Rejoignez-nous !
Autoconnect ?
Deviens contributeur MDCU
megabanhome
MDCU > COMICS > ÉDITEUR FRANÇAIS > Delcourt > CONTREBANDE > Le Cercle 1. Your true colors
Delcourt
NOTE :
DATE DE SORTIE : 03/04/2013
PRIX : 14.95€
Le Cercle 1. Your true colors
SYNOPSIS
Au milieu de la foule des anonymes existent des êtres qui viennent au monde avec des pouvoirs. Certains les assument, d'autres préfèrent les cacher. La plupart tente d'avoir une vie normale. Ils se reconnaissent, s'épaulent, se comprennent. Ils forment le Cercle. Parmi eux, Adam, retrouvé mort d'une balle dans la tête. Conclusion : suicide. Pourtant, ce n'est pas l'avis de Pia, une de ses proches...
L'AVIS DE MDCU PAR Julien
L’éditeur Delcourt a tout récemment lancé un nouveau label qui accueille des séries très proches du comics américains, faites par des français ! Après Bad Ass et Nightfall, c’est au tour de « Le Cercle » d’entrer en lice, création de la scénariste Andoryss et du dessinateur Nesskain. Alors que le tome 2 sort le 6 juin, il est temps de s'intéresser au tome 1 !



Si l’on fait partie des gens qui aiment savoir de quoi parle une histoire avant de commencer à la lire et que par conséquent on ne manque jamais de jeter un œil sur la quatrième de couverture, il y a de fortes chances que notre réaction ne soit pas des plus positives et que notre niveau intérêt n’y gagne pas au change. En effet, encore une histoire de gens ordinaires avec des pouvoirs qui souhaitent simplement avoir une vie normale, je connais, je l’ai déjà lu pleins de fois et en plus j’ai une dizaine de numéros d’X-Men en retard qui m’attendent sagement sur le coin de ma table basse.
Si l’on ne fait pas partie des personnes citées plus haut et que l’on préfère se lancer à l’aveugle dans une histoire et être surpris, à l’ouverture de cette BD et la lecture des premières pages on peut assez justement se dire : « tiens, un polar ». Ouais, Le Cercle ouvre quand même sur une scène de crime. Eh ben en fait c’est un peu des deux… et c’est en même temps pas du tout ça.

Le Cercle ouvre bien sur une scène de crime, on nous présente des personnages de la police et notamment une inspectrice que l’on va régulièrement revoir, et l’ambiance générale de ce premier tome ressemble bien à un polar. Sauf qu’au final il ne s’agit que du lancement de l’histoire et que l’on sent bien que l’on part très vite sur autre chose de bien plus intéressant. En tout cas, s’il y a bien une chose à laquelle fait penser le premier chapitre, c’est le grand chef d’œuvre Watchmen. Le membre d’un groupe de personnes possédant des pouvoirs assassiné mystérieusement, forçant ses collègues à mener l’enquête et à craindre pour eux-mêmes, ça ne peut être plus évident et la scénariste ne s’en cache d’ailleurs pas quand elle écrit : « Tout le monde s’en fout de nous, ou se fout de nous, au choix. On n’est pas dans une BD d’Alan Moore. Personne n’essaie de nous tuer. ». La scénariste au joli pseudo d’Andoryss nous montre quelle connaît ses classiques, c’est toujours rassurant, et ça a surtout le mérite d’installer une ambiance intrigante qui fait très envie, notamment grâce à la première scène de rêve qui introduit déjà des pièces importantes du puzzle et de très jolie manière.



Mais ce n’est pas Watchmen, ni un simple polar, ce ne sont pas des super-héros ou des flics bouffés par leur boulot, ce sont des gens ordinaires avec des pouvoirs des petits pouvoirs assez originaux. Et c’est cette forte dose de fantastique qui va en partie faire que cette histoire peut se démarquer de ce qui a été fait avant elle et ne pas donner une impression de « déjà vu ». L’originalité des pouvoirs présentés est un des points fort du scénario, Andoryss évite de tomber dans le piège de la facilité et nous offre des choses un peu plus recherchées (et ça doit être tellement plus intéressant à écrire), mention spéciale pour le pouvoir des couleurs, dont le titre du tome s’inspire. L’autre grosse force de récit c’est clairement ses personnages ! La couverture m’a tout de suite donné envie à ce niveau-là, une jeune fille mignonne aux cheveux roses et un grand brun ténébreux abhorrant avec classe un trench-coat, c’était forcément un duo gagnant, et je ne m’étais pas trompé. Exit Rorscharch et le Hiboux, voici Pia et Nicolas. Les deux personnages principaux de ce premier tome sont extrêmement bien présentés et leur relation est vraiment intéressante à suivre. Les dialogues sont très bons, ce qui rend leurs interactions assez savoureuses. Pia est juste trop mignonne et c’est un personnage auquel on s’attache d’entrée et que l’on a envie de voir évoluer. Nicolas est un peu le grincheux aigri et froidement réaliste auquel l’on pouvait s’attendre de par son apparence physique. Les deux font la paire comme on dit. Des autres personnages présentés dans ce tome, la mystérieuse femme brune qui vient faire avancer l’intrigue à la fin est des plus passionnantes et donne envie d’en savoir plus sur elle et de lire la suite.



L’intrigue justement, le seul élément qui m’a un peu gêné et ne m’a pas totalement convaincu. Pas du tout l’intrigue en elle-même en fait, que j’ai beaucoup apprécié, mais son rythme. A vouloir un peu trop bien installer l’histoire et ses personnages, on a peut-être un peu perdu en rythme. Ce ne veut absolument pas dire que la lecture est ennuyeuse, au contraire, ça se lit plus que très bien. J’ai simplement eu le sentiment, assez subjectif à priori, qu’en quatre numéros l’histoire n’avance pas des masses et qu’on ne nous révèle pas assez de choses pour vraiment faire accrocher le lecteur et rendre impatient pour la suite. Au final, le tout est encore très flou et on ne sait pas exactement à quoi l’on a à faire, en dehors des évidences. A la place de tourner en rond avec l’inspectrice de police, il aurait peut-être était bon d’avancer un peu plus l’histoire. Même le cliffhanger de fin est au final assez attendu et tombe un peu dans la facilité. Mais ne me laissez pas vous donner une fausse impression, c’est un très léger défaut comparé aux nombreuses qualités de ce récit.



Passons à un autre gros point fort de ce « Cercle », qui pourraient même être l’unique argument de vente à eux tous seuls, à savoir les dessins de Nesskain ! Pour un artiste que je connaissais pas, je dois dire que je ne m’attendais absolument pas à un tel niveau et… waouh. Si l’ambiance de ce titre est si plaisante et attractive, c’est bien grâce à ses dessins. Les personnages sont vraiment classes, ils ont chacun leur identité et font passer tellement de choses rien qu’avec leurs allures ou leurs expressions. S’ils sont aussi bien construits et attachants que je le disais plus haut, c’est aussi en grande partie grâce aux dessins. Les décors sont aussi de toute beauté, assez clairs et travaillés avec en même temps un trait un peu désinvolte, qui n’est pas sans rappeler un certain Sean Murhpy (il fallait que je le cite Sinon Fitz allait m’en vouloir, mais en fait il n’a pas tord du tout.). Le travail de couleur sur les décors et assez génial aussi.
Au niveau du découpage et de l’agencement des cases, on est clairement dans du format comics et ça ça fait bien plaisir !


Le Cercle s’impose donc comme une nouvelle petite perle de ce label Comics Fabric qui ne cesse de nous surprendre et de nous faire découvrir des auteurs de talents. Une chouette histoire aux personnages attachants, à l’intrigue prenante et aux dessins de grande qualité. Une grosse friandise made in France qu’il serait bien dommage de ne pas goûter.


CONCLUSION

Les points forts
- Les personnages
- L'ambiance
- Les dialogues
- Le choix des pouvoirs
- Les dessins
Les points faibles
- Un léger problème de rythme
COMMENTAIRES (0)