Daredevil, l'Homme Sans Peur

Commencer les comics : Daredevil

Daredevil, l'Homme Sans Peur

Chez Marvel, pas besoin de reboot. Les comics nous offrent certes des aventures formidables mais c'est parfois difficile de se lancer dans la lecture lorsqu'on ne sait pas du tout par où commencer. Cependant, Marvel est connu pour son accessibilité et les auteurs ont laissé des portes d'entrée pour les nouveaux lecteurs.

Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur le cas de Daredevil , alias l'Homme Sans Peur, un super-héros urbain culte qui a conquis un nouveau public avec l'arrivée en 2015 de sa série télévisée sur la plate-forme Netflix.
 

Les origines

Daredevil est apparu pour la première fois dans Daredevil #1 en 1964. Créé par Stan Lee et Bill Everett, le personnage a depuis traversé les décennies, et il est même brièvement devenu un Avenger en 2011 lorsqu’il a intégré l’équipe alors dirigée par Luke Cage , les New Avengers. Depuis la même année, c’est Mark Waid qui nous conte les histoires du héros dans un run acclamé par la critique qui est entré dans une seconde phase en 2014, avec le lancement d’une nouvelle série. Aux Etats-Unis, une nouvelle équipe artistique (Charles Soule et Ron Garney) vient de prendre en mains le destin du justicier aveugle.

 

Le personnage

Matt Murdock est à la ville l’un des avocats éminents de la juridiction de New York. Son naturel plutôt enjoué (du moins dans les débuts de la série) tranche radicalement avec Daredevil , son avatar super-héroïque plutôt sombre. Reconnu comme étant sans peur dans le milieu, il fait régner l’ordre dans tout Manhattan, mais plus particulièrement dans le quartier de Hell’s Kitchen.

Après avoir perdu sa mère dès son plus jeune âge, il a été élevé par son père, boxeur de profession. Il a un jour été renversé par un camion et s’est retrouvé aspergé de produits toxiques durant l’accident, perdant au passage la vue, mais gagnant une grande acuité en ce qui concerne les quatre autres sens. Il possède notamment une vision spéciale type radar à 360° lui permettant de savoir tout ce qu’il se passe autour de lui.

L’assassinat de son père par la pègre locale après une affaire de combat truqué non respectée à la fin de son adolescence l’a profondément marqué. Cela le poussera à s’entrainer corps et âme afin de mettre à profit ses capacités extraordinaires pour faire le bien. Il prendra l’identité de Daredevil (ce qui signifie casse-cou en français), le surnom que lui avaient donné les gamins du quartier pour l’embêter.
 

Entourage

Foggy Nelson : Ami de Matt de toujours, ils ont fondé ensemble leur cabinet à Manhattan. C’est l’une des rares personnes à savoir que Matt est Daredevil avant que les tabloïdes newyorkais ne le dévoilent publiquement.

Karen Page : Elle a été la première secrétaire du cabinet de Foggy et Matt et a été au centre d’un triangle amoureux entre les trois. Cherchant plus tard en vain à percer en tant qu’actrice, elle finira dans la drogue et le monde pornographique et ira même jusqu’à révéler l’identité secrête de Daredevil pour une dose. Elle a cependant par la suite réussi à se racheter auprès du héros mais mourra assassinée par Bullseye, sous les ordres de Mysterio .
 
Elektra Natchios : La fille de diplomate qui deviendra une mercenaire ninja entraînée par La Main a un temps fricoté avec Matt à l’occasion d’une année d’étude passée à New York. Elle sera elle aussi assassinée par Bullseye, avant de revenir à la vie. Elle fera alors même partie un temps du SHIELD.
 

  

Les vilains

Le Caïd : Initialement ennemi du Tisseur apparu dans Amazing Spider-Man #50, Wilson Fisk en tant que parrain newyorkais est devenu l’ennemi juré de l’Homme Sans Peur. Sous la plume de Frank Miller, il devient machiavélique et décime l’entourage du héros.

Bullseye : En tant qu’assassin de deux des femmes les plus importantes dans la vie de Murdock – Karen Page et Elektra Natchios – ce dernier s’inscrit forcément comme l’un des pires ennemis de Matt.

Typhoid Mary : Une comédienne devenue super-vilain à cause de Daredevil . Ce dernier la défenestra accidentellement en poursuivant l’assassin de son père. Schizophrène, elle est tantôt comédienne, tantôt psychopathe armée de sabre.
 

 

Quelques récits importants

 


Daredevil - Run de Frank Miller (Daredevil #168-191) – Marvel Icons Daredevil par Frank Miller vol. 2 (Panini)
Renaissance (Daredevil #227-233) – Marvel Icons Daredevil par Frank Miller vol. 3 (Panini)
The Man without Fear – Marvel Icons Daredevil par Frank Miller vol. 3 (Panini)
Sous l’Aile Du Diable (Daredevil v2 #1-7) – Marvel Select (Panini)
End Of Days – 100% Marvel (2 tomes, épuisés), réédité en Marvel Deluxe 
Daredevil Run de Michael Bendis (Daredevil v2 #26-50 et 56-81) - 100 % Marvel ou Marvel Deluxe (Panini, épuisé), en cours de réédition en Marvel Select
Daredevil Run d'Ed Brubaker (Daredevil v2 #82-119 et v1 #500) 100 % Marvel
Daredevil - Run de Mark Waid (Daredevil V3 et V4) - 100 % Marvel 

Run en cours en France

Depuis 2011, Mark Waid est à la tête de la série Daredevil . Seulement trois dessinateurs – Paolo Rivera et Marcos Martin, puis Chris Samnee – l’ont joint dans l’aventure pour une histoire centrée sur Matt Murdock et son entourage très proche. Plutôt ancrée dans le réel, la série n’hésite pas à devenir fantastique à l’occasion. Elle a d’ailleurs été primée à plusieurs occasions pour la qualité de son scénario ainsi que sa qualité générale.
 
 

Points d’entrée

Pour les collectionneurs

Pour les amateurs de récits vintage, les premières aventures de Matt Murdock dans les années 60 sous la plume de Stan Lee sont évidemment indispensables. Même si on compte Wally Wood et John Romita Sr parmi les artistes qui ont illustré les aventures de DD, l'âge d'or de la série démarre réellement avec l'arrivée de Gene Colan à l'épisode 20. Ces épisodes sont réédités dans la collection Intégrales de Panini.

 

Si vous ne deviez lire qu'une seule histoire de Daredevil

Après une très longue traversée du désert, Daredevil a atteint ses plus hauts sommets sous la plume et les pinceaux du génial Frank Miller, débutant qui connut la consécration en transformant la série en polar sombre et urbain destiné à un public plus adulte. Le Caïd (Kingpin) chef de la pègre de seconde zone ennemi de Spider-Man devient alors un mafieux impitoyable et l'ennemi juré de DD. Bullseye (le Tireur), l'homme de main de Wilson Fisk, révèle tout son potentiel de tueur à gages psychopathe.

Enfin, Miller introduit Elektra, amour de jeunesse de Murdock qui a viré assassin ninja. Intrigues policières, corruption politique et spectaculaires combats entre la Main (l'ordre des ninjas d'où est issue Elektra) et Daredevil rythment pendant deux ans la série, tandis que les costumes bariolés cèdent la place aux gangsters, journalistes et toute une faune interlope. Miller quitte la série auréolé de gloire pour révolutionner Batman avec The Dark Knigth Returns, laissant un vide artistique que Marvel mettra des décennies à combler. Le run de Miller est entièrement disponible dans la collection Marvel Icons. Ces volumes exhaustifs contiennent également le graphic novel Love and War illustré par le grand Bill Sienkiewicz.

  

 

Même si Daredevil n'y apparaît pas, il serait criminel de passer sous Silence la mini-série Elektra: Assassin, oeuvre marquante réservée à un public adulte et consacrée à l'ex-fiancé du justicier aveugle. Elle est également disponible dans la collection Marvel Icons de Panini aux côtés du somptueux graphic novel Elektra lives again. 

Miller reviendra deux fois sur le personnage en tant que scénariste. La première fois, dans la magistrale saga Born Again (Renaissance) illustrée par le maître Mazzucchelli. En 7 épisodes, Miller dynamite la vie de Murdock avec une cruauté implacable. Trahi par son ex-petite amie Karen Page qui vend au Kingpin son identité secrète au Kingpin, Murdock est radié du barreau, se retrouve à la rue et touche le fond avant de renaître. Quelques années plus tard, Miller revisite les origine de Daredevil , épaulé de Jonh Romita Junior aux crayons, dans la mini-série The Man without Fear. Les deux récits sont réédités dans la collection Marvel Icons.  

 

La meilleure histoire de Daredevil de l'ère moderne

Après Frank Miller, le deuxième auteur à avoir marqué le titre de son empreinte reste incontestablement Brian Michael Bendis, accompagné par l'excellent dessinateur Alex Maleev. Bendis, qui signe l'un des passages les plus longs sur le personnage, chamboule complètement la vie de Matt Murdock dès le premier épisode en rendant publique son identité secrète. Emporté dans un tourbillon médiatique et juridique suite à cette révélation, Murdock abandonne un temps son costume pour préparer sa défense. A la fois fidèle à l'esprit urbain de la série mais en y apportant une touche de modernité incontestable, Bendis livrera au fil des épisodes un opus parfaitement cohérent où les événements s'enchaîneront avec une logique implacable. Véritablement feuilleton s'étendant sur des dizaines d'épisodes, l'intrigue se poursuivra sous la plume de l'excellent Ed Brubaker qui reprendra le récit exactement là où Bendis l'a laissé. Brubaker et son compère Michael Lark maintiendront le niveau de qualité atteint par leurs prédécesseurs tout au long de leur collaboration. Hélas, le passage de témoin suivant avec Andy Diggle s'avèrera beaucoup plus décévant et s'achèvera sur le lamentable crossover Shadowland. Malgré sa conclusion ratée, la saga menée de mains de maître par Bendis et Brubaker s'est imposée comme le deuxième meilleur run sur Daredevil et a tenu les lecteurs en haleine pendant des années. Régulièrement réédités par Panini, ces épisodes sont très recherchés car sans cesse épuisés. Ils ressortent actuellement dans la collection Marvel Select, jetez-vous dessus tant que vous les trouvez.

  

Il est à noter que Bendis est revenu sur le personnage pour narrer sa dernière histoire dans la mini-série End of Days.


Pour commencer l'excellent récit en cours

En 2011, le scénariste Mark Waid relance le titre Daredevil avec, aux dessins, Paolo Rivera, Marcos Martin et Chris Samnee, trois artistes au dessin élégant, nostalgique et lumineux. Comme à l'accoutumée, Waid prend le contre-pied total de ses prédécesseurs. Là où les auteurs, aidés de dessinateurs au style sombre et réalistes, plongeaient sans cesse DD dans les affres de la dépression et de la violence, Waid rompt avec cette noirceur en retrouvant le ton léger des débuts du personnage dans les sixties. L'adresse de l'auteur vient de le fait qu'il ne fait absolument pas l'impasse sur ce que Matt Murdock a vécu tout en l'emmenant dans une direction plus super-héroïque. Cette fraîcheur bienvenue séduit autant la critique que le public. Le run de Mark Waid se divise en deux parties : la première qui se déroule à New York a été publiée dans le magazine Marvel Knights V2 puis dans Marvel Saga Hors Série 1 et 2. La deuxième partie se déroulant à San Francisco est actuellement traduite dans la collection 100 % Marvel. Pour les débutants, la deuxième partie peut se lire indépendemment de la première et constitue un bon point d'entrée. A noter que la série de Netflix s'inspire davantage de Miller et de Bendis que du run de Mark Waid. 

 

Pour les indécis

Panini publie pour les principaux héros Marvel un recueil anthologique reprenant un épisode marquant de chacune des grandes équipes artistiques qui ont oeuvré sur le personnage concerné. Le tome consacré à notre tête à cornes s'appelle sobrement "Je suis Daredevil " et est composé d'une excellente sélection de numéros marquants. Si vous ne savez pas par quelle saga commencer ou si vous n'avez pas les moyens de tout acheter, cette anthologie vous bien utile.  

 

Autres récits fortement recommandés

Pour les chineurs et amateurs de librairies d'occasion, le remarquable run d'Ann Nocenti avec Romita Jr aux dessins a été publié dans la (mal nommée) collection Version Intégrale chez Semic. Notre héros urbain y est confronté à divers problèmes de société, y affronte des menaces très éloignées de son univers (Ultron, Mephisto...) et quitte New York pour un road movie où il va croiser les Inhumains. Nocenti sort des sentiers battus, prend beaucoup de risque et gagne son pari. Au passage, elle jette Murdock dans les bras d'une jolie demoiselle schizophrène nommée Mary Typhoid.


Le lecteur qui n’a que faire de la continuité actuelle peut s’orienter vers le classique Sous l'aile du Diable. Lorsque Kevin Smith et Joe Quesada relancent la série Daredevil au début des années 2000 sous le tout nouveau label Marvel Knight, le succès est immédiat et les 7 épisodes de leur passage entrent aussitôt au panthéon des meilleures histoires de l'avocat du Diable. De nombreuses fois rééditée par Panini, c’est une parfaite mise en bouche pour découvrir le héros, les séries Marvel Knights étant destinées aux néophytes à la recherche de récits plutôt matures.