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Urban Comics
NOTE :
DATE DE SORTIE : 04/01/2013
PRIX : 35€
Batman Un Long Halloween
SYNOPSIS
Scénario: Loeb – Dessin: Sale
Quelques mois après sa première victoire contre l’empire du crime qui phagocyte. La cité de Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle avec le jeune procureur Harvey Dent et le Lieutenant James Gordons, le Chevalier Noir engage une course contre ce calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire. Une quête dont la conclusion pourrait bien sonner la chute du plus grand espoir de Gotham, et la naissance de l’un de ses pires monstres de foire…
Contient les épisodes US Batman:A Long Halloween #1-13.
Contient en V.O
#1 Crime
#2 Thanksgiving
#3 Christmas
#4 New Year's Eve
#5 Valentine's Day
#6 St. Patrick's Day
#7 April Fool's Day
#8 Mother's Day
#9 Father's Day
#10 Independence Day
#11 Roman Holiday
#12 Labor Day
#13 Punishment
L'AVIS DE MDCU PAR Batdetective
Batman : Un Long Halloween fait partie de ces quelques rares comics, qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.
Je donne d’emblée le ton de cette critique qui sera des plus élogieuses envers l’œuvre considérée comme la bible de la secte des Bat-fanatiques.



Synopsis : Quelques mois après sa première victoire contre l’empire du crime qui phagocyte la cité de Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle avec le jeune procureur Harvey Dent et le lieutenant James Gordon, le Chevalier Noir engage une course contre ce calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire. Une quête dont la conclusion pourrait bien sonner la chute du plus grand espoir de Gotham, et la naissance de l’un de ses pires monstres de foire…

Date de sortie : 4 janvier 2013.

Prix : 35 €.


L’œuvre.


Nous devons ces histoires au très talentueux duo formé par Jeph Loeb et Tim Sale.
Le premier est scénariste et s’il écrit désormais des horreurs chez Marvel (Ultimatum, Hulk, cela ne vous dit rien ?), nous lui devons tout de même de nombreux récits sur Batman (Batman : Silence notamment ou de court récits sur Halloween).
Le second est dessinateur et il est notamment connu pour avoir dessiné les peintures de la série télévisée Heroes (ce serait donc lui le vrai Isaac Mendez). Il a beaucoup travaillé avec Jeph Loeb et les deux hommes forment l’un des duos les plus emblématiques et reconnus du milieu. On leur doit ainsi des œuvres telles que Superman : For All Season, Batman Haunted Knights ou encore les Spider-Man Blue, Daredevil : Yellow ou encore Hulk Gray.

En lui-même, le récit est très abordable et se situe durant les débuts de Batman. En guise de comics à lire avant de s’attaquer à ce récit, j’aurais tendance à conseiller :
- Batman : Year One qui se passe chronologiquement plusieurs mois avant ce récit. D’ailleurs, Un Long Halloween en reprend plusieurs personnages et intrigues (notamment autour des Gordon).
- Batman : Haunted Knights : nous avons là trois court récits indépendants du même duo d'artistes. Si les deux n’ont aucun rapport, vous pourrez déjà y cerner l’empreinte des artistes sur la mythologie du Chevalier Noir.

Critique.


Avant d’attaquer la critique pure de ce tome, attardons-nous sur l’édition d’Urban Comics. Une fois encore, l’éditeur fait du très bon travail et nous gratifie d’une prestigieuse édition. Le choix de la couverture est surprenant mais reste des plus plaisants et le contenu est très soigné.
Malgré cela, nous pourrons regretter que l’édition ne comporte aucun bonus exclusif par rapport à l’édition de la Maison Italienne.

Une année, c’est le temps que dure cette magnifique histoire. Une année étalée sur treize chapitres et au cours de laquelle nous sommes plongés dans Gotham City, Gotham la ville de la Pègre, la ville du crime mais également la ville du Chevalier Noir, la ville du Batman.

«J'ai fait une promesse sur la tombe de mes parents. Je n'arrêterai pas tant que Gotham City ne sera pas purgée du mal qui les a emportés. Il n'y aura pas de compromis. Et pourtant...» / Batman.

Comme le fait désormais Scott Snyder, Jeph Loeb s’attarde sur cette ville qui tient une place centrale dans son récit. Et pour nous parler de Gotham, Loeb traite avant tous de ses habitants notamment ses familles, et pas n’importe lesquelles puisque ce sont les familles mafieuses qui sont au centre de ce récit : les Maroni et les Falcone.
Véritable roman noir, Un Long Halloween est d’abord un polar centré sur la Pègre de Gotham et Loeb s’amuse tout au long des 300 pages à nous en raconter le fonctionnement, les objectifs mais aussi ses déboires. Car voilà, le gros du propos de l’ami Loeb est que désormais, la Pègre n’est plus le seul maître à bord à Gotham. D’abord, les grandes familles sont désormais divisées et le récit s’attarde également sur la lutte de pouvoir entre les Maroni et les Falcone, mais il nous montre aussi qu’outre les divisions internes, la Pègre doit désormais faire face au Batman et au nouveau procureur de la ville : Harvey Dent.



«Tu n'as pas passé toutes ces années à apprendre le droit pour rien. Alors, tu sais que la Justice a deux côtés. Innocent ou coupable. Comme cette pièce. Un côté lisse. L'autre entaillé.» / Harvey Dent.

Car oui, Harvey Dent est le véritable héros du récit. Comme le fera des années plus tard Christopher Nolan dans The Dark Knight, Jeph Loeb attache une grande importance dans son récit à la personne d’Harvey Dent. Il nous montre ainsi l’ascension de ce jeune procureur idéaliste et éperdu de Justice qui décide de s’attaquer à la Pègre.
Une lutte qu’il mène avec Jim Gordon et Batman, or ce trio va être rapidement confronté à la venue d’un mystérieux tueur : Holiday ! C’est là que débute alors une véritable poursuite et une intrigante enquête policière pour découvrir l’identité du tueur. Une enquête qui constitue la trame de fond du récit et qui ne fait que renforcer son aspect «roman noir». Véritable récit policier, Batman : Un Long Halloween n’est pas l’une de ces histoires apocalyptiques où le héros doit empêcher la destruction de sa ville, mais une histoire à caractère plus humain et plus réaliste. L’intrigue est fouillée et Loeb confirme sa position de scénariste hors-pair (une position perdue vu ses récentes horreurs… quelle déception) et nous livre une histoire haletante où le suspense reste entier. Car oui, durant plus de la moitié du récit, Batman et ses alliés traquent ce tueur et tentent de découvrir son identité. Une enquête dans laquelle le lecteur est lui aussi impliqué, mais l’auteur veille bien à ne rien lui révéler puisque nous découvrons de nouvelles données en même temps que nos héros. Ainsi, de chapitre en chapitre, de mort en mort, l’enquête s’épaissit de même que le suspense et la tension. L’ambiance est pesante de bout en bout et l’un des points forts de l’histoire est l’impression de la vivre aux côtés des héros. Personnellement, j’étais comme Batman et je m’amusais au fur et à mesure que je lisais ce récit à tenter de découvrir l’identité du tueur, mais comme mon justicier favori, j’étais à chaque fois frustré de voir que mes théories étaient fausses.
Une enquête donc, un mystère entier et du suspens. De bons ingrédients qui permettent à l’histoire de garder un rythme soutenu et haletant, et surtout de ne pas perdre le lecteur. Mais cette enquête donne aussi l’occasion à Loeb de montrer que Batman reste le plus grand détective du monde.

Mais l’intrigue n’est qu’un prétexte pour explorer tout le paysage de Gotham. Comme nous l’avons vu précédemment, la Pègre et Harvey Dent tiennent une place prédominante dans ce récit policier (chaque intrigue a son mafieux et son policier après tout) mais ce n’est pas tout puisque de nombreux autres personnages plus secondaires sont aussi mis en avant tels que les Gordon, Alfred ou encore plusieurs autres personnalités de Gotham.
Mais l’intrigue permet aussi à Loeb de faire intervenir de nombreux méchants du Batverse et ainsi, au cours du récit, Batman est également confronté à ses plus grands ennemis. A chaque chapitre, Batman croise un ennemi différent sur sa route. Or, si les rencontres sont généralement intéressantes et rythmées, elles sont malheureusement très nombreuses et de ce fait assez vite oubliées. En effet, on pourra regretter que certains face-à-face ne soient pas vitaux pour l’intrigue principale, et que certaines situations soient vite expédiées. Malgré cela, cette donnée n’est qu’un détail et n’enlève rien à la qualité du récit. Parmi les méchants, on appréciera beaucoup le fait qu’une nouvelle fois, Loeb utilise aussi les plus secondaires… Citons ainsi Calendar-Man qui se voit affubler d’un rôle des plus intéressants et tient ici un rôle de consultant, à la Hannibal Lecter.



Nous remarquerons aussi que le découpage du récit est réalisé de manière très habile puisque chaque chapitre porte sur une fête. Ce n’est un secret pour personne, notre calendrier annuel est rythmé par de grandes fêtes (Noël, Halloween, Carnaval, la St Patrick, la fête des pères…) et Loeb s’amuse à les réutiliser dans le cadre de son histoire. Si pour beaucoup ce détail pourrait paraître anodin, il n’en est rien car le thème de la fête mise en avant joue souvent un rôle dans le récit et justifie telle ou telle situation. De même, cela permet de donner aux personnages des visages plus humains et de les présenter dans des situations plus conviviales.



«Des perles. Je lui avais demandé de porter des perles ce soir-là. Elle m'a dit qu'elle n'en portait que pour les grandes occasions. On allait juste au cinéma.» / Batman.

De nombreux personnages sont donc mis en avant durant le récit, mais qu'en est-il de Batman ? Et bien malgré ce que beaucoup pourrait croire, notre Chevalier Noir n’est pas en reste dans ce récit. Certes, le Croisé Masqué est parfois plus en retrait et certains personnages tel Harvey Dent ou encore les Falcone lui volent la vedette, mais il n’en est pas pour autant absent.
Comme nous avons vu précédemment, Loeb met d’abord en avant les qualités de détective du héros, mais il décide aussi de creuser son passé tout en séparant davantage les personnalités de Bruce Wayne et de Batman.
Ce constat saute aux yeux dans les chapitres «Fête des pères» et «Fête des mères» qui se trouvent être les meilleurs, mais également les plus émouvants du récit. Comme de nombreux auteurs avant lui, Loeb nous livre un héros torturé, toujours hanté par la mort de ses parents et qui décide de lutter contre ses peurs en affrontant le crime. Il confronte aussi Batman à sa ville et aux habitants de cette dernière, et il s’attarde beaucoup sur les relations qu’il entretient avec Alfred, la Pègre mais également Harvey Dent qui apparaît donc comme l’un des proches du héros. Côté cœur, le héros n’est pas en reste puisque Loeb s’amuse à retranscrire le jeu du chat et de la souris que se livrent Batman et Catwoman.

Evidemment, toute cette mise en scène sous forme d’enquête policière et cette intrigue autour d’Harvey Dent sont utilisées par Loeb pour réfléchir sur la Justice et sa dualité. Tout au long de son récit, Loeb nous livre une vaste réflexion sur ce qu’est la Justice et sur les moyens qu’elle doit employer. A travers ce débat, Loeb aborde également un autre thème central du Batverse : celui de la frontière entre la loi et le crime, entre la vengeance et la Justice. Bien sûr, Loeb ne se mouille pas et ne donne pas de réponse concrète puisque toutes les prises de positions sont représentées par les divers personnages. Malgré tout, cet aspect ne peut que confirmer sa grande maîtrise scénaristique.



Enfin, l’aspect «roman noir» du récit est renforcé par les sublimes dessins de Tim Sale. Si certains n’accrochent pas avec l’artiste (Lordof… hérétique…), personnellement, j’en ai pris plein la vue et l’artiste n’a cessé de m’étonner tout au long des treize chapitres qui composent l’œuvre. Le nombre de détails est impressionnant et l’artiste sort l’artillerie lourde en ce qui concerne d’abord la taille de ses compositions, avec de sublimes doubles-pages, ou encore son large panel de couleurs. Jouant sans cesse sur les contrastes de couleur, l’artiste nous éblouit avec des pages très sombres et à dominante noire (qui ne font que renforcer l’aspect polar de l’œuvre) tout en n'oubliant pas de placer des couleurs vives dans son récit. En effet, à l’instar de ses travaux chez Marvel, il s’amuse à lier une couleur dominante à certains vilains du récit et ainsi, le vert devient synonyme de Poison Ivy et le violet de Joker

En résumé, Batman : Un Long Halloween fait partie de ces rares perles qui ont marqué à la fois l’histoire du héros qu’elles abordaient, mais aussi le genre des comics en lui-même. Nous avons là une histoire aux formes de roman policier qui se révèle être intelligente, haletante, émouvante et pessimiste. Loeb s’attache à Gotham, et plus précisément aux liens l’unissant à ses habitants, et notamment à Batman. Il nous montre que la ville semble se dégrader au contact du Chevalier Noir et que la lutte contre le crime de ce dernier peut faire de nombreux ravages, notamment dans son entourage. Et comment terminer cette critique sans évoquer une dernière fois les magnifiques dessins de Tim Sale.
Véritable bible, Batman : Un Long Halloween reste peut-être l’une des œuvres les plus abouties en la matière (si ce n’est LA plus aboutie) et ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui encore, de nombreux artistes s’en inspirent et tentent de reprendre les ingrédients qui ont fait son succès.
Nous noterons également que cet ouvrage a fortement inspiré le grand et talentueux Christopher Nolan pour son génial The Dark Knight (comme nous l’avions vu lors de ce numéro du DDALE).
Enfin, le succès commercial et critique de l’œuvre fut tel qu’une suite fut évidemment produite et elle s’intitule Batman : Dark Victory. L’histoire a été rééditée en mars 2012 par Urban Comics sous le nom d'Amère Victoire et reste encore largement disponible.
L’intrigue reprend là où s’est arrêté Batman : Un Long Halloween et nous livre de nouveaux concepts et de nouveaux personnages. Pour ceux qui voudraient savoir ce que cela vaut, la critique est disponible ici.




CONCLUSION

Les points forts
- L’aspect polar de l’œuvre
- Un Batman noir et émouvant
- Des personnages secondaires très bien développés
- Une intrigue solide et un vrai mystère à résoudre pour Batman mais aussi pour le lecteur
- Harvey Dent, le véritable héros de cette histoire
- Les dessins de Tim Sale

Les points faibles
- Trop de méchants et quelques situations vite expédiées
COMMENTAIRES (10)
Le 22 Décembre 2012 à 15h26
L'une des meilleurs histoire que j'ai pu lire sur le Dark Knight.

A chaque mois son vilain. Certes les dessins peuvent en rebuter certains, mais ça serait un tort de passer à côté, c'est juste un chef d’œuvre.
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Le 22 Décembre 2012 à 17h51
Un scenario linéraire mais maitrisé de bout en bout et digne des meilleurs polars hollywoodiens. Des dessins hors du commun utilisant énormément d'aplats noirs ou de couleurs. Un Batman véritablement représenté comme une masse plus que comme un simple homme. Tout dans ce comics est excellent. C'est tout simplement l'immanquable du mois.
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Le 22 Décembre 2012 à 21h54
Note :
LA PLUS GRANDE OEUVRE JAMAIS FAITE SUR BATMAN ! Voilà c'est dit. L'histoire peut paraître linéaire mais elle ne l'est pas tant que cela puisque le récit est construit comme un gigantesque roman policier. La narration est de qualité, les personnages sont soignés et les dessins sont simplement sublime.
Un immanquable en ce début d'année, que dis-je de cette décennie, que dis-je du siècle... Bon, oui j'en fais de trop mais vous avez compris que j'étais un gros fans de cette oeuvre non ?
On a de l'action, de la réflexion mais aussi beaucoup d'émotion. Ce comics est également celui qui a inspiré Nolan pour son film "The Dark Knight" et on y voit donc beaucoup de similitudes entre les deux.
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Le 26 Décembre 2012 à 17h17
Une très bonne histoire, les planches de Sale sont absolument sublimes et le boulot sur la colorisation est admirable puisque jouant non seulement sur un travail d'ombres très soigné mais aussi sur du dichromatisme maîtrisé à la perfection (permettant de jouer savamment avec les saisons, file rouge du récit).

Le récit en lui-même est pleinement dans ce que devrait être Batman : un peu d'action, beaucoup d'enquête et une ambiance noire.
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Le 26 Décembre 2012 à 19h58
Récit culte pour le Chevalier Noir, voir même la meilleure lecture que l'on peut avoir sur Batman. Le récit est incroyablement prenant, rien dedans n'est mauvais.
Les dessins de Tim Sale sont eux aussi sublimes, certains cependant auront peut-être du mal a accrocher car son style est tout de même particulier.
Vous l'aurez compris, si vous n'avez pas la version de Panini, ruez vous sur celle d'Urban !
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