est pas original il y a toujours moyen de raconter une histoire différemment. Mais si comme moi vous vous attendiez à un récit un peu décalé sur une mère au foyer qui assassinait ses voisins, vous risquez d'être un peu déçu(e) à la lecture des premiers chapitres. Pire, le fameux passage où notre personnage principal comprend la trahison ne vient pas arranger les choses, le scénario n'apportant quasi rien de nouveau au concept, c'est très classique. On est donc loin d'une série au scénario innovant, les rebondissements sont assez peu inspirés, on a peu d'explications alors qu'un peu de background n'aurait pas fait de mal et à force de repousser des intrigues les derniers chapitres paraissent un peu baclés et la conclusion un peu brusque. Ajoutez un développement des personnages quasi absent et on peut regretter que la série n'ait pas été pensée sur un peu plus de numéros ou en on-going. Bref, le scénario n'est pas vraiment le point fort de Lady Killer.

Pour autant, ce n'est pas non plus à jeter. Lady Killer c'est aussi une ambiance pulps, qui rend hommage à ces comics des années 40-50 où les histoires romantiques et d'horreur étaient préférés à du Captain America ou Superman . Voilà exactement un comics que le Comics Code Authority n'aurait pas apprécié, où l'on valorise une femme qui tue violemment des "innocents". Lady Killer joue avec cette absence de morale et avec une narration et des dialogues d'époque. Et les dessins participent totalement à cette ambiance, malgré un découpage très moderne, on retrouve assez bien le style de cette période ou des premiers James Bond. Les scènes de vies quotidiennes sont énergiques, colorées et honorent la vision idéalisée qu'on se faisait de la famille américaines dans les publicités. Les scènes de meurtres sont violentes, sanglantes, on ne nous épargne rien sans aller non plus dans un gore à la The Walking Dead. Les personnages sont volontairement idéalisés, Josie étant par exemple le sosie d'Audrey Hupburn. Non vraiment graphiquement c'est parfait, le trait est maitrisé et la colorisation de Laura Allred met en valeur ses planches et apporte un vrai plus, une combinaison qui rattrape en partie les faiblesses du scénario.

Notez enfin que Glénat n'a pas été avare en bonus ce qui fait toujours plaisir, d'autant que les couvertures façon pin-up sont délicieuses et droles. Lady Killer n'a donc pas été pour moi la révélation, le comics coup de coeur comme beaucoup de critiques US mais aussi français le disent. C'est un comics très sympathique, à lire si vous pouvez vous le permettre et que vous avez déjà pris les indispensables du mois (par exemple... Airboy !). Et même si le scénario a été la grosse déception de ce premier tome, j'attends beaucoup du second tome, maintenant que l'univers est lancé et certaines intrigues demandent à être développées.

En Résumé

 

LES POINTS FORTS

- Les dessins de Joëlle Jones
- L'ambiance de l'époque
- La colorisation de Laura Allred
- Des bonus sympathiques

LES POINTS FAIBLES

- Un scénario trop classique
- Potentiel un peu gaché

 

3

A tester

Conclusion

Lady Killer n'est pas une lecture renversante mais devrait faire son job en tant que lecture d'été, sur la plage ou en dégustant un bon barbecue avec vos voisins !

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